Coursera, un mooc commercial américain

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09 Aoû 2012 19:06 - 31 Oct 2013 10:51 #1122 par Loys
Coursera, un mooc commercial américain a été créé par Loys
Coursera, un mooc commercial américain
A lire sur "Le Monde" du 9 août 2012, "La salle de classe planétaire" de Flore Vasseur.



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09 Aoû 2012 20:16 - 31 Oct 2013 10:51 #1123 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Encore un article enthousiaste sur les révolutions numériques de l'école.

La salle de classe planétaire

C'est beau et moderne. Enfin il faut être connecté et avoir un ordinateur : une paille pour la planète.

Daphne Koller a une dent contre l'école.

On s'en moque un peu, de son histoire personnelle de génie méconnu. Mais - c'est bien connu - toute réflexion sur l'école doit commencer par l'expérience personnelle de chacun.

Enfant, cette Israélienne veut découvrir les équations du troisième degré et la danse, l'histoire de la Grèce antique et la poésie.

Toutes choses que l'école "traditionnelle" n'enseigne pas, bien sûr...

Comme tous les élèves, elle doit subir le programme, rentrer dans les cases.

Un vrai traumatisme.

Sa soif d'apprendre se cogne à l'éducation formatée. Elle abandonne l'école, avec le soutien de ses parents. Elle entre à l'université hébraïque de Jérusalem à 13 ans, obtient sa maîtrise à 18 ans.

C'est toute l’ambiguïté de cet article : est-ce une réflexion sur le primaire, le secondaire, l'université, l'école dans son ensemble ? Est-ce une réflexion sur les élèves surdoués ou sur les élèves en général ? A moins bien sûr que tous les élèves en général ne soient des surdoués. :shock:

A 21 ans, elle quitte Israël pour Stanford et un PHD en génie informatique. "Grâce à ma famille, j'ai pu contourner le cursus éducatif traditionnel et devenir moi-même. J'ai eu beaucoup de chance. Depuis, une question m'obsède : comment rendre cela possible pour tous ?"

Un Ph.D., c'est très traditionnel, non ? :xx
Et de quel "cursus éducatif traditionnel" en Israël parle-t-on ici ?

Daphne commence par devenir professeur. Avec son allure à la Joan Baez période 1968, elle enseigne à Stanford, anime un laboratoire de recherche sur le cancer, nourrit ses deux passions, le "machine learning" (l'"apprentissage autonome des machines") et la biologie.

L'"apprentissage autonome des machines", tout un programme pour révolutionner l'école. :mrgreen:

Elle veut résoudre les problèmes complexes à l'aide d'ordinateurs et de statistiques, et écrit plus de 180 articles scientifiques.
Devenue l'une des enseignantes les mieux notées de l'un des campus les plus réputés, l'ennui revient pourtant : "Passer ma vie à aller dans la même salle de classe, faire la même leçon, raconter les mêmes blagues, au même moment..., ce n'est pas une bonne utilisation de mon temps ni de celui des élèves." Avec d'autres, elle réfléchit à un moyen de rendre le travail en classe plus attractif. Morne plaine.

Il n'y a qu'à changer la leçon et les blagues, non ? Parce que les enregistrer en vidéo ne risque pas de les rendre plus attractifs...
On voit que l'ennui n'est pas celui des étudiants, mais de Daphne Koller...

TEMPS PASSIF ET TEMPS ACTIF
Lors d'une conférence au Google Education Summit, cette petite brune à l'énergie adolescente assiste à une présentation de YouTube sur l'éducation. Elle bouscule ses voisins, sort en trombe. Elle tient son idée : jusqu'alors, l'élève écoute la leçon en classe (temps passif) et réalise des recherches, des devoirs à l'extérieur (temps actif). Mais si la leçon est disponible en vidéo, l'élève peut la visionner avant le cours et utiliser la classe pour la partie active (brainstorming, questions, cas).

Une révélation digne d'Archimède dans son bain ou de Newton sous son arbre. :transpi
C'est vrai quoi : pourquoi payer un professeur qui fait tout le temps "la même leçon" et "les mêmes blagues" ? Un bon enregistrement vidéo, voilà qui est tout de suite moins "formaté" et plus individualisé. :twisted:
Bon, en France, l'enseignement à distance, ça existe depuis la seconde guerre mondiale et ça s'appelle le CNED depuis 1986. Avec une efficacité scolaire toute relative.

C'est le concept de "flip education", le renversement des tempos et la revalorisation du professeur.

Pour être revalorisé, il est revalorisé : remplacé par un écran. Le concept de l'inversion maître-élève est bien dans l'air du temps pédagogique : des historiens étudieront un jour cette aberration emblématique de notre époque.

Elle n'est pas la première à y penser, elle propose une expérimentation. Le corps professoral dégaine une salve d'a priori : que deviendra l'expérience du face-à-face ?

C'est complètement ringard. La relation humaine, quel intérêt ?

Ne transforme-t-on pas ainsi l'enseignement en marchandise ?

Mais non. Google, Microsoft, Apple et tous les grands groupes technologiques ne poussent absolument pas à la roue.

Ne va-t-on pas marginaliser un peu plus les Humanités ?

Les humanités, la relation humaine, la vraie vie, tout ceci est dépassé à l'ére des réseaux "sociaux".

Au même moment, à l'automne 2011, son collègue Andrew Ng met en ligne de façon gratuite un cursus entier (10 semaines) de Stanford sur l'intelligence artificielle. Un tour de force : 400 élèves dans l'amphithéâtre, 100 000 personnes en ligne.

Vu le prix du cursus universitaire à Stanford (20.000 dollars par trimestre), on comprend l'engouement. Au fait combien coûtent les cours en ligne de Coursera ? Le site est très pudique à ce sujet. :mrgreen:

14 000 élèves obtiennent le certificat officiel diplômant.

Un étudiant d'université suffisamment motivé a vocation à travailler de façon autonome, en lisant la littérature spécialisée, en ligne ou pas. Voilà qui n'a rien de vraiment nouveau...
Au fait, comment sont évalués concrètement ces dizaines de milliers d'étudiants en ligne ? Par qui ? selon quelles modalités ? Avec quelles garanties ? Les quiz remplacent les mémoires ?

Daphne et Andrew unissent leurs forces.

Quelle croisade haletante !

"Les professeurs n'ont pas toujours envie de s'adapter, surtout qu'en général, ils sont bien notés. En revanche, si vous leur dites qu'avec le même cours, ils ne vont pas toucher 40, mais 100 000 personnes d'un coup, alors là, ils vous écoutent ! On reçoit des courriels d'étudiants qui, grâce à ces cours, ont pu trouver du travail partout dans le monde, alors qu'ils n'avaient pas accès à la fac.

Une vraie success story à l'américaine, avec des marchés d'une nouvelle envergure.
Si on résume, il s'agit moins d'étudier à l'université que d'ajouter une ligne sur son CV avec un ou plusieurs module estampillés Stanford sans payer le cursus exorbitant d'une grande université américaine comme Stanford ( un quart de millions de dollars ).

Vous changez la vie en permettant d'apprendre. Un professeur, au fond, c'est fait pour cela."

Quelle profondeur !

Stanford embraye, débloque 150 000 dollars. Daphne et Andrew bâtissent une première plate-forme. Une partie des professeurs jouent le jeu, adaptent ses cours, découvrent un outil qui les libère du pensum de la leçon magistrale.

Dans tous les sens du terme ? Car l'adjectif "magistral" veut également dire "Qui est digne d'un maître; qui a une grande valeur, atteint un haut degré de qualité.".

L'enseignant revient au cœur de la partie...

En enregistrant et publiant ses cours en ligne, bien sûr.

"De nos jours, il ne s'agit plus d'avoir la bonne réponse. Ce qu'il faut, c'est réfléchir ensemble et partager."

Un autre crédo : la nouvelle pensée collaborative. C'est vrai qu'avoir la bonne réponse n'a aucun intérêt.

Daphne repousse les murs un peu plus loin : "On a sorti le projet de Stanford, avec l'accord de la direction. Après tout, ce n'est pas la seule université à proposer des cursus exceptionnels." Princeton, Penn, Michigan, Caltech, Duke, John Hopkins et une dizaine d'autres suivent et signent. "On doit leur démontrer notre sincérité. Il ne s'agit pas de commercialiser leur cours ni de brader leur marque...

Relisez bien cette dernière phrase, elle en dit long...

... mais bien d'éduquer les gens et d'offrir les meilleurs cursus universitaires au monde entier, gratuitement."

Comme c'est noble.

Forte de sa promesse, Daphne se transforme en femme d'affaires.

Ah... C'est tout de suite un peu moins noble. :mrgreen:

D'un projet académique, l'initiative devient une start-up, baptisée "Coursera".

Une success story sans gros sous, ce n'est pas une success story.

Kleiner Perkins Caufield & Byers, l'un des fonds de capital-risque les plus puissants de la Silicon Valley, investit 16 millions de dollars. "On a amélioré l'interface et annoncé le lancement en avril dernier. Aujourd'hui, on a 787 000 étudiants dans 190 pays, 2 millions d'engagements, pour 111 cursus allant de la robotique à la poésie." Soit 14 millions de vidéos visionnées en... trois mois.

Des vidéos visionnées, d'accord... mais le "temps actif", supposément le plus important ? :twisted:
Et les vidéos, ce ne sont pas des cours "formatés" ?

MODÈLE FREEMIUM
Comment gérer cet afflux ? Les professeurs enregistrent leurs cours, listent devoirs et examens. Chaque vidéo est traduite en 6 à 10 langues sur la base du volontariat, par les étudiants.

Car un étudiant est par définition un expert en traduction. La "start-up" de Daphne Koller peut remercier toute cette main d’œuvre gratuite : une business model très astucieux. :twisted:

Des modules d'interaction (quiz, forums ou encore système d'évaluation par les pairs) engagent l'élève.

L'élève ou l'étudiant ? En quoi ces "modules" engagent-ils plus que les exercices traditionnels ?
Et encore de la main d’œuvre gratuite : "forums", "système d'évaluation par les pairs"...

Et la machine "apprend" : l'énorme moteur compulse informations et interactions, suggère des pistes d'amélioration en ligne ou non. Le modèle économique ? Le sacro-saint "freemium" : des cursus en libre accès et gratuits mais des certificats diplômants payants (de 100 à 150 dollars).

Ah... C'est la même machine qui dispense les cours et les diplômes : voilà qui est rassurant quand le modèle est économique, et non éducatif. Quant à la fameuse partie "temps actif", elle n'est pas comprise dans le "freemium"...
Dernière remarque : le coût est plus bas pour l'étudiant (heureusement d'ailleurs pour de simples cours vidéos en ligne), mais - à une échelle "planétaire" - le gain est plus important pour la start-up. :twisted:

A terme, Coursera mettra en lien les étudiants et les entreprises, devenant une plate-forme de recrutement ultradétaillée.

Les étudiants en poésie anglaise vont enfin trouver des débouchés ! C'est vrai que c'est la seule vocation des études universitaires, c'est l'insertion professionnelle.

L'enseignement supérieur n'a pas encore basculé dans le numérique. Il a une révolution à vivre.

Et des économies à faire pour l’État. Et de l'argent à gagner pour les grands groupes technologiques et les start-up innovantes.

"Les universités savent que ce qu'elles proposent doit aller bien au-delà du contenu. Elles doivent développer la créativité de leurs étudiants, transmettre la passion pour les disciplines, apprendre à raisonner de façon systémique.

Toutes choses auxquelles personne n'avait songé avant Daphne Koller.

C'est ça l'enjeu ! Et le MOOC (Massive online open classroom) permet tout cela.

Pourquoi encore employer l'expression datée "salle de classe" ? L'étudiant est autonome. Seul face à son écran.

Il force à repenser les cours, le temps en classe, la valeur. Pour les universités, c'est un signal fort qu'elles ont autre chose à proposer que du contenu."

C'est vrai : le contenu, c'est nul. La forme, au moins c'est vendeur.
L'enseignement à la carte et par petits modules courts de quelques semaines, c'est bien dans l'air du temps pédagogique (voir la réforme de l'accompagnement "personnalisé" ou des enseignements "d'exploration" en France). Mais cet idéal s'accorde assez mal avec l'autre objectif affiché de Coursera : adapter l'enseignement au marché de l'emploi. :twisted:

A l'heure du MOOC, Coursera n'est pas seule : Udacity.com est née à Stanford de la même expérience de cours sur l'intelligence artificielle.

Curieuse coïncidence. Une certaine conception de l'intelligence...

A l'automne, Harvard et le MIT lanceront leur plate-forme commune, "EdX", misant à elles deux 60 millions de dollars. Pour John Hennessy, le patron de Stanford cité par le New Yorker, c'est le "campus tsunami".

Une catastrophe planétaire, quoi. :mrgreen:

Libre et rayonnante, Daphne Koller mène sa barque à la vitesse d'une Ferrari. Elle raconte son histoire d'une voix pleine de sourires, respire l'intelligence. A la fin de l'entretien, elle nous regarde, amusée : "Au fait, on cherche des cours de facs étrangères. Vous ne voulez pas m'aider à récupérer du contenu français ?" Avis aux intéressés...

"Récupérer du contenu", voilà toute une philosophie de la connaissance. Voilà qui fait penser à Google numérisant à tour de bras les œuvres dans toutes les langues...

"Coursera, c'est ma façon de changer le monde.

En toute simplicité...

J'espère que je vais y parvenir. En fait, je veux surtout essayer..." Elle veut libérer l'enseignement, devenu trop cher, exclusif, ennuyeux et inopérant.

Libérer, c'est bien. Mais le rendre plus efficace ? Parce qu'on parle assez peu d'études comparatives à ce sujet... Mais ce n'est qu'un détail après tout. A lire, nos commentaires sur l'article "On apprend mieux en ligne que dans un amphithéâtre" (Slate)

Daphne Koller a du souffle. Il en faudra : l'éducation est au coeur de toutes nos mutations. Une chose est sûre : la Joan Baez de l'enseignement supérieur a soldé ses comptes avec l'école.

On est contents pour elle. C'est vrai qu'il y a en elle un côté gentil et illuminé à la Joan Baez. Avec une "femme d'affaires" en plus.

En Californie, on appelle cela une "killer idea".

Peut-être plus "killer" qu'on le croit, pour une certaine vision de l'éducation. :|

Appendice :Ils changent leur monde
Lancée en Californie en 1984, la conférence TED est devenue la Mecque des passionnés d'innovation. Seuls en scène, sans note et en dix-huit minutes, artistes, chercheurs du MIT et humanitaires partagent visions et recherches pour le monde. Longtemps le secret le mieux gardé de la Silicon Valley, TED décoiffe, agace, invente le salon du XXIe siècle : sur son site, TED.com, plate-forme d'échange d'idées devenue monstre (800 millions de pages vues, en 88 langues) ; et avec les TEDx, ces 4 400 événements locaux créés en trois ans par des bénévoles, de Soweto à l'Antarctique. L'une des deux éditions annuelles, TEDGlobal, se tenait à Edimbourg en juin. Nous y étions.

On y trouve aussi des vidéos bien allumées, du genre de celle-ci : "Du paradigme de l'éducation" .
Bref, dans cet article, pas le moindre commencement de regard critique.

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10 Aoû 2012 10:37 #1126 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Coursera revendique 900.000 utilisateurs. Mais combien paient pour passer ses précieux "certificats" ? Combien les obtiennent ? Et qu'est-ce qu'un "étudiant" quand un "module" d'étude ne dure que quelques semaines ? :scr:

Le business model de Coursera n'est pas rendu public. Néanmoins, si l'on en croit cet article de Gigaom , Coursera compte faire du profit non seulement en vendant ses "certificats" mais aussi en proposant des services optionnels :
- des examens à valeur ajoutée où l'identité des candidats est vérifiée (contrairement aux examens en ligne)
- du tutorat ou d'autres moyens de soutien personnalisé
- des cours sans publicité...

Revue de presse en anglais fournie par Coursera : https://www.coursera.org/about/press

A voir aussi, cette vidéo de présentation de Coursera (merci egomet de Neoprofs ) :

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10 Aoû 2012 12:33 #1127 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Il y aurait beaucoup de choses à dire sur cette vidéo du genre télévangéliste.

L'introduction sur l'Afrique du Sud est touchante. Nul doute que Coursera révolutionnera l'enseignement universitaire, dans lequel pourtant l'enseignement libre à distance, Unisa , est déjà plus développé que n'importe où dans le monde. Et ce n'est pas comme si la majorité des élèves du 6th grade (entrant en sixième en France) étaient analphabètes dans ce pays : un détail, sans doute... :twisted:

Commentons aussi la dernière phrase :

We should spend less time at universities filling our students’ minds with content by lecturing at them, and more time igniting their creativity, their imagination … by actually talking with them.

C'est beau. Sauf que, dans cette forme d'enseignement à distance, les étudiants sont bel et bien seuls face à leur écran... Et c'est un beau mensonge que de leur faire croire qu'ils sont accompagnés par un professeur à leur service. :fur

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28 Jan 2013 07:37 #3502 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Pour le modèle commercial de Coursera, plus de détails dans cet article du "Chronicle of higher education" : "Inside the Coursera Contract: How an Upstart Company Might Profit From Free Courses" (19/07/12).

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02 Fév 2013 11:45 - 31 Oct 2013 10:48 #3597 par Loys

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02 Fév 2013 12:01 - 31 Oct 2013 10:49 #3598 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain

Daphné Koller : l'apprentissage en ligne pour une éducation "augmentée"

C'est désormais une constante de l'e-learning de reprendre les slogans publicitaires, comme celui de la "réalité augmentée".

RSLN est au BETT, le salon incontournable pour se tenir informé sur l'école du futur.

J'adore cette formule : "se tenir informé sur l'école du futur". :mrgreen:

Après la présentation de ce qu'il fallait retenir de la première journée, voici un entretien avec l'une des intervenantes, Daphne Koller, co-fondatrice de la plateforme en ligne Coursera. Elle nous a accordé de précieuses minutes pour répondre à quelques questions concernant l’enseignement à distance. Entretien.

Les minutes de Daphne Koller sont d'autant plus précieuses que c'est une business woman et que Coursera est une start-up. Précision inutile et déplacée, sans doute.

Daphne Koller est une femme comme on en croise peu. Diplômée du bac à l’âge de 17 ans...

Comme une grande partie des élèves... :roll:

... la jeune femme poursuit sur un master puis un doctorat dans la prestigieuse université de Stanford en Californie. Aujourd’hui professeure au département d’informatique de l’université, elle revient sur Coursera, la plateforme de cours en ligne qu’elle a co-fondé avec Andrew Ng. Objectif : démontrer les vertus de l’enseignement en ligne.

Et surtout occuper le terrain et gagner de l'argent, puisque c'est une plateforme payante.

RSLN : Qu’est-ce qui vous a motivé à créer cette plateforme de cours en ligne ?
Daphne Koller : Nous avons vite pris la mesure de ce que les cours en ligne représentaient et nous avons décidé de saisir l’opportunité.

Réponse équivoque. A qui profite cette opportunité : aux étudiants ou à Daphne Koller ? :twisted:

Pensez-vous vraiment qu’il soit possible de suivre des cours universitaires sur internet ?
Il n’est pas possible de suivre tout un cursus universitaire sur internet, tout dépend du sujet.

On progresse dans l'appréhension du principe de la réalité. :twisted:
Un cursus implique surtout une cohérence disciplinaire et le long terme : tout le contraire de Coursera et de ses modules aux choix d'une durée de huit semaines.

Les expériences de biologie sont impossibles à réaliser en ligne évidemment.

Bah, avec des vidéos bien faites...

Mais les cours que nous proposons ont de très bons taux de réussite, et pour certaines matières, comme les bases de l’informatique ou le marketing, cet enseignement suffit.

Certaines matières, et de manière superficielle donc. :fur

Qu’en est-il des entreprises ? Pensez-vous qu’elles soient prêtes à accueillir des personnes formées en ligne ?

Comment en auraient-elles la certitude ? Qu'est-ce qui permet aujourd'hui de certifier une formation et de valider des acquis en ligne ? Ces entreprises, si elles existent, semblent bien ingénues.

Nous savons que les entreprises sont prêtes à recruter des gens qui se sont formés par le biais de cours en ligne.

Formées tout court.

Nous recevons régulièrement des emails de nos étudiants à ce sujet.

Il faudrait les publier.

Evidemment, ces cours ne sont pas des substituts aux diplômes. Personne ne le considère de cette manière.

Très intéressant : voilà qui mérite une plus ample publicité car on lit des choses étonnantes à ce sujet, comme cet article du "Figaro" .

Mais je pense que si quelqu’un se présente et explique avoir suivi différents cours sur Coursera, les employeurs seront plus enclin à valoriser cette initiative. C’est la preuve d’un certain potentiel.

Un diplôme est lui la preuve d'un potentiel non pas affiché mais accomplie et certifié.

Quel rôle pour les politiques dans l’enseignement en ligne ?
Aujourd’hui nous sommes à un point où l’éducation en ligne devrait être prise très au sérieux, comme une manière de remplacer l’enseignement présentiel dans les cas où il n’est pas possible de faire autrement.

Un pis-aller, un enseignement en mode dégradé par défaut, en quelque sorte. Un peu comme le CNED.

C’est une éducation « augmentée » de très haute qualité.

Ah bah non, du coup... :xx:

Et c’est une alternative que les politiques doivent prendre en compte, notamment dans les pays en développement où les capacités éducatives sont plus limitées

Un enseignement au rabais et pour les pauvres : tout est dit ! Merci "RSLN" ! :topla:

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11 Fév 2013 03:31 #3755 par N°6
Réponse de N°6 sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Je suis en ce moment plusieurs cours sur coursera.
Et cela permet de voir bien des choses, "de l'intérieur".
Mon but était surtout de perfectionner mon anglais en étudiant des matières que je connais déjà par ailleurs (et en approfondissant).

Quelques constatations:

- Tout l'ensemble n'est valable qu'au niveau universitaire, et demande un réel investissement en temps. Ainsi, pour le cours d'astronomie, 3 à 4 h par semaine étaient requises. Dans la réalité, même un ex math sup/spé comme votre serviteur y a passé ses soirées. On peut multiplier par 10 les chiffres annoncés (les "devoirs" à faire réclamant un vrai "sens" de la physique). Toutefois, pour ce cours, "la mayonnaise a pris": les forums ont été très utiles, des étudiants se sont entraidés, ont échangé, des précisions ont été apportées, des erreurs débusquées... et le prof ainsi que ses assistants avaient réalisé un travail très important. Ils sont intervenus souvent dans les forums, les erreurs ont été reconnues et corrigées, de l'aide apportée; les docs et références en ligne étaient également de première qualité. :doc:

Un autre cours, en génétique, est également très bien réalisé. Il permet d'ailleurs aux "vrais" étudiants d'obtenir des crédits universitaires réels. Évidemment, c'est le plus dur niveau examen... On est validé à partie de 16/20, pas moins (j'imagine nos résultats au bac en appliquant ce crible....") :pendu:

Aucun élève du secondaire "tel qu'ils sont" (et tel qu'on voudrait nous interdire d'oser tenter de les changer) ne va se donner la peine de faire ce genre de démarches (à titre d’exemple, mes élèves de troisième et quatrième disposent, avant les évaluations, d'une liste de plusieurs types de questions et de leur corrigé détaillé. Ils savent que les questions d'évaluations seront prises dans cet ensemble. Et bien même pour la seule chose importante à leurs yeux ("la note, la note!") seuls 2/30 font l'effort de passer en revue quelques questions...avant l'interro)

- Nous partîmes 13000, mais par de prompts efforts, nous nous vîmes 300 en arrivant au port: c'est ce qui est arrivé pendant le cours de mécanique quantique, raconté par un participant: la "perte" d'étudiants en cours de route est énorme, car malgré le MOOC, ce qui est complexe le reste, et malgré les dogmes Bourdivins, force est de constater que tous les esprits volontaires ne peuvent malgré tout pénétrer tous les arcanes de la connaissance! Imaginez donc un amphi de 400 étudiants dont 9 seulement obtiendraient l'examen...

- si tout est bien gratuit et sans pub "extérieure", il y a de la retape pour des "certificats optionnels" vendus 50 $. Toutefois, leur caractère optionnel et facultatif est très clairement signalé.

- Les sujets traités sont variés et quelquefois très pointus. J'ai hâte de voir, par exemple, comment va se déroule le cour sur "la conception d'organes artificiels".

- les certificats sont obtenus à la suite de questionnaires de type QCM, d'examen en temps limité, ou de "projets web notés par les pairs" :topla: (voir + loin)

- un cours concernait le "e learning and digital culture". Je me suis jeté dessus (ou dedans, plutôt) avec délectation: je n'ai pas été déçu! Le "travail" consiste à regarder quelques vidéos sectionnées, à lire un "digest" de quelques pages et surtout d'aller en discuter sur le forum. Il ne ressort pas grand-chose de ce blablatage généralisé typique d'une "pensée agrégative" qui ignore la synthèse ou la confrontation argumentée. Nous devons, pour être "certifiés", réaliser un "artefact" (en clair, un document web) qui sera "noté par nos pairs" (et on notera celui des autres). Quelques exemples des "promotions" passées sont accessibles. A les voir, cela présentait bien. Lorsque j'ai cliqué dessus... Je me suis retrouvé comme le Steve Jobs moyen au cours de la démo de Windows 3.1, qui avait eu ces mots "historiques": "mais... c'est de la merde!": quelques pauvre-point poussifs reprennent pèle même des photos ou des bribes de phrases des forums ou des "digests": On est en plein dans l'agrégatif: aucune appropriation, aucune critique, aucune synthèse (M Serres, que j'aime infiniment en historien des sciences, me dirait que c'est normal, je lui répondrais que c'est symptomatique, et on finirait par s'opposer vertement). Mon propre "artefact" va être nettement plus offensif, mais je crains d'être assez mal évalué par mes "pairs"...(je ne serais jamais le primus inter pares!)

Bref, les MOOC me semblent être une fantastique opportunité pour se perfectionner, à un niveau universitaire, dans quelques domaines bien précis. Ce sont de superbes compléments, qui peuvent seconder très utilement, dont certains peuvent remplacer les cours en Amphi, mais dont la généralisation serait aussi abusive que ne l'a été celle des méthodes constructivistes :spider: dans l'enseignement.

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11 Fév 2013 10:47 #3758 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Merci beaucoup pour ce retour qui m'a beaucoup intéressé.

N°6 dit: Je suis en ce moment plusieurs cours sur coursera.
Et cela permet de voir bien des choses, "de l'intérieur".

Je m'étais moi-même inscrit à un cours en septembre 2012 ("Introduction to philosophy") pour début 2013 (sic) : je n'ai pas eu de nouvelles depuis. J'attends, j'attends.

C'est l'un des problèmes que le dispositif numérique ne résout pas, au delà des problèmes contingents d'organisation : l'adéquation entre le moment du cours et la disponibilité de l'auditeur. Contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire, le cours en ligne ne se suit pas quand on veut, même s'il donne une certaine souplesse.

Quelques constatations:

- Tout l'ensemble n'est valable qu'au niveau universitaire, et demande un réel investissement en temps. Ainsi, pour le cours d'astronomie, 3 à 4 h par semaine étaient requises. Dans la réalité, même un ex math sup/spé comme votre serviteur y a passé ses soirées. On peut multiplier par 10 les chiffres annoncés (les "devoirs" à faire réclamant un vrai "sens" de la physique). Toutefois, pour ce cours, "la mayonnaise a pris": les forums ont été très utiles, des étudiants se sont entraidés, ont échangé, des précisions ont été apportées, des erreurs débusquées... et le prof ainsi que ses assistants avaient réalisé un travail très important. Ils sont intervenus souvent dans les forums, les erreurs ont été reconnues et corrigées, de l'aide apportée; les docs et références en ligne étaient également de première qualité. :doc:

Dont acte, mais je vais faire preuve de mauvais esprit : le modèle de Coursera, c'est bien de faire travailler les étudiants sans dépenser un sou, la "collaboration" entre étudiants remplaçant les TD. Un peu comme Google exploite commercialement le travail collaboratif gratuit des wikipédiens.

Un autre cours, en génétique, est également très bien réalisé. Il permet d'ailleurs aux "vrais" étudiants d'obtenir des crédits universitaires réels.

Je ne suis pas sûr de vous suivre sur cette notion de "crédit" puisque l'examen en ligne ne donne aucune garantie personnelle qu'il a bien été passé par l'étudiant qui a suivi le cours. C'est tout le problème de la validation en ligne.

Évidemment, c'est le plus dur niveau examen... On est validé à partie de 16/20, pas moins (j'imagine nos résultats au bac en appliquant ce crible....") :pendu:

C'est là où j'aurais besoin de vos lumières : comment "l'examen" concrètement se présente-t-il ? Je serais en effet curieux de savoir comment sont évaluées la composition et la rédaction des travaux des étudiants, puisque Coursera revendique déjà plus de deux millions d'"étudiants".

Aucun élève du secondaire "tel qu'ils sont" (et tel qu'on voudrait nous interdire d'oser tenter de les changer) ne va se donner la peine de faire ce genre de démarches (à titre d’exemple, mes élèves de troisième et quatrième disposent, avant les évaluations, d'une liste de plusieurs types de questions et de leur corrigé détaillé. Ils savent que les questions d'évaluations seront prises dans cet ensemble. Et bien même pour la seule chose importante à leurs yeux ("la note, la note!") seuls 2/30 font l'effort de passer en revue quelques questions...avant l'interro)

Vous avez raison de bien distinguer les publics. La question de l'enseignement en ligne est déjà assez problématique pour le supérieur.

- Nous partîmes 13000, mais par de prompts efforts, nous nous vîmes 300 en arrivant au port: c'est ce qui est arrivé pendant le cours de mécanique quantique, raconté par un participant: la "perte" d'étudiants en cours de route est énorme, car malgré le MOOC, ce qui est complexe le reste, et malgré les dogmes Bourdivins, force est de constater que tous les esprits volontaires ne peuvent malgré tout pénétrer tous les arcanes de la connaissance! Imaginez donc un amphi de 400 étudiants dont 9 seulement obtiendraient l'examen...

Ce qui n'empêche pas "Coursera" de faire ainsi sa promotion avec ce compteur sur la page d'accueil.



L'approche est plus quantitative que qualitative : on compte les seuls inscrits. Difficile de rivaliser quand l'inscription à n'importe quelle université est payante, même en France. Pour Coursera, une inscription ne coûte rien : ce n'est qu'un ajout de nom sur une base de données. En fait le concept même d'inscription n'a pas de sens. De même que le concept d'"étudiant" puisqu'on s'inscrit non pas pour un cursus d'études mais pour un cours de quelques semaines.

- si tout est bien gratuit et sans pub "extérieure", il y a de la retape pour des "certificats optionnels" vendus 50 $. Toutefois, leur caractère optionnel et facultatif est très clairement signalé.

Bien sûr, mais vous en conviendrez : un diplôme obtenu sans certificat n'a aucune valeur, surtout passé en ligne.

La vraie question à se poser, c'est de savoir quel pourcentage de "Courserians" paient pour ces certificats optionnels et quel est le chiffre d'affaires ainsi réalisé. Même pour un petit nombre, le bénéfice net ne doit pas être très important, vu combien ce modèle est économique à tout point de vue.

- Les sujets traités sont variés et quelquefois très pointus. J'ai hâte de voir, par exemple, comment va se déroule le cour sur "la conception d'organes artificiels".

Vous parlez en scientifique. Les matières "littéraires", regroupées hâtivement dans la seule catégorie "humanities" , (lettres, philosophie, anthropologie, psychologie, histoire, etc.) sont largement sous-représentées. Cette catégorie ne représente que 16% des cours, soit autant que la "Computer science", présentée d'ailleurs dans deux catégories distinctes : tout un symbole !

On voit que les choix des matières présentées sont très orientés.



J'ai compté six cours de lettres au sens le plus large, en incluant des cours comme "Think Again: How to Reason and Argue" ou "English composition I", "Writing II : rhetorical composing" etc. Le seul cours de littérature à proprement parler est très vaste : "Modern & Contemporary American Poetry". On le voit : les cours proposés sont souvent des cours basiques, supposément plus pratiques ("how to") que théoriques.

Autre lacune à mes yeux : aucune progression n'est proposée. Les cours sont comme déconnectés les uns des autres. Il n'y a pas de cursus au sens strict.

- les certificats sont obtenus à la suite de questionnaires de type QCM, d'examen en temps limité, ou de "projets web notés par les pairs" :topla: (voir + loin)

Des QCM posent un gros problème dans les matières littéraires, et même dans les disciplines scientifiques, j'en suis convaincu. :?

Ils ont certes un gros avantage : ils n'exigent aucune correction humaine : la notation peut être automatisée, ce qui constitue une belle économie.

Pour les "projets web notés par les pairs", vous concevez bien la limite de ce système. Il s'agit par ailleurs, là encore, d'un procédé très économique pour Coursera.

- un cours concernait le "e learning and digital culture".

La mise en abîme est souvent apologétique : le premier MOOC français était ainsi consacré aux MOOC...

Je me suis jeté dessus (ou dedans, plutôt) avec délectation: je n'ai pas été déçu! Le "travail" consiste à regarder quelques vidéos sectionnées, à lire un "digest" de quelques pages et surtout d'aller en discuter sur le forum. Il ne ressort pas grand-chose de ce blablatage généralisé typique d'une "pensée agrégative" qui ignore la synthèse ou la confrontation argumentée. Nous devons, pour être "certifiés", réaliser un "artefact" (en clair, un document web) qui sera "noté par nos pairs" (et on notera celui des autres). Quelques exemples des "promotions" passées sont accessibles. A les voir, cela présentait bien. Lorsque j'ai cliqué dessus... Je me suis retrouvé comme le Steve Jobs moyen au cours de la démo de Windows 3.1, qui avait eu ces mots "historiques": "mais... c'est de la merde!": quelques pauvre-point poussifs reprennent pèle même des photos ou des bribes de phrases des forums ou des "digests": On est en plein dans l'agrégatif: aucune appropriation, aucune critique, aucune synthèse (M Serres, que j'aime infiniment en historien des sciences, me dirait que c'est normal, je lui répondrais que c'est symptomatique, et on finirait par s'opposer vertement). Mon propre "artefact" va être nettement plus offensif, mais je crains d'être assez mal évalué par mes "pairs"...(je ne serais jamais le primus inter pares!)

N°6, vous osez contredire Michel Serres ? :transpi:

Bref, les MOOC me semblent être une fantastique opportunité pour se perfectionner, à un niveau universitaire, dans quelques domaines bien précis.

Oui, certains domaines scientifiques, et avec des limites (pas de cursus, pas d'évaluation fine, pas de validation probante).

Ce sont de superbes compléments, qui peuvent seconder très utilement, dont certains peuvent remplacer les cours en Amphi, mais dont la généralisation serait aussi abusive que ne l'a été celle des méthodes constructivistes :spider: dans l'enseignement.

Votre conclusion me convient très bien. En rappelant que, si l'inscription à l'université est payante, les examens sont gratuits.

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11 Fév 2013 11:32 #3762 par N°6
Réponse de N°6 sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Quelques précisions sur l'évaluation:
- tous les cours donnent lieu a un certificat si on complète les exos. Maintenant, la "valeur" de ce certificat est à peu près la même que celle des promesses d'un politicien. 8-) Il s'agit surtout d'une distinction symbolique.

- en Génétique, nous avons des QCM hebdomadaires qui comptent pour 15 % de la note finale, et deux exam en temps limité: une fois lancés, vous avez 1H...
Pour obtenir de "vrais" crédits (payants, 50 $), il faut s'affilier à un programme spécial ("signature track") avec vérification d'identité, conférant des crédits "ACE" (American Council of Education). L'intérêt reste limité, donc, aux USA dans ce domaine.

- Le gros problème est celui de la correction: en astronomie, nous avions des exercices et nous devions entrer les réponses comme valeur numériques ou expressions algébriques. Même là il y a eu quelques problèmes liés à la présentation des résultats (la virgule, par exemple, non reconnue, il fallait un point: 12,35 était "compris" par le robot comme 1235, il fallait écrire 12.35). Bref un temps d'adaptation est nécessaire. Cela explique pourquoi il y a fort peu de disciplines littéraires (et dans ce cas, "correction par les pairs" (que l'on peut effectivement résumer comme "gratos pro deo")), car un texte ne peut être automatiquement corrigé. Vu l'esprit joyeux qui règne sur les forums, je crains que cette "correction" par les pairs ne s'apparente à de la cooptation pure et simple, avec force "great!" et autre "amazing!".

Autant dans le domaine scientifique, on peut retirer pas mal de choses de ces cours (en étant précédemment, et c'est tout le problème, formé, disponible, extrêmement motivé, anglophone et assez "riche" pour disposer d'un accès web assez performant) autant dans le domaine littéraire, je me pose de très nombreuses questions...

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11 Fév 2013 11:53 #3765 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain

N°6 dit: Quelques précisions sur l'évaluation:
- tous les cours donnent lieu a un certificat si on complète les exos. Maintenant, la "valeur" de ce certificat est à peu près la même que celle des promesses d'un politicien. 8-) Il s'agit surtout d'une distinction symbolique.

Merci, merci. C'est un point que je n'avais pas bien compris : un certificat vaut attestation de présence, en quelque sorte, même si le mot ne veut pas dire grand chose ici : c'est bien ça ?

- en Génétique, nous avons des QCM hebdomadaires qui comptent pour 15 % de la note finale, et deux exam en temps limité: une fois lancés, vous avez 1H...

Et il faut envoyer un texte rédigé ? Ah, vous donnez la réponse plus bas.

Pour obtenir de "vrais" crédits (payants, 50 $), il faut s'affilier à un programme spécial ("signature track") avec vérification d'identité, conférant des crédits "ACE" (American Council of Education). L'intérêt reste limité, donc, aux USA dans ce domaine.

Des examens à l'ancienne, quoi. Et - effectivement - restreints pour l'instant : la validation dans chaque pays risque de poser bien des problèmes.

J'aimerais quand même en savoir plus sur le déroulement de ces certifications avec vérification d'identité : comment sont-elles organisées ? Quand ? Où ? Surveillées par qui ?

- Le gros problème est celui de la correction: en astronomie, nous avions des exercices et nous devions entrer les réponses comme valeur numériques ou expressions algébriques. Même là il y a eu quelques problèmes liés à la présentation des résultats (la virgule, par exemple, non reconnue, il fallait un point: 12,35 était "compris" par le robot comme 1235, il fallait écrire 12.35).

J'ai rencontré ce genre de problèmes - de casse par exemple- dans mes propres questionnaires en ligne, où certaines questions (le plus possible à vrai dire) sont de free texts : il ne peut s'agir que d'un mot ou d'une expression, ce qui limite grandement le champ des questions possibles, par rapport à un questionnaire traditionnel. C'est quand même mieux qu'un QCM mais ça ne permet en aucun cas d'évaluer une composition ou une rédaction, bref une pensée complexe.

Bref un temps d'adaptation est nécessaire.

Admettons que c'est contingent.

Cela explique pourquoi il y a fort peu de disciplines littéraires (et dans ce cas, "correction par les pairs" (que l'on peut effectivement résumer comme "gratos pro deo")), car un texte ne peut être automatiquement corrigé.

C'est quand même très problématique.

Vu l'esprit joyeux qui règne sur les forums, je crains que cette "correction" par les pairs ne s'apparente à de la cooptation pure et simple, avec force "great!" et autre "amazing!".

On le voit avec les "Like" sur Facebook ou les "reTweets" sur Twitter : c'est une logique de l'échange.

Autant dans le domaine scientifique, on peut retirer pas mal de choses de ces cours (en étant précédemment, et c'est tout le problème, formé, disponible, extrêmement motivé, anglophone et assez "riche" pour disposer d'un accès web assez performant) autant dans le domaine littéraire, je me pose de très nombreuses questions...

Les questions de la formation préalable et de la motivation me semblent effectivement cruciales. La motivation n'est-elle pas plus difficile, passé l'enthousiasme de la découverte des MOOC, quand les contraintes sont plus lâches ?

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12 Fév 2013 19:40 #3856 par N°6
Réponse de N°6 sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain

Loys dit: J'aimerais quand même en savoir plus sur le déroulement de ces certifications avec vérification d'identité : comment sont-elles organisées ? Quand ? Où ? Surveillées par qui ?


J'ai creusé un peu la question sur le site de coursera, et ce n'est pas triste:
- 2 éléments d'identification à distance sont utilisés:
-- la façon de taper au clavier (il faut ensuite conserver le même clavier.... ce qui veut dire utiliser un portable, ou passer tous les exam au même endroit)
-- une photo prise par la webcam, et comparée avec une photo d'identité sur un document officiel que vous aurez préalablement envoyé

En clair, mettons que vous avez un "exam" d'une heure:
vous cliquez "go", vous devez alors:
- taper un petit texte fourni histoire de vérifier votre frappe
- vous prendre en photo avec la webcam (il ne faudra pas en changer...)
- sans doute répondre à une question personnelle dont vous aurez préalablement fourni les réponses.

Ensuite une heure est décomptée, a vous de faire le travail demandé...

Je ne sais pas si la vérification est demandé avant l'examen, pendant ou a la fin.

Pour le moment, cette procédure ne concerne que 4 cours (génétique, microéconomie, nutrition et bioélectricité) sur les 221 proposés par coursera.

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12 Fév 2013 20:42 #3857 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Merci pour tous ces détails.

N°6 dit: J'ai creusé un peu la question sur le site de coursera, et ce n'est pas triste:
- 2 éléments d'identification à distance sont utilisés:
-- la façon de taper au clavier (il faut ensuite conserver le même clavier.... ce qui veut dire utiliser un portable, ou passer tous les exam au même endroit)
-- une photo prise par la webcam, et comparée avec une photo d'identité sur un document officiel que vous aurez préalablement envoyé


On en avait parlé ici il y a quelques mois : www.laviemoderne.net/forum/viewtopic.php...0&t=450&p=1737#p1737

J'avais cru comprendre que la méthode de reconnaissance de frappe au clavier n'était pas encore au point.

En clair, mettons que vous avez un "exam" d'une heure:
vous cliquez "go", vous devez alors:
- taper un petit texte fourni histoire de vérifier votre frappe
- vous prendre en photo avec la webcam (il ne faudra pas en changer...)
- sans doute répondre à une question personnelle dont vous aurez préalablement fourni les réponses.

J'avoue que tout ceci me laisse sceptique. Je pensais plutôt à des certifications dans de vraies salles d'examen. J'imagine que la vérification est automatisée dans les deux cas (frappe et photo).

Ce double système semble très facile à contourner : il suffit d'inviter un ami très calé dans la discipline étudiée et de taper ses réponses... :rirej

Ensuite une heure est décomptée, a vous de faire le travail demandé...

Je ne sais pas si la vérification est demandé avant l'examen, pendant ou a la fin.

Ce que je comprends mal, effectivement, c'est à quel moment la frappe est identifiée : à l'inscription, pendant les cours ou pendant l'examen seulement ? Ce détail a son importance car dans les deux premiers cas il faut décider de passer la certification dès le départ. Dans le dernier cas, je ne vois pas trop la valeur de la certification. :scratch:

Pour le moment, cette procédure ne concerne que 4 cours (génétique, microéconomie, nutrition et bioélectricité) sur les 221 proposés par coursera.



Sur les 2,6 millions d'étudiants, beaucoup risquent d'être déçus de ne pouvoir ni faire certifier leurs connaissances ni ajouter une ligne Stanford par exemple sur leur curriculum. Et même pour ceux qui suivent ces quatre cours, pour l'instant, pas de certification digne de ce nom.

Ce n'est pas grave, ce qui compte, dans la logique de Coursera, ce n'est pas encore d'offrir un système fonctionnel mais d'occuper le terrain par rapport à edX ou d'autres. :|

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20 Fév 2013 12:10 #4023 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Ça y est !

J'ai enfin reçu avec retard une notification e-mail.

Je n'ai lu aucun cours de la première semaine puisqu'il n'y avait pas de quiz prévu et j'ai passé directement le quiz de la deuxième semaine sans lire ou écouter le cours. Sur les huit questions, je n'ai pas compris grand-chose (anglais+cours non suivis+philosophie+concepts philosophiques inconnus de moi) et j'ai répondu du mieux que j'ai pu, parfois au hasard cependant : résultat probant. J'ai réussi du premier coup, en quinze minutes de mon temps !

Du coup je n'ai même pas pu évaluer la difficulté ou non des questions. :mrgreen:

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22 Fév 2013 14:16 #4063 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
A lire dans le "Café Pédagogique" du 22/02/13 : "Trois millions d'inscrits au plus grand des moocs universitaires" .

A travers le phénomène du Mooc, ces cours en ligne gratuits sur Internet, le marché universitaire est-il en train de passer sous contrôle américain ? C'est l'interrogation de BBC News qui annonce 2,8 millions d'étudiants sur Coursera, le grand mooc lancé par Stanford University. Des cours venues du monde entier y sont maintenant proposés. L'Ecole polytechnique, par exemple, y participe. Ces cours suivis à domicile grâce à Internet remettent en cause le marché mondial de l'enseignement supérieur et pour la BBC risquent de faire le vide dans les universités britanniques.

Article BBC News

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22 Fév 2013 18:18 #4070 par archeboc
Réponse de archeboc sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain

Loys dit: Les matières "littéraires", regroupées hâtivement dans la seule catégorie "humanities" , (lettres, philosophie, anthropologie, psychologie, histoire, etc.) sont largement sous-représentées. Cette catégorie ne représente que 16% des cours, soit autant que la "Computer science", présentée d'ailleurs dans deux catégories distinctes


Non, dans quatre catégories.

Loys dit: Autre lacune à mes yeux : aucune progression n'est proposée. Les cours sont comme déconnectés les uns des autres. Il n'y a pas de cursus au sens strict.


Trop difficile. Cela demande une vraie ingénierie pédagogique.

Loys dit: Des QCM posent un gros problème dans les matières littéraires, et même dans les disciplines scientifiques, j'en suis convaincu. :?

Ils ont certes un gros avantage : ils n'exigent aucune correction humaine : la notation peut être automatisée, ce qui constitue une belle économie.


Pas seulement. S'ils sont bien conçus, ils permettent d'étaler les fumistes. Avec notation canadienne, évidemment, c'est-à-dire des points négatifs pour les mauvaises réponses. Le fin du fin, c'est de faire des questions faciles, mais avec plein de réponses fausses, et de noté en négatif aussi les absences de réponse. C'est un moyen efficace de tester qui a réellement lu un document.

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22 Fév 2013 20:12 #4076 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain

archeboc dit: Pas seulement. S'ils sont bien conçus, ils permettent d'étaler les fumistes. Avec notation canadienne, évidemment, c'est-à-dire des points négatifs pour les mauvaises réponses. Le fin du fin, c'est de faire des questions faciles, mais avec plein de réponses fausses, et de noté en négatif aussi les absences de réponse. C'est un moyen efficace de tester qui a réellement lu un document.

C'est pas faux, mais ce n'est visiblement pas le cas des QCM (parfois en Oui/Non) de Coursera.

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20 Mar 2013 23:43 - 31 Oct 2013 10:49 #4698 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Un article d'Emmanuel Davidenkoff qui me semble bien ingénu, à lire dans le "Huffington post" du 20/03/13 : "La révolution Mooc : de l'école qui enseigne à l'école où on apprend" .


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20 Mar 2013 23:44 #4699 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Mon passage préféré :

Coursera vend du "signature track", c'est-à-dire la capacité à prouver que c'est bien tel utilisateur et lui seul qui, sans tricher, a suivi tel cours et validé les évaluations requises. Ce qui revient à vendre, en quelque sorte, la preuve que l'utilisateur a effectivement appris quelque chose. C'est cette preuve là qui peut ensuite intéresser non seulement les universités mais aussi les employeurs. On bascule ainsi d'une logique où l'enseignement structure l'organisation pédagogique vers un modèle où c'est bien l'apprentissage qui est au cœur.


:lol:

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22 Mar 2013 12:58 #4725 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Encore un article à la gloire de Coursera dans "Forbes" du 12/03/2013 : "The Real Winners of the Coming Revolution in Higher Education" .



Extraits :

L'article déplore le manque de gain de productivité des enseignants :

S'agissant d'enseigner, la productivité d'un professeur du Moyen âge et d'un professeur d'aujourd'hui ne sont pas très différentes.

Les MOOCs offerts par une une grande université à travers des plate-formes comme Coursera montre qu'un seul enseignant peut offrir des contenus complexes et une éducation de haute qualité à des milliers, voire des dizaines de milliers d'étudiants simultanément.

"une éducation de haute qualité"... :lol:

C'est évidemment une chance, selon "Forbes", pour les pays sous-développés d'un point de vue universitaire.

Des deux côtés, le marché du travail, aussi bien que les gouvernements nationaux, s'intéresse essentiellement à une croissance économique à long terme, aspire à une éducation qui revienne moins cher et qui soit plus adaptée aux changement des conditions économiques, une éducation offerte aux étudiants à leur rythme.

De nombreux étudiants de par le monde souhaiteront suivre les cours des "meilleurs" professeurs de statistique à Caltech, du meilleur ingénieur nucléaire au MIT, du meilleur spécialiste de Shakespeare de Cambridge et du meilleur économiste de l'université de Californie, Berkeley.

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09 Avr 2013 19:42 #5068 par DM
Réponse de DM sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Cher Loys,

Vous me posiez la question de la qualité des cours sur Coursera. Je n'ai hélas pas encore eu le temps d'aller y voir, mais un élément : la présidente de la société française de recherche opérationnelle me dit du bien d'un cours de programmation linéaire et d'un cours de théorie des jeux, mais ajoute que ces cours sont adaptés à un public avancé et non, par exemple, à des étudiants moyens en formation initiale ou à des gens en formation continue qui se remettent dans le bain. Bref, ce qu'elle a vu était très bien pour l'autoformation des gens déjà bien formés. :-)

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09 Avr 2013 20:16 #5069 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Merci DM. C'est aussi ce que disait N°6 sur ce topic.

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09 Avr 2013 23:15 #5072 par archeboc
Réponse de archeboc sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain

DM dit: [..]mais ajoute que ces cours sont adaptés à un public avancé et non, par exemple, à des étudiants moyens en formation initiale [..]


D'un autre côté, je cherche un truc musclé pour comprendre la matière noire et l'énergie noire, et je n'ai rien qui soit d'un niveau un peu prometteur. Ni celui-ci , ni même celui-là ne me laisse espérer un passage par les équations.

Il y a quand même le cours de "cosmo", mais il n'est pas planifié pour le moment.

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10 Avr 2013 01:46 #5073 par DM
Réponse de DM sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Bref, ça ne me pique pas mon boulot secondaire et ça me permet (je n'ai pas encore testé, ceci dit) de me former. :-)
Donc tout bénéfice pour moi.

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20 Mai 2013 19:48 - 20 Mai 2013 19:49 #5826 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Rassurez-vous : Coursera envisage de former les étudiants mais également les professeurs du monde entier.
blog.coursera.org/post/49331574337/cours...velopment-courses-to

Seven leading schools of education have joined this initiative, including the College of Education, University of Washington; Curry School of Education, University of Virginia; Johns Hopkins University School of Education; Match Education’s Sposato Graduate School of Education; Peabody College of Education and Human Development, Vanderbilt University; Relay Graduate School of Education; and University of California, Irvine Extension.

Dommage que les défunts IUFM ne puissent pas s'y joindre.

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28 Sep 2013 09:53 - 31 Oct 2013 10:47 #7705 par Loys

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28 Sep 2013 10:39 - 31 Oct 2013 10:47 #7707 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Quelques commentaires.

Je me forme, donc je suis ! Petit témoignage sur la certification « Signature track » de COURSERA

Chouette !

Nous entendons beaucoup parler de MOOCs, ces cours en ligne ouverts et massifs, accessibles à tous et gratuits. Partons du constat que tout individu doit être un « lifelong learner * », sinon il devra se résoudre à stagner dans sa vie professionnelle ou personnelle...

Une pensée pour tous les pauvres stagnants que nous sommes et qui refusons toute nouvelle connaissance. Heureusement que les moocs vont changer tout cela...

...nous pouvons donc en déduire qu’accéder à de la formation facilement et gratuitement sera un enjeu de taille au niveau mondial.

La notion de "gratuité" sur Coursera mériterait quelques approfondissements. :devil:

La France l’a bien compris d’ailleurs, le projet FUN (France Université Numérique) en est l’illustration.

Nous allons donc vers un monde meilleur.

Je me forme, donc je suis !

Ne jamais cesser de se former, sous peine de ne plus être. :doc:

Effectivement j’apprends tout un tas de choses très intéressantes sur internet mais quid de le faire savoir, de le montrer…de le prouver ?

Est-ce besoin de le prouver ? :santa:

Avant les MOOCs, les autodidactes n’avaient que peu de moyens pour prouver qu’ils excellaient dans leur pratique et des géants de la formation comme Coursera l’ont bien compris.

Des "géants de la formation" ? :lol:

En dehors du fait de placer le savoir à la portée de tous ils ont trouvé le moyen de rendre crédible la certification de ce savoir (je vous laisserai juger) sans avoir à passer par la salle d’examen.

Jugeons donc de cette formidable invention par nous-même.

Mais comment font-ils ? C’est ce que je vous propose de découvrir par la suite à travers une expérience personnelle.

Car un enseignants qui veut se former à un module de cours de quelques semaines, c'est après tout la même chose qu'un étudiant suivant un cursus ou même qu'un élève du secondaire. :doc:

Je réussis et je le montre !

Je suis ce qu’on peut appeler un « lifelong learner* », vu les importants rebondissements de ma carrière. J’aime apprendre sur les sujets qui m’intéressent.

Voilà qui complique d'emblée les choses puisque dans la vraie vie il faut aussi apprendre des choses qui n'intéressent pas spontanément. C'est le principe du cursus et même de l'ensemble du secondaire. :mrgreen:

Les MOOCs ont très vite été pour moi une révélation, surtout après avoir entendu Daphné Koller lors du TEDx de juin 2012 : www.ted.com/talks/daphne_koller_what_we_...nline_education.html

C'est une excellente commerciale, effectivement.

Ainsi, l’Humanité allait pouvoir dispenser son meilleur savoir à tous et gratuitement ?

Voilà une façon très mesurée de voir les choses : vive le numérisme ! :cheers:

Allions nous sortir enfin de l’âge de pierre de la formation pour adopter des outils plus contemporains ?

Heureusement qu'il y a des visionnaires comme Jean-François Ceci !

Je pense que oui, une nouvelle ère se présente devant nous dans le monde de l’Education.

Formation et éducation sont donc la même chose ? jean-François Ceci a besoin d'être éduqué ?

Certes je peux me former facilement, quand je veux, gratuitement, sur les sujets qui me motivent, de partout, avec des gens du monde entier et de tout âge.

Se former à l'école avec des voisins du quartier, c'est tellement old-school.

On assiste donc à la fin du paradigme de l’Education par classe d’âge (anciennement aussi par sexe), par lieu, par unité de temps, par matière et avec une démarche d’apprentissage souvent peu active.

Car ce qui vaut pour un adulte déjà formé (classiquement), motivé et choisissant d'étudier ce qui le motive vaut pour tout collégien ou lycéen ! :doc:

Les détracteurs des MOOCs relèvent souvent la difficulté des @tudiants (j’aime à écrire comme cela les étudiants en ligne)...

Les petites vanités du numérisme font toujours sourire. :)

...à attester de leurs apprentissages en ligne. On peut biaiser, tricher, copier/coller, truander…alors qu’en présentiel « tout le monde il est sage et il est honnête » !

Non, mais précisément il y a un contrôle effectif. La vérité d'ailleurs c'est plutôt qu'on entend le discours inverse : en ligne, personne ne triche bien sûr. Un exemple au Danemark où on passe des examens connectés avec Sanne Yde Schmidt : "la principale précaution est que nous leur faisons confiance".
www.numerama.com/magazine/14435-le-danem...-lors-d-examens.html

Je vous laisse en juger. Quoi qu’il en soit, Coursera a mis en place un système pour « certifier » la remise des travaux et en cas de réussite au cours, la remise d’un vrai certificat.

Il est amusant de voir comment les diplômes numériques singent les vrais diplômes. :transpi:
Évidemment il ne vient pas à l'esprit de Jean-François Ceci que le fait qu'une entreprise commerciale délivre ses propres diplômes pose un problème déontologique.

Comment apporter un peu de crédibilité à un certificat délivré en ligne…La vision de Coursera : le « Signature track ».

"un peu de crédibilité" seulement ? :mrgreen:

J’ai suivi le MOOC « Foundations of Teaching for Learning 1 : Introduction » de 4 semaines, le 1er d’un cycle de 8 MOOCs qui s’étale sur un an.

Youpi, des sciences de l'éducation en ligne !

Mon premier objectif était de réussir un MOOC pour tester en profondeur ce phénomène et pouvoir mieux piloter des chantiers de pédagogie numérique au sein de mon université.

Il ne fait en effet aucun doute que réussir un mooc de quatre semaines permet de mieux "piloter des chantiers de pédagogie numérique".

Lors de ma première entrée dans le cours, on me présente une option payante, le « Signature track »...

Eh bien je croyais que c'était gratuit ? :shock: :transpi:

...un système de certification à 29$. Toujours dans le cadre de ma veille techno-pédagogique, j’achète cette option pour tester de l’intérieur le fonctionnement de cette certification, ce point étant stratégique dans le déploiement de MOOCs.

Ce point étant négligeable au contraire dans le développement actuel des moocs. :xx:

Lors de l’achat, on vous demande de vous prendre en photo via votre webcam (rassurez-vous, vous avez le droit à plusieurs essais pour éliminer la mèche rebelle…) et de saisir une phrase. Votre saisie est analysée pour en déterminer une « empreinte personnelle » qui permet de vous identifier. Enfin le moyen de paiement (CB) est aussi un gage de « sérieux » puisque la personne laisse une trace bancaire.

Bien et ensuite ?

Une fois l’option achetée, à chaque test, quizz, travail à remettre, la plateforme vous demande la même chose (un cliché via la webcam et la saisie de la phrase d’identification).

Et si un ami travaille pour vous, qu'est-ce qui empêche de parler et d'être pris en photo ? :scratch:

Coursera est donc en mesure de vérifier que la remise du travail a bien été faite par l’acheteur.

Ah bah ça, c'est sûr... :xx:

Les esprits chagrins diront que le fraudeur peut sous-traiter son travail et ensuite faire la remise. Ils auront raison, c’est possible en effet, mais cela alourdit la procédure de fraude.

Voilà qui peut donc nous rassurer !

A propos le « si tu m’fais pas ma rédac hé, t’ar ta gueule à la récré ! » existe depuis bien longtemps non ? Et de tout temps il y a eu des fraudeurs assez malins pour passer à travers les mailles du filet des examens terminaux.

Le raisonnement est donc le suivant : la triche existant dans les examens présentiels, pourquoi accuser les examens dématérialisés ? Belle apologie, en effet.
Signalons quand même que, grâce à la technologie, la triche est beaucoup plus facile ainsi et les conséquences pour ainsi dire nulles...

Soyons vigilants, pas phobiques…

Soyons enthousiastes et peu regardants...

Pour terminer, voyons la valeur ajoutée du « Signature track » de Coursera concernant la certification finale. J’ai une bonne nouvelle, j’ai réussi ce MOOC !

Je suis très fier de vous montrer mon certificat : www.coursera.org/maestro/api/certificate...rify-code=45K24KMU27

Donc, ce qui est normal dans un enseignement traditionnel (la certification), devient une valeur ajoutée dans l'enseignement en ligne. Vive la vie moderne ! Notons que, si l'inscription à une université est payante, les diplômes publics sont délivrés gratuitement. Les moocs fonctionnent à l'envers : leur attractivité (fictive en définitive) n'est donc pas un mystère...
A ce sujet Jean-François Ceci ne fait aucune distinction entre des diplômes (corrigés anonymement et reconnus publiquement) et des "certifications" qui donc ne certifient rien et ne sont reconnues par personne puisque correspondant à des modules sur mesure de Coursera.

Je peux aussi partager mon score et le synopsis des aptitudes certifiées :
www.coursera.org/records/BbeMD3XKgF2PDkLd

Le "partage", c'est tellement beau.

Comme vous l’aurez remarqué, Coursera hébergera à vie mes certificats, mes scores et me permettra de le prouver tout au long de ma vie.

Prouver quoi ? Pour exister, il faut continuer à se former ! :doc: :transpi:

Le partage en est simplifié à l’extrême dans le cadre de candidatures électroniques ou sur mes profils sociaux. Est-ce que ça vaut 29$ ? Ca dépend…mais dans bien des cas, oui !

On est priés de le croire.

Coursera est en train de faire ce que les universités (au moins en France) ne peuvent pas faire, comme mettre à disposition des anciens étudiants et à vie une interface pour accéder aux diplômes obtenus.

C'est d'une puissance conceptuelle extraordinaire !

Vous avez dû entendre parler de la démarche « Eportfolio », qui consiste à faire créer par l’étudiant un portfolio électronique lui permettant de montrer ses compétences et diplômes dans le cadre d’une recherche d’emploi ( www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/ci...ement-superieur.html ).

Et moi qui croyais qu'il s'agissait de diffuser le "savoir à la portée de tous"... Finalement la visée est bassement pragmatique.
Je sens qu'on va voir fleurir plein de jolies compétences certifiées par Coursera sur de beaux portfolios !

Mais quid d’un lien sur un CV qui montre un diplôme hébergé sur free.fr ? Convenez qu’un diplôme hébergé sur un site d’université ou sur Coursera donne une autre impression de véracité…

Et ce qui compte, c'est l'"impression de véracité" ! :doc:

Cependant héberger à vie des données personnelles est une sacré responsabilité que peu d’universités peuvent assumer, sans compter la gestion de millions de login.

Héberger des données, c'est très simple au contraire. Mais visiblement Jean-François Ceci ne s'interroge sur les dérives possibles...

Le « Signature track » me semble un progrès intéressant, dans la lignée des OpenBadges ( openbadges.org/ ) de Mozilla. Il constitue un début très prometteur de modèle économique pour les MOOCs et de certification en ligne.
J’ai donc re-signé pour le MOOC N°2 !

Quel enthousiasme ! Ça fait plaisir à voir.

Ainsi je me forme, et si je réussis, je peux l’attester !

Nul n'en doute, à présent ! :transpi:

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02 Oct 2013 16:29 #7793 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Un exemple de réussite française avec Coursera sur le blog "Focus Campus" du 2/10/13 : « En France, il existe un potentiel fabuleux, mais inutilisé »


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09 Oct 2013 09:45 - 09 Oct 2013 09:47 #7874 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
Après Polytechnique, l'ENS rejoint Coursera avec trois cours dont un en anglais : www.coursera.org/ens
De même avec HEC avec deux cours dont un en anglais : www.coursera.org/hec

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31 Oct 2013 10:45 - 31 Oct 2013 11:46 #8234 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Coursera, un mooc commercial américain
C'est un aspect qui m'avait échappé : dans son modèle économique, Coursera fait payer aux employeurs l'accès aux données concernant ses étudiants.
Source : "Providers of Free MOOC's Now Charge Employers for Access to Student Data" ("The Chronicle of higher education" du 4/12/12)

On Tuesday, Coursera, which works with high-profile colleges to provide massive open online courses, or MOOC's, announced its employee-matching service, called Coursera Career Services. Some high-profile tech companies have already signed up—including Facebook and Twitter, according to a post on Coursera's blog, though officials would not disclose how much employers pay for the service. Only students who opt into the service will be included in the system that participating employers see, a detail stressed in an e-mail message that Coursera sent to its nearly two million past or present students on Tuesday.

Voir aussi : "Coursera’s Business Model Challenge" (4/03/13)

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