Jean-Pierre Dubarry - "Internet existe... Faut-il pleurer ?" (27/03/12)

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29 Mai 2012 23:31 #748 par Loys
A lire sur le webjournal Bordeaux Gironde Actu, cet article de Jean-Pierre Dubarry.



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30 Mai 2012 00:12 #750 par Sylvie
J'adore l'expression "une réflexion s'impose".... on ne saurait mieux dire ! Mais ce monsieur devrait commencer par donner l'exemple et réfléchir un peu aux raccourcis qu'il propose (la plume / le stylo = l'analyse / le copier-collé ?). On rêve !
J'aime beaucoup aussi la fin de l'article, à propos des professeurs qui pompent leurs cours sur internet... c'est très subtil, et cela est sans doute destiné à faire monter le rouge au front des coupables ! Mais de quels professeurs parle-t-on ? De celui qui a fait cette expérience ? Je sur-interprète peut-être...
De même, la référence aux critiques littéraires est peu convaincante, à mon avis, puisqu'ils sont cités comme ayant recours à internet pour "se rafraîchir la mémoire", ce qui n'a rien à voir avec la triche d'élèves censés réfléchir par eux-mêmes sur un texte. Bref, on mélange tout, une fois de plus !

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30 Mai 2012 00:21 #751 par Loys

Enseignement : Internet existe... Faut-il pleurer ?

Non, réjouissons du copier-coller ! de l'absence d'esprit critique et d'autonomie de pensée ! Célébrons la fin de la culture personnelle !

Internet bouleverse l’enseignement comme bien d’autres domaines. Le regretter ne sert à rien. A l’enseignement d’évoluer pour en tirer le meilleur parti.

Professeur, j'en tire le meilleur parti, mais visiblement pas les élèves. :mrgreen: Car le numérique n'est pas seulement institutionnel, mais aussi sauvage...

Et toute évolution n'est pas par essence positive, surtout quand elle est subie... L'exemple de l'alimentation industrielle est assez parlant, je trouve.

« Un professeur de français piège ses élèves et prouve qu’ils recopient sur internet ... »

Plume sergent-major ?

Les médias, à commencer par France-info samedi, ont donné un large écho à une petite anecdote de la vie scolaire dans un prestigieux lycée parisien. Dans son blog, un professeur décrit avec force détails, comment il a introduit des informations erronées sur internet afin de montrer que beaucoup d’élèves recopient sans discernement ce qu’ils trouvent sur la toile.

Une seule information, sur Wikipédia. Ce n'est pas tant le manque de discernement qui pose problème, mais la servitude au web : l'exercice du commentaire de texte ne nécessite pas de recherche documentaire.

La relation entre un enseignant et sa classe est toujours énigmatique pour les tiers. Aussi notre propos n’est pas de supputer les motifs de ce professeur lorsqu’il a monté une opération bien lourde dans le but de constater une évidence...

M. Dubarry m'aura mal lu, mon but n'était pas de "constater une évidence", comme il le dit aimablement. Mais de rendre concret et sensible à mes élèves qu'ils ont renoncé à penser par eux-mêmes. Voilà le motif "énigmatique", en effet. Et l'opération n'était pas "lourde", il faut ne pas connaître grand chose au numérique pour le penser. Le tout ne m'a demandé que quelques heures de travail.

...non plus que les raisons pour lesquelles son blog le relate maintenant, trois ans après les faits ;

Un an et demi... Peut-être parce que le blog vient de naître ? :mrgreen:

...pas plus que de commenter la satisfaction que nous croyons déceler derrière pourrir le web , titre sous lequel les faits sont racontés.

On voit que le webjournaliste se sent mis en cause.

Notre propos se limite à un étonnement. Pourquoi un canular de professeur sur l’internet reçoit un écho national ?

Sans aucune raison valable, sans doute.

Puissance des médias _ susciter un vrai débat à partir d’une anecdote

A notre avis c’est le reflet d’un refus de voir évoluer l’enseignement. Constamment, des articles, des déclarations déplorent qu’internet donne accès à de multiples sources et transforment les élèves en copieurs ... comme si un tas de briques constituait une maison.

La comparaison laisse perplexe.

La fin de ces articles suggèrent toujours qu’il faudrait interdire le recours à internet ... plutôt que d’apprendre aux élèves à utiliser les briques pour monter des murs.

Pourquoi s'embêter à monter des murs ? Oodoc et Oboulo livre des murs touts faits. Bon, c'est vrai qu'ils sont branlants, que les briques sont creuses et un peu disjointes. :mrgreen:

C’est la même attitude, en plus grave, que celle qui, dans les années 1950, interdisait l’usage des stylos (à plume) au motif qu’ils ne permettent pas de faire les pleins et les déliés, calligraphie - au demeurant fort belle lorsqu’elle est bien réalisée - qui était, à l’époque, un souci majeur de l’enseignement primaire.

Un stylo et un ordinateur connecté permettant le copier-coller, c'est tout à fait la même chose. :roll:

Au passage, c'est vrai que la graphie moderne des élèves est une réussite : à consulter, ces copies de troisième sur le site.

pas à l’honneur du corps enseignant

L’écho que reçoit la dénonciation des risques du copie-collé internet montre que, sur ce plan aussi, une réflexion s’impose quant aux rapports de l’enseignement avec l’internet et sur ce qui est à enseigner.

Voilà une phrase qui ne mange pas de pain.

Egalité numérique Aquitaine - Projet numérique 2010-2014
Oui, internet rend infiniment plus facile l’accès aux sources d’information.

L'enseignement des lettres, comme l'enseignement des mathématiques, est assez peu documentaire, mais c'est sans doute obsolète : il faut évoluer et puisque les élèves ne lisent plus, il faut cesser de lire.

Par ailleurs je remarque cette éternelle confusion : la disponibilité n'est pas l'accessibilité. Un poème baroque peut être disponible en ligne et rester inaccessible à un élève, parce qu'il n'aura pas l'idée d'aller le lire et que, même si c'est le cas, il n'aura pas les moyens de le lire.

En conséquence, l’enseignement, plus que par le passé, doit apprendre à mobiliser les différentes sources, à les confronter et à en dégager sa propre opinion.

En lettres et en mathématiques ? En tout cas apprendre à faire tout cela, c'est apprendre à réfléchir : ce qui s'enseigne très bien sans connexion.

L’enseignant parisien a demandé aux élèves de ne pas utiliser internet. Il aurait du, au contraire, leur demander de compléter leur commentaire par l’indication des sources internet consultées et par la bibliographie commentée des quelques articles que l’élève juge pertinents, ceux dans lesquels il a trouvé des remarques auxquelles il n’avait pas pensé spontanément et ceux qui ont confortés ses jugements.

Voilà qui les aurait merveilleusement préparés à un exercice du baccalauréat avec le seul texte à étudier... Mais c'est sans doute un progrès d'aller consulter la pensée des autres, puisque la pensée et la culture personnelles n'ont plus de sens.

Comment sont réalisés la plupart des « romans historiques grand public » qui fleurissent dans nos librairies ? comment sont rédigés les « articles de fond » de la presse magazine ? Leurs auteurs partent de quelques sources, bien choisies qui, de plus en plus, sont consultées par internet, et en font la synthèse.

Voilà qui est rassurant et engageant ! C'est ce qu'ont fait mes élèves d'ailleurs, avec le succès que l'on sait.

La librairie de l’éducation en ligne

En littérature, - puisqu’il s’agit d’un prof de français - quel est le critique littéraire qui, lors de commentaires d’ouvrages, ne recoure jamais à internet pour rafraichir sa mémoire. Pourquoi refuser aux élèves la faculté d’opérer de même ?

J'aime cet euphémisme de la modernité : consulter internet, c'est "rafraîchir sa mémoire" ! :mrgreen:

L'exemple de M. Dubarry est probant : tout le monde connaît un critique littéraire qui procède ainsi. Et par ailleurs les élèves sont des critiques littéraires, c'est bien connu.

Au contraire, Il faut leur inciter à le faire, leur apprendre à le faire intelligemment.

L'intelligence n'a pas besoin du numérique. Résoudre un problème mathématique ne peut se faire en effectuant une recherche documentaire.

Internet existe, aux enseignants d’en tenir compte et d’adapter en conséquence leur pratique. Un cours se prépare aussi en recherchant sur internet de ce que les élèves pourront y consulter.

Toujours l'argument du défaitisme pédagogique. Et vive la "consultation" comme ultime mode de réflexion ! Ce terme médical en dit long sur la carence intellectuelle et culturelle qui nous sert d'horizon de la pensée au XXIème siècle.

Un exercice ne peut plus être conçu comme destiné à faire recracher ce que le prof a dit.

Ça n'a jamais été le cas du commentaire de texte... :evil:

Pour un enseignant, il est immédiat de distinguer la copie qui n’est que la juxtaposition de quelques copié-collés et le devoir qui montre une réflexion personnelle à partir d’une recherche efficace utilisant avec intelligence l’internet ..... tout comme, pour les élèves, il est immédiat, de repérer l’enseignant qui va pomper, sur internet. Ce qui est plus fréquent qu’on pense. Demandez à des élèves.

Vu qu'ils ont du mal à distinguer un faux corrigé d'un vrai, je doute qu'ils puissent s'en rendre compte.

les 350 sites publics de référence de l’éducation nationale

Comme chez les élèves, il est des enseignants qui ne recourent à internet que pour s’épargner du travail. Ils y copient des pans entiers de leurs cours et y puissent des textes d’exercices qu’ils donnent sans imaginer que les élèves ont aussi accès à la partie du site contenant les corrigés.

M. Dubarry a beaucoup d'estime pour les professeurs, rétrogrades et fainéants en même temps. J'espère que sa propre pratique journalistique ne déforme pas trop sa vision des choses car au fond il nous a fait l'aveu de sa méthode de travail : "Comment sont rédigés les « articles de fond » de la presse magazine ? Leurs auteurs partent de quelques sources, bien choisies qui, de plus en plus, sont consultées par internet, et en font la synthèse."

Faut-il pour autant interdire aux enseignants l’usage d’internet lorsqu’ils préparent leur cours ?

Toujours ce réflexe conditionné de l'égalitarisme moderne : mettre sur le même plan adulte et enfant, élève et professeur. Ici le parallélisme est absurde : un enseignant est à même de tirer profit du numérique.

Pas un élève. Pas encore.

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