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"ENT, de l’appréhension technologique au plaisir d’une pédagogie renouvelée" (Café Pédagogique)

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01 Sep 2012 11:47 #1231 par Loys
Un article qui mérite quelques commentaires. :twisted:

Le plaisir d’apprendre avec le numérique est aujourd’hui associé aux tablettes et aux jeux sérieux. Et associer plaisir et ENT semble pour le moins surprenant.

Effectivement. :mrgreen:

Pourquoi cet a priori ? Sans doute parce que l’ENT est la représentation virtuelle de l’école (du collège, du lycée), et, pour le moment, de ses plus mauvais côtés : les notes et les devoirs.

Voilà un article qui commence bien. Le travail des élèves et ses évaluations régulières sont des aspects négatifs de l'enseignement.

Du côté des enseignants, on admet que les ENT et autres plateformes d’enseignement à distance offrent des fonctionnalités, des possibilités complémentaires, mais aussi des contraintes. On leur reproche d’être un outil imposé qui orienterait les choix pédagogiques.

On pourrait faire beaucoup d'autre reproches que la simple atteinte à la liberté pédagogique : confusion des temps et des espaces privés et professionnels, confidentialité des données, risque de surveillance, question de la propriété intellectuelle, inadaptation aux besoins scolaires, manque d'ergonomie et dysfonctionnements réguliers, manque d'efficacité pédagogique, insuffisance pour la plupart des exercices scolaires, absence de contrôle d'identité, non-interopérabilité des différents ENT, coût de leur déploiement et de leur maintenance, etc.

Que fait-on/que devrait-on faire sur un ENT ?

L’observatoire TICE académique mène des évaluations annuelles des utilisations de l’ENT dans l’académie de Toulouse, où, nous rappelle Anne-Marie Gros, il est aujourd’hui généralisé. Il y a eu cette année 11500 répondants en ligne.

L’entrée se fait les services obligatoires de vie scolaire: les absences et les notes (chaque salle est équipée d’un poste informatique). Souvent ces services préexistaient et ont juste été intégrés à l’ENT. Depuis la dernière rentrée, il y a eu une Incitation forte à remplir le cahier de texte numérique (30% des utilisations en 2012).

"Incitation forte" ? C'est-à-dire qu'il s'agit d'une obligation. :xx

Source : http://eduscol.education.fr/cid57149/ca ... -2011.html

Il arrive en second avec la saisie des notes dans les fréquences d’utilisation, derrière la messagerie. Le cahier de texte est utilisé essentiellement de façon réglementaire, en consignant le travail réalisé et à envisager (les devoirs), il contient parfois des liens vers des contenus de cours et des ressources. Les enseignants commencent à recueillir des devoirs en ligne, ce qui leur permet une aide individuelle aux élèves par la connaissance de l’organisation de leur travail (devoirs rendus au dernier moment, non fait avec besoin de relance par exemple).

Une nouveauté révolutionnaire ! Jamais un professeur n'avait jusqu'ici connaissance de l'organisation du travail de ses élèves...

Quant à l'aide individuelle par messagerie en ligne...

Récemment, on a noté une utilisation du forum, par exemple pour avoir une représentation des connaissances des élèves en amont sur un thème donné. Un des avantages reconnus de l’outil est le portail d’authentification unique pour accéder à plusieurs services. Les possibilités de travail collaboratif et l’exploitation des ressources proposées en sont à leurs débuts.

Par travail collaboratif il faut donc comprendre le renoncement au travail individuel.

La FCPE, représentée ici par Patrick Palisson, déclare que la question du numérique à l’école occupe le centre des préoccupations des parents d’élèves, comme en témoigne le dernier numéro de leur lettre en ligne. Et en premier lieu, il s’agit bien de comprendre en quoi il va permettre la réussite de tous les élèves et leur bien-être à l’école. Les parents font confiance aux acteurs concernés pour le choix et le financement des équipements, à condition que l’école soit toujours gratuite et égalitaire.

Gratuite pour les parents, c'est bien. Malheureusement l'école numérique coûte très cher.

Patrick Palisson insiste sur la nécessaire formation des enseignants qui doivent être en mesure d’utiliser ces technologies. Qu’attendent les parents de l’ENT ? Certainement pas la possibilité de regarder les notes de leurs enfants « par-dessus leur épaule », ni une communication à distance qui les éloignerait physiquement des établissements, ni la preuve que le prof a effectivement assuré son cours puisqu’il en a laissé une trace.

Toutes choses qui ne sont guère réjouissantes, en effet.

Par contre, il est fort souhaitable que les enseignants s’en servent pour élargir leur palette pédagogique, pour instaurer le travail coopératif entre élèves, entre élèves et profs, et entre profs.

Avec les réseaux sociaux, les professeurs et les élèves n'ont pas attendu les ENT pour échanger entre eux. Les ENT ne pourront jamais concurrencer notamment les réseaux que les élèves se sont choisis.

Que les élèves aient accès à des ressources audiovisuelles et modernes.

Ils y ont accès sans ENT.

L’ENT s’avère un outil incontournable dans le cadre de l’enseignement à distance, pour Jean-Michel Leclerc, directeur du CNED.

Sans doute. Mais l'enseignement à distance est-il le modèle sur lequel il faut calquer l'ensemble de l'école ?

L’organisme a créé un ENT pour les enseignements dispensés de la grande section de maternelle au master 2. Les services en place regroupés sur la plate-forme vont du recueil des copies en ligne aux forums et au tutorat, en passant par l’accès aux très nombreuses ressources numériques, notamment pour les formations en langues. Une sérieuse politique de transformation numérique est en cours, consistant à revoir l’ensemble de la production des contenus et leur mise à disposition d’ici 2013.

Si le CNED le fait, pourquoi l'école ne le fait-elle pas ?

Pour Jean Vanderspelen, consultant pour ITG, qui s’occupe essentiellement de formation pour adultes, les plateformes de téléformation induisent des changements dans les temps d’apprentissage : il n’y a plus un lieu unique pour apprendre, mais des moments, où que l’on se trouve physiquement, le temps l’emporte sur l’espace, et les modes d’apprentissage : on n’apprend plus seul, les espaces virtuels facilitent les interactions entre tous.

A supposer que ce soit vrai, ce qui s'applique à des adultes s'applique-t-il toujours à des élèves ? Peut-on comparer un enfant qui va à l'école et un adulte qui veut se former ? :roll:

De même, l’importance n’est plus donnée aux contenus, mais aux activités collaboratives.

Autrement, peu importe les acquisitions, seule compte la collaboration.

On alterne les temps d’apprentissage, de production, d’interaction et on gagne en degré de liberté dans l’autorégulation des parcours.

Allez appliquer "l'autorégulation" à des élèves de primaire ou du secondaire...

Les mots-clés des formations ouvertes et à distance (FOAD) sont aujourd’hui : Informer, encourager, rassurer, inciter à prendre des initiatives. Ces nouvelles approches favorisent le plaisir à s’engager et à interagir. Le challenge pour les formateurs consiste à former les gens à se former tout au long de la vie, et non à leur délivrer des savoirs.

Donc, si les élèves sont formés à se former, ils n'ont rapidement plus besoin de l'école ? :mrgreen:

Quand on parle maintenant d’enseignement à distance, il s’agit plutôt d’une distance pédagogique et culturelle que d’une distance kilométrique ! Il faut trouver un équilibre entre individualisation des apprentissages et collaboration, entre approches individuelles et collectives. « Apprendre à collaborer et collaborer pour apprendre », en conclusion.

Lever les appréhensions pour en arriver au plaisir

Car n'oublions pas que procurer du plaisir est la mission principale de l'école. :twisted:

Nous entrons dans le concret avec l’intervention de Pascal Faure, conseiller TICE dans l’académie de Nancy-Metz. Depuis 10 ans, il observe l’attitude des enseignants face à l’entrée du numérique à l’école, et en particulier aujourd’hui face à l’ENT.

Les premières inquiétudes exprimées sont : « ça ne marche jamais ».

Il ne s'agit pas d'inquiétude, mais de constat.

Il y a un doute sur la fiabilité de l’outil, « ça prend du temps » et « je ne veux pas mettre mes cours sur Internet », ce qui dénote une mauvaise compréhension du fonctionnement du système.

Ou une trop bonne compréhension.

Le deuxième pas consiste à s’identifier sur le système, et à éprouver des réticences face à la richesse des possibilités : il y en a trop, je ne vais pas tout utiliser ! Donc, il faut identifier ses besoins.

On ne voit pas trop en quoi ne pas utiliser toutes les possibilités est une réticence. :scr

Ensuite, on a peur d’y passer tout son temps : je ne vais pas travailler tout le temps !

Pas de réponse à ce sujet ?

Et enfin, on ne sait pas trop à qui s’adressent les données, on a peur que tout soit vu par tous.

Pas non plus de réponse à ce sujet ?

Mais dès ce stade, l’outil fort critiqué est déjà devenu indispensable : si, si, je le garde, il y a beaucoup de documents, ça apporte quelque chose !

Ah... on est rassurés.

Vient ensuite l’étape de l’appropriation des usages courants, et des besoins apparaissent : je veux plus de possibilités, je voudrais que ça marche différemment, et je le veux tout de suite. On se rend compte que c’est un outil collectif, ce qui entraîne une insatisfaction sur des besoins individuels et une contrainte venant de la non individualisation de l’ENT.

Eh oui... Où l'on s'aperçoit qu'un outil qui n'est pas conçu par et pour des enseignants est d'un intérêt plus que limité. Et que l'ENT est une atteinte au travail individuel en général et à la liberté pédagogique.

Enfin, vient la « zénitude » : on ne parle plus de l’ENT, on l’utilise.

Mireille Bellais, IEN à Marseille, s’est emparée du projet ENT pour le primaire en 2010, avec enthousiasme et succès, puisque 50 écoles ont rejoint le dispositif. Cet ENT et parti de la définition des besoins dans un comité de pilotage élargi aux utilisateurs. Le secret du succès a été d’une part la simplicité d’utilisation de l’interface choisie, d’autre part le libre choix d’utilisation, loin de toute contrainte hiérarchique.

C'est-à-dire le contraire de l'utilisation imposée aujourd'hui... :twisted:

Un accompagnement sur le terrain par les formateurs TICE et une présence impliquée des cadres a permis de lever les appréhensions.

Jean-Pierre Rouby IEN dans l’académie de Nice nous parle aussi de l’expérimentation du pilotage de l’ENT premier degré dans sa circonscription. Une solution ITOP adaptée au 1er degré a permis aux ENT des écoles de se regrouper sur l’ENT de circonscription. Cette harmonisation a eu un effet de stimulation sur les utilisations et les participations à des espaces collaboratifs.

Nous parlons d'un (très cher) produit iTop ici : www.laviemoderne.net/forum/viewtopic.php?f=12&t=233&p=1002

André Tricot, professeur d'université en psychologie à l'IUFM Midi-Pyrénées, souligne que les tâches essentielles des enseignants et des élèves sont d’enseigner pour les premiers, d’apprendre pour les seconds, et que la question de l’utilisation de l’outil ENT est périphérique. Ceci posé, les conséquences de l’utilisation d’un outil a toujours eu des répercussions importantes sur ces actes fondamentaux (qu’il s’agisse du stylo, de la photocopieuse, ou du numérique). Il nous met aussi en garde contre de trop grandes espérances : l’arrivée de la télévision à l’école n’a pas non plus tenu ses promesses en son temps.

Que de sagesse ici !

L’observation des pratiques des étudiants montre qu’ils vont plutôt sur l’ENT « au cas où » ils y trouveraient quelque chose, plutôt qu’avec un but précis. Quant aux enseignants, ils ne comprennent pas pourquoi il faut aller faire précisément sur l’ENT ce qu’ils peuvent faire (et font souvent depuis longtemps) ailleurs, en utilisant d’autres logiciels adaptés à chaque tâche.

On peut même dire plus adaptés. Car un logiciel en ligne est d'une grande médiocrité par rapport à un logiciel local.

L’ENT rassemble en une interface de multiples fonctions, ce qui est le propre des outils les moins utilisables, l’idéal étant d’associer un seul outil à une seule fonction. Si l’outil propose 1000 fonctions, chaque usager n’en utilisera de toute façon que 5.

C'est peut-être aussi lié à la médiocrité de ce millier d'outils...

3. Les usagers et le plaisir d’apprendre

Anne-Marie Gros nous dit que les enquêtes auprès des élèves révèlent qu’ils sont satisfaits de trouver sur l’ENT les documents du cours, de pouvoir rattraper les cours et les exercices s’ils ont été absents...

Ce qui était rigoureusement impossible avant. Des camarades qui prennent les cours et les devoirs pour un absent, c'est beaucoup trop humain comme démarche.

Au passage, on note qu'il est donc bien question de mettre les cours en ligne.

...disent que ça les rend plus autonomes et favorise le travail de groupes.

Et à part des déclarations d'élèves bien vagues, dispose-t-on d'études scientifiques prouvant l'apport pédagogiques de ces supports coûteux que l'on déploie à grande vitesse ?

La satisfaction des enseignants s’articule par ordre de préférence autour de l’accès aux ressources documentaires sans s’authentifier chaque fois, au travail entre collègues facilité, à la valorisation et la lisibilité du travail au sein de l’établissement et à l’extérieur. Le lien avec les parents est également favorisé.

"faciliter", "valoriser", "rendre lisible", "favoriser" : autant d'apports, si l'on considère qu'il s'agit bien d'apports, qui ne sont donc que secondaires... Un professeur qui voit ses collègues et reçoit les parents régulièrement fait aussi bien son travail, voire mieux.

L’ENT, malgré ses défauts, est plébiscité par les utilisateurs.

Sur quelle base statistique, cette affirmation ?

Les parents de la FCPE s’interrogent : en quoi et comment les effets dans l’école de la troisième révolution industrielle...

"industrielle" ? :shock:

..apportent-ils une dimension démocratique et républicaine ?

La question n'est pas du tout orientée.

Les priorités attendues de l’école qu’elle apprenne aux élèves à se servir de l’ordinateur et d’Internet, à en maîtriser les usages, qu’il y ait une véritable éducation à l’image et à la communication ; que l’école permette à tous d’accéder à des ressources documentaires pour grandir, s’émanciper, s’autonomiser.

Les élèves n'attendent pas les ENT pour se servir de l'ordinateur et d'internet ou accéder à des ressources documentaires. Il y a de grandes chances pour qu'ils n'aient pour ces "machins" administratifs d'un autre âge que peu d'intérêt.

Quant aux parents, ceux qui sont connectés apprécient de recevoir des infos (enfin !) sur l’école et sur leur enfant.

Car il est aujourd'hui inacceptable d'être déconnecté de ses enfants pendant la journée.

Pour les usagers du CNED, la satisfaction est évidemment à son comble, puisque l’ENT leur permet de se sentir appartenir à une communauté d’acteurs. Ici, ce n’est pas la continuité de l’établissement, c’est l’établissement lui-même qui devient accessible. Parmi les usages plébiscités, ce sont les forums entre étudiants, particulièrement et paradoxalement pour les prépas concours, suivent les échanges avec les parents pour le suivi de la scolarité, les échanges dans la communauté enseignante, puis l’utilisation des outils au service des communautés.

Ce qui est certainement valable pour le CNED ne l'est pas pour l'école. Cette référence récurrente est consternante.

Comme on s’en doutait, il est difficile de parler de plaisir à propos de l’utilisation de cet outil...

On l'aurait presque oublié, le plaisir du titre...

...alors que le colloque scientifique...

Ludovia est un "colloque scientifique" ? :lol:

... nous confirme qu’il peut y avoir une vraie sensation de plaisir à manipuler les outils nomades comme le téléphone (vrai doudou), les tablettes tactiles (plaisir sensori-moteur), et un vrai abandon dans un plaisir intense à jouer en ligne (flow). Ici, dans un cadre contraint, constater une certaine satisfaction des utilisateurs est déjà très positif.

:o

Nous aurions dû commencer par la fin...

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