L'anglais à l'université

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18 Mar 2013 20:54 #4641 par DM
Réponse de DM sur le sujet L'anglais à l'université
@Loys: Je suis heureux que vous citiez les stages intensifs de français... mais voyez vous-même: lorsque j'ai demandé à l'université, dans le cadre de la formation continue, de payer de tels stages à deux de ses employés (roumains), elle a refusé (heureusement j'avais un budget que je pouvais affecter à cela, mais tout le monde n'a pas cette possibilité). Voua voyez ? Nous marchons sur la tête et nous faisons les choses à l'envers.

Vous vous inquiétez de ce qu'un chercheur français doive consulter en anglais les travaux de ses compatriotes. Ce chercheur doit, de toute façon, lire l'anglais technique pour lire les travaux des chercheurs étrangers; cela ne lui demande donc pas d'effort supplémentaire d'apprentissage de langue.

(J'insiste : je parle bien ici de travaux de recherche. Je pense différemment au sujet des articles ou ouvrages de cours ou de vulgarisation, où il me semble souhaitable de ne pas ajouter la barrière de la langue aux difficultés de compréhension du fond... mais dans un cas on parle de professionnels d'un domaine d'activité bien précis et international, la recherche scientifique, de l'autre d'étudiants en début de formation ou même du grand public.)

Enfin, cher @loys et cher @juraastro, au sujet de l'apprentissage de la langue : je connais un chercheur d'origine israélienne (mais naturalisé français) et un chercheur danois qui parlent très bien le français courant, mais ont du mal avec certains mots ou expressions, et surtout redoutent d'avoir à écrire, sans doute par peur du ridicule, de tournures gauches, de fautes de conjugaisons ou que sais-je encore. Je conçois qu'ils préfèrent écrire en anglais. (Je soupçonne que cela vient de ce que la grammaire française est complexe et qu'on considère une faute grammaticale comme une erreur grave, d'où intimidation.)

Abordons enfin la différence que vous soulevez entre le latin, langue véhiculaire jusqu'à l'époque moderne, et l'anglais, langue véhiculaire actuelle mais également langue des États-Unis, et que vous voyez donc comme instrument de l'impérialisme américain. L'anglais écrit et parlé dans un contexte technique ou scientifique est souvent désigné avec dérision comme du globish (global English); il ne reflète pas franchement la culture américaine (par exemple, en globish on ne fait pas de métaphores à base de base-ball...). Je vous rappelle, par ailleurs, que l'anglais est la langue véhiculaire de l'Inde éduquée ; 1 milliard d'indiens, même en se restreignant à la frange privilégiée, cela fait du monde...

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18 Mar 2013 20:57 #4642 par DM
Réponse de DM sur le sujet L'anglais à l'université
@Juraastro: Je ne sais pas dans quelle discipline vous travaillez, mais je suis moi-même fréquemment "expert" (referee) pour diverses revues ou conférences internationales ; non, on ne demande pas seulement aux américains, heureusement ! Au contraire, il me semble qu'en général, dans mon domaine, on essaye d'équilibrer.

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18 Mar 2013 20:58 #4643 par DM
Réponse de DM sur le sujet L'anglais à l'université
@Loys: Je pense que la meilleure façon de faire venir des gens au français est qu'ils pratiquent cette langue en venant en France. ;-)

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18 Mar 2013 21:10 #4644 par Wikibuster
Réponse de Wikibuster sur le sujet L'anglais à l'université

DM dit: @Loys: Je pense que la meilleure façon de faire venir des gens au français est qu'ils pratiquent cette langue en venant en France. ;-)

Du haut de la tour Eiffel et en lisant les étiquettes d'un bon vin de chez nous, mais en évitant le foie gras tout de même ainsi que le lait non pasteurisé. :lol:

Ecrasons l'infâme !

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18 Mar 2013 22:34 #4645 par Frist
Réponse de Frist sur le sujet L'anglais à l'université
Si on suit certains ici, on va réclamer que nos administrations parlent anglais, chinois, français, weshwesh, occitan et breton, et encore, ça ne sera pas assez !


@ du latin dans la langue anglaise, je connais l'exemple du mot datum qui est devenu un mot dans la langue anglaise bien comme il faut, qui sous prétexte d'être d'origine latine, va être abusivement reprise tel quel dans la littérature française. Or même si on vous comprend si en géodésie vous allez utilisez ce terme datum, en français le terme système géodésique convient bien mieux ; mais bien sûr, n'importe quel traducteur vous le dira :)


Sinon, certes, la Wikicroisade est un HS habituel, mais passer de la fin des cours en français dans le supérieur, après réflexion limité au niveau master au-delà, on en vient à ergoter sur le français dans le milieu de la recherche, les publications scientifiques, la langue que doivent parler des spécialistes venus du monde entier pour collaborer à un effort scientifique ? Si on considère les écoles doctorales comme dispensant des cours, on parle de quelle proportion des étudiants en France ? Et oui, c'est sûr, ce sont nos docteurs qui ont le plus de problème en expression française, c'est bien connu !


On évoque l'Afrique, mais en Afrique du Nord, c'est bizarre, mais l'arabe littéraire est moins populaire que le français, vous trouvez ça normal ? Et en Afrique Noire, ce ne serait pas plus culturel d'utiliser la langue de son ethnie ? Bien moins néo-colonial ?

Tien à parler des langues en Afrique, vous savez qu'avez toutes ces grèves chez RFI, bon nombre d'africains passent sur la BBC (ou autre station de radio diffusée en langue anglaise dans le coin) ?

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19 Mar 2013 02:22 #4647 par Wikibuster
Réponse de Wikibuster sur le sujet L'anglais à l'université

Frist dit: Si on suit certains ici, on va réclamer que nos administrations parlent anglais, chinois, français, weshwesh, occitan et breton, et encore, ça ne sera pas assez !

Rassurez-vous, pour l'occitan et le breton le moi Président a annoncé que la Charte des langues régionales ne sera pas ratifiée malgré sa promesse électorale, mais pour le français il va falloir attendre hein, on va le garder encore un peu. :xx:

Ecrasons l'infâme !

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19 Mar 2013 17:13 #4650 par DM
Réponse de DM sur le sujet L'anglais à l'université
@Frist: Il me semble clair que les formations du supérieur qui ont vocation à se dérouler (partiellement ou non) en anglais sont des formations niveau master ou école doctorale, des mémoires de thèse, ou des formations de grandes écoles sélective. Personne ne pense sérieusement envoyer le lycéen lambda entrant en L1 dans des cours dispensés en anglais (hors cours de langue anglaise), ce serait une boucherie (comme le dit Loys Bonod, le lycéen moyen maîtrise mal le français, alors l'anglais...); c'est pourquoi je trouve proprement surréalistes et déconnectées les interrogations du type « La fin des cours en français? ».

Par ailleurs, vous avez raison de faire remarquer qu'il est savoureux de déplorer l'impérialisme linguistique américain tout en suggérant l'usage du français, qui n'est parlé dans une bonne partie du monde (du monde pauvre, plus précisément) que parce que la France et la Belgique ont envahi ces territoires. Si des vietnamiens âgés parlent français tandis que les plus jeunes ne le parlent pas, c'est parce que ces vietnamiens âgés sont nés dans une colonie française.

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19 Mar 2013 17:52 #4652 par Typhon
Réponse de Typhon sur le sujet L'anglais à l'université

Frist dit: On évoque l'Afrique, mais en Afrique du Nord, c'est bizarre, mais l'arabe littéraire est moins populaire que le français, vous trouvez ça normal ? Et en Afrique Noire, ce ne serait pas plus culturel d'utiliser la langue de son ethnie ? Bien moins néo-colonial ?


Je pense que ce qui est néo-colonial, c'est d'émettre un jugement a priori sur les raisons qui peuvent pousser tels ou tels Africains à s'exprimer en français. Bien sûr, le français est arrivé en Afrique avec la colonisation, mais l'arabe littéraire n'est pas plus vernaculaire en Afrique du nord, qui parle des dialectes arabes parfois très éloignés, ou mieux, des langues berbères. Au nom de quoi un Kabyle qui parle aussi le français ou l'arabe dialectal devrait apprendre l'arabe littéraire ?
Idem en Afrique noire, il peut y avoir des tas de raisons d'employer la langue de l'ex-puissance coloniale, ou de ne pas l'utiliser. C'est à eux de faire leur choix.

Typhon

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19 Mar 2013 18:07 #4654 par DM
Réponse de DM sur le sujet L'anglais à l'université
@Loys: Un point me chiffonne concernant votre comparaison avec la Grèce antique, qui, alors même qu'elle était sous la domination politique et militaire de Rome, continuait à rayonner culturellement. Comme vous le soulignez (vous êtes d'ailleurs sans doute bien plus expert que moi sur ce sujet), les élites romaines de l'époque classique parlaient couramment le grec, et on invitait à Rome des philosophes et rhéteurs grecs.

Qu'est-ce que cela voudrait dire à propos de la France, que de considérer comme valable cette comparaison? Cela voudrait dire que nous acquiesceriont à être dominés, à ce que les décisions politiques, économiques et militaires soient prises ailleurs, en échange d'un maigre privilège symbolique, celui de fournir une sorte de « supplément d'âme » ou de vernis de culture aux élites des dominants. C'est déjà commencé : c'est par exemple Derrida enseignant à Stanford, alors que tout autour c'est la Silicon Valley, où l'on n'a que faire des philosophes français et où l'on fait des produits et de l'argent. Avec cette vision, le destin de la France, c'est que Paris (et la Côte d'Azur, ou quelques autres coins huppés) devienne un musée pour chinois aisés, et qu'une minorité d'américains éduqués affecte de parler français et de lire nos « intellectuels ». En fait, nous y sommes déjà !

Quelle perspective enthousiasmante...

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19 Mar 2013 20:12 #4657 par Frist
Réponse de Frist sur le sujet L'anglais à l'université

DM dit: @Frist: Il me semble clair que les formations du supérieur qui ont vocation à se dérouler (partiellement ou non) en anglais sont des formations niveau master ou école doctorale, des mémoires de thèse, ou des formations de grandes écoles sélective. Personne ne pense sérieusement envoyer le lycéen lambda entrant en L1 dans des cours dispensés en anglais (hors cours de langue anglaise), ce serait une boucherie (comme le dit Loys Bonod, le lycéen moyen maîtrise mal le français, alors l'anglais...); c'est pourquoi je trouve proprement surréalistes et déconnectées les interrogations du type « La fin des cours en français? ».


Mais justement ! Je suis d'accord que la question ne se pose pas pour la licence, mais seulement pour le niveau master ou le niveau doctorat.

Pourquoi dans ce cas n'évoquer que le niveau doctorat et le milieu de la recherche ?

Le niveau master, ça ne porte pas à controverse ? Déjà dans les écoles d'ingénieur, la CTI (Commission du Titre d'Ingénieur) réclame un niveau minimal d'anglais, et ce niveau minimal constitue une barrière parfois bien plus handicapante que le programme technique de l'école. Je n'ai pas de statistiques à ce sujet, juste quelques expériences de sortant d'écoles sans diplôme à cause de ce niveau d'anglais. Or même si l'ingénieur français peut avoir un cursus international, ce n'est pas aussi systématique que pour les chercheurs, qui spécialité oblige doivent rencontrer des confrères du monde entier.

Au niveau de la pertinence, j'ai l'impression que le niveau master me semble bien plus peuplé que le niveau doctorat, et donc bien plus susceptible de changer notre société au niveau de l'emploi de la langue (car c'est bien la question, les cours seront en anglais, les ingénieurs sortant de master vont parler anglais même chez eux !).

Typhon dit: Je pense que ce qui est néo-colonial, c'est d'émettre un jugement a priori sur les raisons qui peuvent pousser tels ou tels Africains à s'exprimer en français. Bien sûr, le français est arrivé en Afrique avec la colonisation, mais l'arabe littéraire n'est pas plus vernaculaire en Afrique du nord, qui parle des dialectes arabes parfois très éloignés, ou mieux, des langues berbères. Au nom de quoi un Kabyle qui parle aussi le français ou l'arabe dialectal devrait apprendre l'arabe littéraire ?
Idem en Afrique noire, il peut y avoir des tas de raisons d'employer la langue de l'ex-puissance coloniale, ou de ne pas l'utiliser. C'est à eux de faire leur choix.

Justement !

J'ai bien pris des exemples controversés en connaissance de cause. Des langues qui peuvent être bien plus légitime que l'anglais en France ne sont pas si évidentes à imposer en pratique, et donc comment pourrait-on imposer la langue anglaise dans nos écoles et universités ? Demain la langue la plus populaire pour le marché de l'emploi c'est le cantonnais (hypothèse, pas prévision), on va chercher à rendre tous nos ingénieurs sinophones ? Et si le critère est la popularité de nos écoles en France, il y a encore plus de raisons d'être sinophone plutôt qu'anglophone, il y a bien plus de candidats ingénieurs sinophone qu'anglophone (à moins que cela soit hindiphone ?).

Je ne faisais que replacer cette discussion franco-française dans un cadre étranger pour voir ce que donnerait ces soi-disant arguments de l'impérialisme américain. Je pense bien que si des décennies passés la décolonisation, la langue française est toujours utilisée, ce n'est pas uniquement à cause d'une potentielle influence diplomatique de la France.

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19 Mar 2013 23:05 #4661 par DM
Réponse de DM sur le sujet L'anglais à l'université
@Frist: Je ne savais pas qu'il était possible d'échouer dans une école d'ingénieurs juste pour l'anglais ; êtes-vous sûr que cela ne découlait pas d'une faiblesse générale (ras la moyenne) couplée à une grande médiocrité en anglais ?

Un ingénieur est amené à travailler sur des marchés technologiques internationaux; il est rare que l'on conçoive un produit destiné à être vendu uniquement en France à partir de pièces françaises. J'imagine mal l'ingénieur d'Airbus Toulouse appelant Hambourg ou Bristol et disant « attendez, je vais chercher l'interprète ! ».

Quand on travaille en informatique, la documentation est souvent en anglais. Permettez-moi une anecdote: j'ai eu jadis des étudiants qui se destinaient à la finance (et d'ailleurs méprisaient leurs enseignants : mal payés, ceux-ci étaient donc des médiocres et des minables), mais rechignaient à lire l'anglais technique... or la finance c'est New-York et Londres ! Or la documentation du langage Java était en anglais. Ce langage, son compilateur et son environnement d'exécution ont été mis à disposition gratuitement par la société Sun (aujourd'hui Oracle), on se demande bien comment nous pourrions exiger en plus un manuel en français. Même remarque pour les « logiciels libres » : avoir une traduction suppose d'avoir des traducteurs, le plus souvent des bénévoles... et serons-nous sûrs que la traduction est maintenue à jour ?

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19 Mar 2013 23:09 #4662 par Wikibuster
Réponse de Wikibuster sur le sujet L'anglais à l'université

DM dit: Or la documentation du langage Java était en anglais. Ce langage, son compilateur et son environnement d'exécution ont été mis à disposition gratuitement par la société Sun (aujourd'hui Oracle), on se demande bien comment nous pourrions exiger en plus un manuel en français. Même remarque pour les « logiciels libres » : avoir une traduction suppose d'avoir des traducteurs, le plus souvent des bénévoles... et serons-nous sûrs que la traduction est maintenue à jour ?

C'est flippant de lire ça... A ce niveau de soumission volontaire il est difficile de trouver des qualificatifs qui ne seront pas censurés. Conseil aux informaticiens qui ont encore un minimum d'estime de soi : Oubliez le java et faites du C#, langage plus récent et plus complet avec la totalité de la documentation traduite en français et à jour... Surtout fuyez l'idéologie morbide du logiciel prétendu libre !

Ecrasons l'infâme !

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19 Mar 2013 23:51 #4663 par Frist
Réponse de Frist sur le sujet L'anglais à l'université
@DM : Le niveau d'anglais d'un ingénieur est désormais requis d'après un test international (TOEIC, TOEFL...), qui doit être validé avec un score minimal validé par la la CTI. Il ne fait pas partie de la note moyenne comme peut l'être l'ensemble de l'a formation continue.

DM dit: Un ingénieur est amené à travailler sur des marchés technologiques internationaux; il est rare que l'on conçoive un produit destiné à être vendu uniquement en France à partir de pièces françaises. J'imagine mal l'ingénieur d'Airbus Toulouse appelant Hambourg ou Bristol et disant « attendez, je vais chercher l'interprète ! ».

L'ingénieur d’Airbus conçoit un avion qui est vendu dans le monde entier, mais combien d'ingénieur vont vendre l'avion qu'ils ont conçu ?

L'ingénieur, c'est un métier très vaste, et pour un polytechnicien qui va avoir toute la conception de l'A380 dans tête, combien de spécialistes qui restent dans leur métropole ? Et encore Airbus fait parti du fleuron de l'entreprise française, il n'y a pas que cette entreprise à renommé internationale qui embauche des ingénieurs ! Je connais quelques anciens camarades qui sont désormais géomètre-expert, dans le meilleur des cas, ils se trouve qu'un des voisins dans une opération de bornage est un étranger, parler anglais permettra de débroussailler la situation...

Je connais un électronicien daltonien, impossible de décoder les valeurs des résistances ! C'est un très bon collègue pour autant.

DM dit: uand on travaille en informatique, la documentation est souvent en anglais.


Combien d'informaticiens doivent parler et écouter de l'anglais ?

La documentation en anglais en informatique, je ne sais même plus dans quelle langue est écrit la documentation après que je l'ai lue... Et pourtant, l'anglais j'ai un gros handicap dans ce domaine. L'informatique, c'est du jargon, pas de l'anglais. Un informaticien qui te parle en français, il ne traduit même plus les mots en anglais, il ne sait pas qu'il lit de l'anglais ou du français. (Par exemple, je ne vois quasiment personne s'étonner d'utiliser le mot librairie pour une bibliothèque de fonction, comme si c'était le même mot en anglais ou en français...)

DM dit: Même remarque pour les « logiciels libres » : avoir une traduction suppose d'avoir des traducteurs, le plus souvent des bénévoles... et serons-nous sûrs que la traduction est maintenue à jour ?

Mais bien sûr !

Un projet libre populaire, LibreOffice, est mulit-langue.

Un projet libre dans ma spécialité (et donc d'un domaine bien moins populaire qu'une suite bureautique), QGIS, a aussi sa documentation traduite, et régulièrement mise à jour.


En ce moment je galère sur l'utilisation d'un kit de développement (propriétaire) réalisé par des français, car un développeur français code et documente en anglais. Paradoxalement, je trouve des contre-sens régulièrement, que je comprend mieux lorsque je récupère la version française de la documentation encore publiée lors de l'avant-dernière mise à jour majeure.

Wikibuster dit: Oubliez le java et faites du C#, langage plus récent et plus complet avec la totalité de la documentation traduite en français et à jour... Surtout fuyez l'idéologie morbide du logiciel prétendu libre !

Oui, allez chercher du Microsoft, pour lequel on trouve de plus en plus d'articles traduits automatiquement, traduction le plus souvent imbitable et qui nécessite d'aller voir l'article en anglais pour y comprend quelque chose.

Et quel est le rapport entre l'ancienneté, la complétude d'un langage informatique, et le choix d'un tel langage ? L'espéranto est plus récent que l'occitan, et pourtant vous vous exprimez en français !

Et surtout, si le choix du langage informatique est dicté par la langue de la documentation, je fuis tout de suite. Je suis le premier à coder en français, car tous mes collègues sont français, mais j'assassine le premier qui va préférer devant moi le C# parce que la documentation est traduite en français !!! Si le français est un critère de choix, programmez en LSE, la syntaxe est en français...

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20 Mar 2013 00:28 #4666 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet L'anglais à l'université

DM dit: @Loys: Un point me chiffonne concernant votre comparaison avec la Grèce antique, qui, alors même qu'elle était sous la domination politique et militaire de Rome, continuait à rayonner culturellement. Comme vous le soulignez (vous êtes d'ailleurs sans doute bien plus expert que moi sur ce sujet), les élites romaines de l'époque classique parlaient couramment le grec, et on invitait à Rome des philosophes et rhéteurs grecs. Qu'est-ce que cela voudrait dire à propos de la France, que de considérer comme valable cette comparaison?


J'ai simplement voulu remettre en perspective le débat, sans établir à proprement parler de comparaison. Et je ne suis pas un expert, loin de là. :rirej

Cela voudrait dire que nous acquiescerions à être dominés, à ce que les décisions politiques, économiques et militaires soient prises ailleurs, en échange d'un maigre privilège symbolique, celui de fournir une sorte de « supplément d'âme » ou de vernis de culture aux élites des dominants.

Les Grecs n'ont pas eu à acquiescer : la domination de Rome était de fait et il n'y a eu aucun "échange". Par ailleurs réduire la culture grecque dans toutes ses dimensions à un "supplément d'âme" me semble également hasardeux. :mrgreen:

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20 Mar 2013 01:10 #4671 par Wikibuster
Réponse de Wikibuster sur le sujet L'anglais à l'université

Frist dit: Et surtout, si le choix du langage informatique est dicté par la langue de la documentation, je fuis tout de suite. Je suis le premier à coder en français, car tous mes collègues sont français, mais j'assassine le premier qui va préférer devant moi le C# parce que la documentation est traduite en français !!! Si le français est un critère de choix, programmez en LSE, la syntaxe est en français...

Vous commentez à côté de la plaque, je faisais la démonstration que ceux qui dominent sans partage le domaine de l'informatique ont fait le choix de la traduction de leurs produits et de leurs langages dans beaucoup de langues nationales, réfutant ainsi la mentalité de colonisé volontaire affiché par le commentateur initial, de surcroit employé de l'Etat français ! CQFD.

PS : Je conseille le LSE à quiconque veut s'initier, c'est l'initiave d'une époque où les Français ne rampaient pas encore dans ce domaine. :)

Ecrasons l'infâme !

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20 Mar 2013 12:21 #4686 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet L'anglais à l'université
Un contrepoint amusant sur "VousNousIls" du 20/03/13 : "Langues anciennes ? "60% des mots anglais proviennent du latin et du grec" .

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20 Mar 2013 12:44 #4687 par Wikibuster
Réponse de Wikibuster sur le sujet L'anglais à l'université

Loys dit: Un contrepoint amusant sur "VousNousIls" du 20/03/13 : "Langues anciennes ? "60% des mots anglais proviennent du latin et du grec" .

Il est aussi connu que les Anglais se plaignent (ou se plaignaient) de la trop grande influence du français sur leur langue. Mais il est vraisemblable que cette tendance soit totalement révolue, les "élites" parisiennes rampent devant les anglo-saxons, comme les élites occitanes ont rampé pendant des siècles devant les Français de Paris. J'ai une question pour vous Loys dont je ne connais pas formellement la réponse mais j'ai une grosse idée. Quelle était la langue de Montaigne, son oeuvre est en français et sa première langue fut (artificiellement) le latin, mais il parlait en quoi tous les jours chez lui après la petite enfance ? Même genre, quelle était la langue de Nostradamus ? :) J'en ai une autre mais là je connais la réponse pour sûr, quelle était la langue maternelle et de tous les jours de Richard Coeur de Lion ? Pas l'anglais qu'il ne connaissait pas du tout, ni le français qu'il connaissait...

Ecrasons l'infâme !

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20 Mar 2013 22:23 #4691 par Frist
Réponse de Frist sur le sujet L'anglais à l'université
À propos de la disparition de la langue française, ce mercredi 20 mars est la journée de la francophonie est l'occasion de faire le point sur l'utilisation de notre langue.

Par exemple, je viens d'entendre que le français au Kenya, pays anglophone, a de plus en plus de succès, vu les partenaires commerciaux de ce pays qui sont bien plus francophones qu'anglophones.

On aime bien regarder tous les points noirs...

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20 Mar 2013 23:00 #4695 par archeboc
Réponse de archeboc sur le sujet L'anglais à l'université

DM dit: @Frist: Je ne savais pas qu'il était possible d'échouer dans une école d'ingénieurs juste pour l'anglais ; êtes-vous sûr que cela ne découlait pas d'une faiblesse générale (ras la moyenne) couplée à une grande médiocrité en anglais ?


Je confirme. Rien d'irréparable pour le moment, l'ex étudiant peut encore nous fournir un Toeic dans les clous. Mais si il ne le fournit pas, il n'aura pas son diplôme. Il n'a plus que cela à valider.

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21 Mar 2013 00:51 #4700 par Typhon
Réponse de Typhon sur le sujet L'anglais à l'université

Frist dit: À propos de la disparition de la langue française, ce mercredi 20 mars est la journée de la francophonie est l'occasion de faire le point sur l'utilisation de notre langue.

Par exemple, je viens d'entendre que le français au Kenya, pays anglophone, a de plus en plus de succès, vu les partenaires commerciaux de ce pays qui sont bien plus francophones qu'anglophones.

On aime bien regarder tous les points noirs...


Raciste ! :p

Oui, il paraît que le français progresse en Afrique (les pays francophones sont même membres de la francophonie), il y a aussi eu une tentative (infructueuse) de faire du français une langue officielle du Nigéria.

Typhon

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21 Mar 2013 09:10 #4701 par DM
Réponse de DM sur le sujet L'anglais à l'université
@Frist: Là encore, je pense qu'il faut distinguer au sein de la catégorie « écoles d'ingénieurs », qui est très vaste : il y a un monde entre, disons, Polytech'Lille et Polytechnique (ceci n'est pas une insulte envers Polytech'Lille, juste un constat basé sur des témoignages d'enseignants). Là encore, c'est l'approche « taille unique » (anglais imposé à tous, comme dans d'autres cas français imposé à tous) qui peut pécher.

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26 Mar 2013 12:45 #4817 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet L'anglais à l'université
Pour faire écho à une des remarques de DM sur ce fil, cet article de "VousNousIls" : "Etudiants étrangers : des mesures pour faciliter l'obtention des titres de séjour en préparation" (26/03/13)

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25 Avr 2013 17:56 #5387 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet L'anglais à l'université
ET tribune de Claude Hagège dans "Le Monde" du 25/04/13 : "Refusons le sabordage du français" .



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28 Avr 2013 09:11 #5439 par DM
Réponse de DM sur le sujet L'anglais à l'université
Il y a par ailleurs une discussion chez Rachel

http://rachelgliese.wordpress.com/2013/ ... -relancee/

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02 Mai 2013 16:51 #5625 par Loys

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02 Mai 2013 17:03 #5626 par DM
Réponse de DM sur le sujet L'anglais à l'université
Comme souvent, ces articles omettent un pan important du problème: la possibilité de soutenir des thèses en anglais. :-)
Par ailleurs, avec tout le respect que je dois à Claude Hagège, celui-ci n'est peut-être pas le mieux placé pour connaître les problèmes de recrutement d'étudiants de troisième cycle dans certaines disciplines scientifiques et les solutions à leur apporter.

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03 Mai 2013 02:36 #5628 par N°6
Réponse de N°6 sur le sujet L'anglais à l'université
Ha, les braves gens! Le général Hagège chargeant les Panzers sabre au clair, que c'est beau ! "Nous sommes en guerre" nous susurre t'il.
Réveille toi, Claude: le guerre est finie, et nous avons perdu.
Comme nombre de lettrés hexagonaux, il vit dans l'illusion de la Grâââââândeur, de l'hûûûûûûniversâââââlité de notre idiome.
Manque de pot, Claude, notre langue n'est parlé que par des pays pauvres (je sais, il ne faut pas le dire, la réalité, c'est mal). Des Pays dont la contribution aux progrès scientifique et technique (le mal incarné, d'après ces mêmes lettrés) est négligeable.
Personne ne songe à bannir les cours en Français, mais à permettre d'enseigner en Anglais (encore que je doute fortement de l'utilité de la chose). Cela se fait dès le collège, dans ce que l'on appelle pudiquement des "classes européennes", une façon détournée d'avoir les classes de niveau que la démago actuelle a interdit.
Grace à l'anglais, tout scientifique a accès à tous les travaux, sur toute la planète. Instantanément, et à un coût des plus modique. Toute publication est lisible. Le latin joua ce rôle à l'époque de l'obscurantisme chrétien triomphant. A présent c'est L'anglais. Sic transit...
Pauvre Claude, il ignore encore que le Français s'est sabordé de lui même en 1870, en 1914 et en 1939.
La république française n'avait pas besoin de savants.
Les savants n'ont pas besoin du français de la république.
Je m'en amuse d'autant plus que j'appartiens à un pays dont la culture, la langue et les lois ont été détruites par les barons Français au service de l'obscurantisme Chrétien (pléonasme) voici plus de huit siècles.

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03 Mai 2013 07:14 #5630 par archeboc
Réponse de archeboc sur le sujet L'anglais à l'université

N°6 dit: Comme nombre de lettrés hexagonaux, il vit dans l'illusion de la Grâââââândeur, de l'hûûûûûûniversâââââlité de notre idiome.


Il y a aujourd'hui des écrivains qui choisissent d'écrire dans notre langue à la place de leur langue maternelle. C'est donc qu'elle doit avoir quelque chose de spécial, qui touche au delà de nos frontières. On peut appeler cela l'universalité.

N°6 dit: Je m'en amuse d'autant plus que j'appartiens à un pays dont la culture, la langue et les lois ont été détruites par les barons Français au service de l'obscurantisme Chrétien (pléonasme) voici plus de huit siècles.


C'est une appartenance qui sert à quoi ? A s'amuser ? Schadenfreude.

Ou bien : "le bateau coule, imaginons que nous en avons un autre" ?

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03 Mai 2013 08:09 #5631 par DM
Réponse de DM sur le sujet L'anglais à l'université
Il n'est pas faux, en effet, que cette vaste francophonie dont on se gargarise comprend pour la majeure partie des pays pauvres (je ne les en blâme pas ; je constate), qui n'ont pas les moyens d'entretenir un système d'enseignement supérieur et de recherche convenable, dont les contributions scientifiques et techniques sont donc négligeables et qui ne sauraient servir de réservoir de main d'œuvre scientifique.

À l'inverse, le monde anglophone comprend l'Inde (du moins, la fraction de l'Inde la plus riche), qui produit de grandes quantités d'ingénieurs. Les grandes universités américaines attirent les meilleurs. Je ne sais pas s'il est réaliste de prétendre dévier une partie du flux chez nous.

Vous me direz, pourquoi ne pas recruter français?

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03 Mai 2013 11:00 #5633 par Typhon
Réponse de Typhon sur le sujet L'anglais à l'université

archeboc dit:

N°6 dit: Comme nombre de lettrés hexagonaux, il vit dans l'illusion de la Grâââââândeur, de l'hûûûûûûniversâââââlité de notre idiome.


Il y a aujourd'hui des écrivains qui choisissent d'écrire dans notre langue à la place de leur langue maternelle.


Vous savez, les écrivains, ce sont des gens étranges qui font des choix fantaisistes, auxquels il n'y a pas forcément de raison très logique. Parfois, un écrivain choisit d'écrire dans une langue qu'il vient à peine d'apprendre, par pur plaisir masochiste. Mais souvent, il essaie d'écrire dans la langue du public qu'il vise (Kundera écrit directement en français depuis un moment, je crois), et puis c'est tout.

C'est donc qu'elle doit avoir quelque chose de spécial, qui touche au delà de nos frontières. On peut appeler cela l'universalité.


Il n'y a pas de langue plus spéciale que d'autre.

N°6 dit: Je m'en amuse d'autant plus que j'appartiens à un pays dont la culture, la langue et les lois ont été détruites par les barons Français au service de l'obscurantisme Chrétien (pléonasme) voici plus de huit siècles.

C'est une appartenance qui sert à quoi ? A s'amuser ? Schadenfreude.
Ou bien : "le bateau coule, imaginons que nous en avons un autre" ?


Exactement. Une appartenance imaginaire à un "pays" fantasmé et anachronique, loin de toute réalité historique.

DM dit: Vous me direz, pourquoi ne pas recruter français?


Parce que nous sommes nous-mêmes un pays pauvre qui n'a pas les moyens d'entretenir un système d'enseignement supérieur et de recherche convenable ? Ou du moins, nous y allons tout droit.

Est-ce que vous savez s'il y a beaucoup de chercheurs québécois qui quittent leur belle province pour venir en France ?

Typhon

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