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29 Aoû 2012 19:22
"Numérique : Peillon annonce soutien scolaire en ligne et plate-forme d’échanges de produits éducatifs" (Café pédagogique) a été créé par Loys

"Numérique : Peillon annonce soutien scolaire en ligne et plate-forme d’échanges de produits éducatifs" (Café pédagogique)

Catégorie : Le pilotage de l'école numérique

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29 Aoû 2012 21:27
Réponse de Loys sur le sujet "Numérique : Peillon annonce soutien scolaire en ligne et plate-forme d’échanges de produits éducatifs" (Café pédagogique)

"Numérique : Peillon annonce soutien scolaire en ligne et plate-forme d’échanges de produits éducatifs" (Café pédagogique)

Catégorie : Le pilotage de l'école numérique

Quelques commentaires.

« On ne peut pas refonder l’École de la République et faire la République du 21ème siècle si nous ne prenons pas en compte pleinement, volontairement, efficacement la dimension nouvelle introduite par le numérique dans notre culture et dans notre civilisation ».

Difficile de ne pas être d'accord. Encore faut-il s'entendre sur ce que veut dire "prendre en compte". Car à l'évidence, pour mener à bien certaines de leurs missions, les professeurs sont amenés à prendre en compte le numérique, mais pas nécessairement d'une manière positive. :mrgreen:

Dans un discours diffusé le 28 août dans le cadre de Ludovia, un rendez-vous important des acteurs du numérique...

Qu'est-ce que "les acteurs du numérique" ? Des gens dévoués à la cause de l’Éducation nationale ou des entreprises commerciales qui spéculent sur les futurs profits qui seront générés par l'école numérique ? Il faut se rappeler ce qu'est Ludovia.

...le ministre de l’éducation nationale a levé une partie du voile sur ses projets en matière de e-education. Au menu de la formation pour les enseignants mais aussi du soutien scolaire en ligne et une plate-forme d’échanges de productions pédagogiques.

Devant les directeurs de CRDP, les inspecteurs, les enseignants et les représentants des entreprises du numérique éducatif, Vincent Peillon a rappelé fermement son engagement en faveur du numérique mais décrit un plan plus modeste que le programme ambitieux envisagé en mars 2012.

« Il appartient à l’école de se saisir pleinement de cette révolution, dont je considère qu’elle est aussi importante que la révolution du livre ou la révolution industrielle…

Sans doute, mais encore faut-il que cette révolution ne soit pas subie, mais critique et réfléchie. Car toute révolution n'est pas nécessairement un progrès.

Notre École n’est plus définie uniquement par l’enceinte matérielle qui est la sienne », a expliqué le ministre faisant allusion aux ENT (espaces numériques de travail).

Les enceintes ont parfois une raison d'être.

Formation et maintenance

Certains aspects du programme sont sans surprise. Ainsi quand le ministre évoque les investissements et la maintenance du matériel. « L’acte III de la décentralisation permettra de mieux articuler l’action des collectivités locales, qui est éminente et tout à fait essentielle, et celle de l’Etat, qui parfois pêche », a promis V. Peillon. On sait qu’il rejoint sur ce point la volonté des collectivités locales de se voir attribuer la maintenance du matériel.

Les collectivités locales semblent bien plus réticentes devant la gabegie déjà occasionnée et celle à venir.

Un autre point concerne la formation des enseignants. « Nous inclurons dans la formation des enseignants, à travers les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation, une formation substantielle à l’usage pédagogique du numérique et de l’internet, qui fait souvent défaut aujourd’hui ».

N'est-il pas curieux qu'un simple outil fasse en lui-même l'objet d'une formation, comme pour un contenu disciplinaire ou pédagogique ? :shock:

De nouveaux services

V. Peillon a apporté quelques précisions à l’offre de services. « Nous portons le grand projet de faire naître, à côté des initiatives du secteur privé – elles sont déjà nombreuses – une nouvelle offre de services publics numériques éducatifs, qui soit une composante à part entière du service public d’enseignement et puisse bénéficier aux élèves. Je pense, notamment – on en parle assez – à un service public de soutien scolaire en ligne.

Sous quelle forme concrète ? :scr

Je pense aussi que le Ministère de l’éducation nationale doit mettre à la disposition des enseignants des services, une plateforme qui leur permettront d’échanger et de mutualiser beaucoup plus aisément qu’aujourd’hui leurs productions, leurs innovations pédagogiques.

Quitte à mutualiser à tout prix, pourquoi ne pas mutualiser ce qui est efficace plutôt que ce qui est "innovant" ?

On doit aussi être capable d’organiser et de distribuer aux élèves et aux enseignants les productions pédagogiques qui émanent du service public, comme nous devons être capables de mettre en ligne les sujets et les corrigés des examens et des concours. »

Chose qui aurait pu et dû être faite depuis longtemps... :roll:

Des propositions en retrait par rapport à celles du candidat Hollande

Vincent Peillon avait eu d’autres occasions d’évoquer ses ambitions numériques. Le 26 juin à Asnières, à propos de sa Lettre de rentrée, le ministre évoquait déjà la formation des enseignants. Mais c’est surtout le 30 mars que Vicent Peillon avait détaillé « un grand plan «e-education », alors qu’il était le responsable éducation du candidat François Hollande. « Nous devons changer d’échelle », promettait le futur ministre en annonçant un plan en 5 points. On y trouvait déjà la formation des enseignants et la « plate forme unique, gratuite, publique, centralisant les produits pédagogiques ». Déjà il se murmurait qu’elle pourrait être confiée au CNDP ou au CNED ou aux deux…

Vincent Peillon avait ajouté qu’il s’investirait dans l’équipement des écoles primaires. Non seulement le taux d’équipement des écoles est très bas mais il y a de grandes inégalités entre communes malgré le succès du plan Ecole Numérique Rurale (ENR) lancé par Xavier Darcos.

Il faudrait savoir. Succès du plan ou inégalités ?

Retenons surtout que l'ambition pour le numérique est essentiellement matérielle et quantitative.

Le ministre n’a pas annoncé de plan ENR Bis. Tout au plus a-t-il dit qu’il « faut poursuivre et sans doute intensifier, dans un souci, aussi, de justice territoriale et de cohésion, l’équipement des établissements scolaires ».

C'est que l'école numérique coûte cher, très cher. Pour des résultats qui ne sont aucunement prouvés. En ces temps de crise il est bon de réfléchir à deux fois à la dépense.

V. Peillon avait aussi promis l’initiation de tous les élèves au clavier et une option numérique dans toutes les terminales générales et technologiques.

L’Ecole a connu ces dernières années une succession de « plans numériques » sans grands résultats à l’exception du plan ENR. A la différence de ses prédécesseurs, Vincent Peillon est réellement intéressé au développement du numérique éducatif. C’est un thème qu’il aborde fréquemment et spontanément dans les échanges avec la presse. Le discours de Ludovia lève trop partiellement le voile sur ses projets. Nous aurons sans doute d’autres surprises…

Un éditorial un brin critique : le Ministre n'est pas assez numérique aux yeux du Café Pédagogique et de François Jarraud, dont on sait à quel point il promeut activement l'école numérique. Mais heureusement la conclusion se veut bienveillante et flatteuse.
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01 Sep 2012 10:06
"ENT, de l’appréhension technologique au plaisir d’une pédagogie renouvelée" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"ENT, de l’appréhension technologique au plaisir d’une pédagogie renouvelée" (Café Pédagogique)

Catégorie : Les espaces numériques de travail (ENT)

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01 Sep 2012 11:47
Réponse de Loys sur le sujet "ENT, de l’appréhension technologique au plaisir d’une pédagogie renouvelée" (Café Pédagogique)

"ENT, de l’appréhension technologique au plaisir d’une pédagogie renouvelée" (Café Pédagogique)

Catégorie : Les espaces numériques de travail (ENT)

Un article qui mérite quelques commentaires. :twisted:

Le plaisir d’apprendre avec le numérique est aujourd’hui associé aux tablettes et aux jeux sérieux. Et associer plaisir et ENT semble pour le moins surprenant.

Effectivement. :mrgreen:

Pourquoi cet a priori ? Sans doute parce que l’ENT est la représentation virtuelle de l’école (du collège, du lycée), et, pour le moment, de ses plus mauvais côtés : les notes et les devoirs.

Voilà un article qui commence bien. Le travail des élèves et ses évaluations régulières sont des aspects négatifs de l'enseignement.

Du côté des enseignants, on admet que les ENT et autres plateformes d’enseignement à distance offrent des fonctionnalités, des possibilités complémentaires, mais aussi des contraintes. On leur reproche d’être un outil imposé qui orienterait les choix pédagogiques.

On pourrait faire beaucoup d'autre reproches que la simple atteinte à la liberté pédagogique : confusion des temps et des espaces privés et professionnels, confidentialité des données, risque de surveillance, question de la propriété intellectuelle, inadaptation aux besoins scolaires, manque d'ergonomie et dysfonctionnements réguliers, manque d'efficacité pédagogique, insuffisance pour la plupart des exercices scolaires, absence de contrôle d'identité, non-interopérabilité des différents ENT, coût de leur déploiement et de leur maintenance, etc.

Que fait-on/que devrait-on faire sur un ENT ?

L’observatoire TICE académique mène des évaluations annuelles des utilisations de l’ENT dans l’académie de Toulouse, où, nous rappelle Anne-Marie Gros, il est aujourd’hui généralisé. Il y a eu cette année 11500 répondants en ligne.

L’entrée se fait les services obligatoires de vie scolaire: les absences et les notes (chaque salle est équipée d’un poste informatique). Souvent ces services préexistaient et ont juste été intégrés à l’ENT. Depuis la dernière rentrée, il y a eu une Incitation forte à remplir le cahier de texte numérique (30% des utilisations en 2012).

"Incitation forte" ? C'est-à-dire qu'il s'agit d'une obligation. :xx

Source : http://eduscol.education.fr/cid57149/ca ... -2011.html

Il arrive en second avec la saisie des notes dans les fréquences d’utilisation, derrière la messagerie. Le cahier de texte est utilisé essentiellement de façon réglementaire, en consignant le travail réalisé et à envisager (les devoirs), il contient parfois des liens vers des contenus de cours et des ressources. Les enseignants commencent à recueillir des devoirs en ligne, ce qui leur permet une aide individuelle aux élèves par la connaissance de l’organisation de leur travail (devoirs rendus au dernier moment, non fait avec besoin de relance par exemple).

Une nouveauté révolutionnaire ! Jamais un professeur n'avait jusqu'ici connaissance de l'organisation du travail de ses élèves...

Quant à l'aide individuelle par messagerie en ligne...

Récemment, on a noté une utilisation du forum, par exemple pour avoir une représentation des connaissances des élèves en amont sur un thème donné. Un des avantages reconnus de l’outil est le portail d’authentification unique pour accéder à plusieurs services. Les possibilités de travail collaboratif et l’exploitation des ressources proposées en sont à leurs débuts.

Par travail collaboratif il faut donc comprendre le renoncement au travail individuel.

La FCPE, représentée ici par Patrick Palisson, déclare que la question du numérique à l’école occupe le centre des préoccupations des parents d’élèves, comme en témoigne le dernier numéro de leur lettre en ligne. Et en premier lieu, il s’agit bien de comprendre en quoi il va permettre la réussite de tous les élèves et leur bien-être à l’école. Les parents font confiance aux acteurs concernés pour le choix et le financement des équipements, à condition que l’école soit toujours gratuite et égalitaire.

Gratuite pour les parents, c'est bien. Malheureusement l'école numérique coûte très cher.

Patrick Palisson insiste sur la nécessaire formation des enseignants qui doivent être en mesure d’utiliser ces technologies. Qu’attendent les parents de l’ENT ? Certainement pas la possibilité de regarder les notes de leurs enfants « par-dessus leur épaule », ni une communication à distance qui les éloignerait physiquement des établissements, ni la preuve que le prof a effectivement assuré son cours puisqu’il en a laissé une trace.

Toutes choses qui ne sont guère réjouissantes, en effet.

Par contre, il est fort souhaitable que les enseignants s’en servent pour élargir leur palette pédagogique, pour instaurer le travail coopératif entre élèves, entre élèves et profs, et entre profs.

Avec les réseaux sociaux, les professeurs et les élèves n'ont pas attendu les ENT pour échanger entre eux. Les ENT ne pourront jamais concurrencer notamment les réseaux que les élèves se sont choisis.

Que les élèves aient accès à des ressources audiovisuelles et modernes.

Ils y ont accès sans ENT.

L’ENT s’avère un outil incontournable dans le cadre de l’enseignement à distance, pour Jean-Michel Leclerc, directeur du CNED.

Sans doute. Mais l'enseignement à distance est-il le modèle sur lequel il faut calquer l'ensemble de l'école ?

L’organisme a créé un ENT pour les enseignements dispensés de la grande section de maternelle au master 2. Les services en place regroupés sur la plate-forme vont du recueil des copies en ligne aux forums et au tutorat, en passant par l’accès aux très nombreuses ressources numériques, notamment pour les formations en langues. Une sérieuse politique de transformation numérique est en cours, consistant à revoir l’ensemble de la production des contenus et leur mise à disposition d’ici 2013.

Si le CNED le fait, pourquoi l'école ne le fait-elle pas ?

Pour Jean Vanderspelen, consultant pour ITG, qui s’occupe essentiellement de formation pour adultes, les plateformes de téléformation induisent des changements dans les temps d’apprentissage : il n’y a plus un lieu unique pour apprendre, mais des moments, où que l’on se trouve physiquement, le temps l’emporte sur l’espace, et les modes d’apprentissage : on n’apprend plus seul, les espaces virtuels facilitent les interactions entre tous.

A supposer que ce soit vrai, ce qui s'applique à des adultes s'applique-t-il toujours à des élèves ? Peut-on comparer un enfant qui va à l'école et un adulte qui veut se former ? :roll:

De même, l’importance n’est plus donnée aux contenus, mais aux activités collaboratives.

Autrement, peu importe les acquisitions, seule compte la collaboration.

On alterne les temps d’apprentissage, de production, d’interaction et on gagne en degré de liberté dans l’autorégulation des parcours.

Allez appliquer "l'autorégulation" à des élèves de primaire ou du secondaire...

Les mots-clés des formations ouvertes et à distance (FOAD) sont aujourd’hui : Informer, encourager, rassurer, inciter à prendre des initiatives. Ces nouvelles approches favorisent le plaisir à s’engager et à interagir. Le challenge pour les formateurs consiste à former les gens à se former tout au long de la vie, et non à leur délivrer des savoirs.

Donc, si les élèves sont formés à se former, ils n'ont rapidement plus besoin de l'école ? :mrgreen:

Quand on parle maintenant d’enseignement à distance, il s’agit plutôt d’une distance pédagogique et culturelle que d’une distance kilométrique ! Il faut trouver un équilibre entre individualisation des apprentissages et collaboration, entre approches individuelles et collectives. « Apprendre à collaborer et collaborer pour apprendre », en conclusion.

Lever les appréhensions pour en arriver au plaisir

Car n'oublions pas que procurer du plaisir est la mission principale de l'école. :twisted:

Nous entrons dans le concret avec l’intervention de Pascal Faure, conseiller TICE dans l’académie de Nancy-Metz. Depuis 10 ans, il observe l’attitude des enseignants face à l’entrée du numérique à l’école, et en particulier aujourd’hui face à l’ENT.

Les premières inquiétudes exprimées sont : « ça ne marche jamais ».

Il ne s'agit pas d'inquiétude, mais de constat.

Il y a un doute sur la fiabilité de l’outil, « ça prend du temps » et « je ne veux pas mettre mes cours sur Internet », ce qui dénote une mauvaise compréhension du fonctionnement du système.

Ou une trop bonne compréhension.

Le deuxième pas consiste à s’identifier sur le système, et à éprouver des réticences face à la richesse des possibilités : il y en a trop, je ne vais pas tout utiliser ! Donc, il faut identifier ses besoins.

On ne voit pas trop en quoi ne pas utiliser toutes les possibilités est une réticence. :scr

Ensuite, on a peur d’y passer tout son temps : je ne vais pas travailler tout le temps !

Pas de réponse à ce sujet ?

Et enfin, on ne sait pas trop à qui s’adressent les données, on a peur que tout soit vu par tous.

Pas non plus de réponse à ce sujet ?

Mais dès ce stade, l’outil fort critiqué est déjà devenu indispensable : si, si, je le garde, il y a beaucoup de documents, ça apporte quelque chose !

Ah... on est rassurés.

Vient ensuite l’étape de l’appropriation des usages courants, et des besoins apparaissent : je veux plus de possibilités, je voudrais que ça marche différemment, et je le veux tout de suite. On se rend compte que c’est un outil collectif, ce qui entraîne une insatisfaction sur des besoins individuels et une contrainte venant de la non individualisation de l’ENT.

Eh oui... Où l'on s'aperçoit qu'un outil qui n'est pas conçu par et pour des enseignants est d'un intérêt plus que limité. Et que l'ENT est une atteinte au travail individuel en général et à la liberté pédagogique.

Enfin, vient la « zénitude » : on ne parle plus de l’ENT, on l’utilise.

Mireille Bellais, IEN à Marseille, s’est emparée du projet ENT pour le primaire en 2010, avec enthousiasme et succès, puisque 50 écoles ont rejoint le dispositif. Cet ENT et parti de la définition des besoins dans un comité de pilotage élargi aux utilisateurs. Le secret du succès a été d’une part la simplicité d’utilisation de l’interface choisie, d’autre part le libre choix d’utilisation, loin de toute contrainte hiérarchique.

C'est-à-dire le contraire de l'utilisation imposée aujourd'hui... :twisted:

Un accompagnement sur le terrain par les formateurs TICE et une présence impliquée des cadres a permis de lever les appréhensions.

Jean-Pierre Rouby IEN dans l’académie de Nice nous parle aussi de l’expérimentation du pilotage de l’ENT premier degré dans sa circonscription. Une solution ITOP adaptée au 1er degré a permis aux ENT des écoles de se regrouper sur l’ENT de circonscription. Cette harmonisation a eu un effet de stimulation sur les utilisations et les participations à des espaces collaboratifs.

Nous parlons d'un (très cher) produit iTop ici : www.laviemoderne.net/forum/viewtopic.php?f=12&t=233&p=1002

André Tricot, professeur d'université en psychologie à l'IUFM Midi-Pyrénées, souligne que les tâches essentielles des enseignants et des élèves sont d’enseigner pour les premiers, d’apprendre pour les seconds, et que la question de l’utilisation de l’outil ENT est périphérique. Ceci posé, les conséquences de l’utilisation d’un outil a toujours eu des répercussions importantes sur ces actes fondamentaux (qu’il s’agisse du stylo, de la photocopieuse, ou du numérique). Il nous met aussi en garde contre de trop grandes espérances : l’arrivée de la télévision à l’école n’a pas non plus tenu ses promesses en son temps.

Que de sagesse ici !

L’observation des pratiques des étudiants montre qu’ils vont plutôt sur l’ENT « au cas où » ils y trouveraient quelque chose, plutôt qu’avec un but précis. Quant aux enseignants, ils ne comprennent pas pourquoi il faut aller faire précisément sur l’ENT ce qu’ils peuvent faire (et font souvent depuis longtemps) ailleurs, en utilisant d’autres logiciels adaptés à chaque tâche.

On peut même dire plus adaptés. Car un logiciel en ligne est d'une grande médiocrité par rapport à un logiciel local.

L’ENT rassemble en une interface de multiples fonctions, ce qui est le propre des outils les moins utilisables, l’idéal étant d’associer un seul outil à une seule fonction. Si l’outil propose 1000 fonctions, chaque usager n’en utilisera de toute façon que 5.

C'est peut-être aussi lié à la médiocrité de ce millier d'outils...

3. Les usagers et le plaisir d’apprendre

Anne-Marie Gros nous dit que les enquêtes auprès des élèves révèlent qu’ils sont satisfaits de trouver sur l’ENT les documents du cours, de pouvoir rattraper les cours et les exercices s’ils ont été absents...

Ce qui était rigoureusement impossible avant. Des camarades qui prennent les cours et les devoirs pour un absent, c'est beaucoup trop humain comme démarche.

Au passage, on note qu'il est donc bien question de mettre les cours en ligne.

...disent que ça les rend plus autonomes et favorise le travail de groupes.

Et à part des déclarations d'élèves bien vagues, dispose-t-on d'études scientifiques prouvant l'apport pédagogiques de ces supports coûteux que l'on déploie à grande vitesse ?

La satisfaction des enseignants s’articule par ordre de préférence autour de l’accès aux ressources documentaires sans s’authentifier chaque fois, au travail entre collègues facilité, à la valorisation et la lisibilité du travail au sein de l’établissement et à l’extérieur. Le lien avec les parents est également favorisé.

"faciliter", "valoriser", "rendre lisible", "favoriser" : autant d'apports, si l'on considère qu'il s'agit bien d'apports, qui ne sont donc que secondaires... Un professeur qui voit ses collègues et reçoit les parents régulièrement fait aussi bien son travail, voire mieux.

L’ENT, malgré ses défauts, est plébiscité par les utilisateurs.

Sur quelle base statistique, cette affirmation ?

Les parents de la FCPE s’interrogent : en quoi et comment les effets dans l’école de la troisième révolution industrielle...

"industrielle" ? :shock:

..apportent-ils une dimension démocratique et républicaine ?

La question n'est pas du tout orientée.

Les priorités attendues de l’école qu’elle apprenne aux élèves à se servir de l’ordinateur et d’Internet, à en maîtriser les usages, qu’il y ait une véritable éducation à l’image et à la communication ; que l’école permette à tous d’accéder à des ressources documentaires pour grandir, s’émanciper, s’autonomiser.

Les élèves n'attendent pas les ENT pour se servir de l'ordinateur et d'internet ou accéder à des ressources documentaires. Il y a de grandes chances pour qu'ils n'aient pour ces "machins" administratifs d'un autre âge que peu d'intérêt.

Quant aux parents, ceux qui sont connectés apprécient de recevoir des infos (enfin !) sur l’école et sur leur enfant.

Car il est aujourd'hui inacceptable d'être déconnecté de ses enfants pendant la journée.

Pour les usagers du CNED, la satisfaction est évidemment à son comble, puisque l’ENT leur permet de se sentir appartenir à une communauté d’acteurs. Ici, ce n’est pas la continuité de l’établissement, c’est l’établissement lui-même qui devient accessible. Parmi les usages plébiscités, ce sont les forums entre étudiants, particulièrement et paradoxalement pour les prépas concours, suivent les échanges avec les parents pour le suivi de la scolarité, les échanges dans la communauté enseignante, puis l’utilisation des outils au service des communautés.

Ce qui est certainement valable pour le CNED ne l'est pas pour l'école. Cette référence récurrente est consternante.

Comme on s’en doutait, il est difficile de parler de plaisir à propos de l’utilisation de cet outil...

On l'aurait presque oublié, le plaisir du titre...

...alors que le colloque scientifique...

Ludovia est un "colloque scientifique" ? :lol:

... nous confirme qu’il peut y avoir une vraie sensation de plaisir à manipuler les outils nomades comme le téléphone (vrai doudou), les tablettes tactiles (plaisir sensori-moteur), et un vrai abandon dans un plaisir intense à jouer en ligne (flow). Ici, dans un cadre contraint, constater une certaine satisfaction des utilisateurs est déjà très positif.

:o

Nous aurions dû commencer par la fin...
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10 Sep 2012 11:51
"J’ai visité la salle de classe du futur" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"J’ai visité la salle de classe du futur" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire sur le "Café Pédagogique", cet expresso de Jean-Michel Le Baut du 10/09/12 : "J’ai visité la salle de classe du futur" .

J’ai visité la salle de classe du futur

Et si, à l’ère du numérique, le débat sur l’éducation devait s’intéresser autant à l’espace (la nécessaire reconfiguration des salles de cours et des établissements) qu’au temps (la question, récurrente, des rythmes scolaires) ? Visiter, dans les bureaux d’European Schoolnet situés au centre de Bruxelles, le « Laboratoire de la Classe du Futur » est une expérience passionnante, presque grisante. Non parce qu’il s’agirait d’un voyage, extatique, dans l’avenir (nulle science-fiction ici, nulle machine d’anticipation), mais bien parce qu’il s’agit d’un voyage, instructif, dans les apprentissages (les outils et objets présentés existent déjà, il s’agit d’inventer les modes de travail qui vont avec). Non parce que le lieu met au centre la technologie (contrairement à certains salons, où les entreprises innovantes du secteur viennent exposer et vendre leurs nouveautés), mais bien parce qu’il est organisé autour de la pédagogie (la pièce, unique, est structurée en plusieurs espaces : « Rechercher », « Créer », « Echanger », « Présenter », « Interagir », « Développer »).

Ce laboratoire européen de l’éducation du XXIèle siècle montre concrètement et clairement combien la révolution en cours, simultanément technologique et pédagogique, soulève des questions architecturales. Via leur quotidien numérique, les élèves inventent aujourd’hui de nouveaux rapports aux savoirs, aux autres, à eux-mêmes … Dans ces conditions, c’est se condamner à l’échec et les condamner à l’ennui que de les obliger, comme cela se fait si souvent encore, à rester passivement assis sur des chaises à écouter le professeur (fût-il charismatique) et regarder le tableau (fût-il numérique). Dans ces conditions, c’est aussi rester en-deçà des enjeux que d’entasser une quinzaine d’ordinateurs dans une salle de l’établissement (dite « informatique » ou « multimédia ») que quelques enseignants se disputeront pour de rares séances de travail hebdomadaires. Dans un récent article, André Roux rêve la classe idéale comme « un aménagement qui faciliterait l’échange, la rencontre, qui permettrait de débattre, de comparer, d’argumenter. C’est un environnement modulaire qui serait conçu pour une reconfiguration instantanée de l’espace de travail. C’est aussi un lieu où il serait possible d’utiliser les technologies sans problème, qui offrirait un accès Internet sans fil rapide et performant, et où l’on encouragerait les élèves à apporter leur propre appareil mobile. » Le numérique nous oblige à modifier l’architecture des lieux et des apprentissages pour favoriser l’horizontalité et l’ouverture. C’est ainsi toute la grammaire de l’enseignement qui grâce à lui doit et peut être repensée : faire de l’élève un vrai sujet dans sa formation, mettre au centre les verbes plus que les noms (comme le rappelait Mark Presky et comme le montre la structure du « Future Classroom Lab »), considérer qu’un complément de moyen (par exemple un ordinateur, une tablette, un enregistreur MP3 …) est aussi un complément de manière (une autre façon d’apprendre) et un complément de lieu (une situation, dans la classe et dans le monde), se souvenir qu’un complément d’attribution est aussi un complément de but (il faut donner aux apprentissages un destinataire et un sens)…

Le « Laboratoire de la Classe du Futur » invite aussi chaque enseignant à se demander quels usages dans sa matière il pourrait faire des différents outils mis à sa disposition. Le lieu interpelle en particulier le professeur de français, sans doute un peu perdu dans cette civilisation post-Gutenberg : il devient ici encore plus clair qu’il ne faut plus enfermer la littérature dans les livres, qu’elle doit cesser d’être un objet d’étude pour devenir une pratique, que le numérique permet de développer des compétences linguistiques et culturelles pour peu qu’on mette en place des pédagogies actives, créatives, collaboratives. Ce qui est en cause d’ailleurs, ce n’est pas simplement le mode d’appropriation des savoirs : les savoirs eux-mêmes sont transformés et la littérature n’y échappe pas. On citera, parce qu’elles peuvent parler aux professeurs autant qu’aux auteurs, les stimulantes réflexions de Laurent Margantin sur l’écriture-web. Le texte, souligne-t-il, est métamorphosé notamment par la possibilité d’y inclure par exemple des liens (« dans la page même de l’écriture personnelle, liens qui sont un moyen de connecter sa propre pratique à celle d’autres auteurs, et même un signe que, malgré la solitude de celui qui écrit, l’amitié joue très souvent un rôle dans l’activité littéraire. ») et des images (« dans l’écriture-web, l’usage de la photographie est quasi naturel. La photo n’est pas une illustration du texte, elle est en vérité à l’origine de celui-ci. Elle relie l’écriture au réel (qui peut prendre une dimension fantastique), elle dévoile une profondeur de champ que l’auteur rêve d’atteindre également par le langage »).

Et si, à l’ère du numérique, par delà la profondeur de temps (la connaissance du passé), l’enjeu, la chance à saisir même, était pour le pédagogue d’offrir aussi aux élèves ce que Laurent Margantin envisage comme une spécificité de l’écriture-web : « un approfondissement de l’espace » ?

Jean-Michel Le Baut

  • Loys
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10 Sep 2012 11:54
Réponse de Loys sur le sujet "J’ai visité la salle de classe du futur" (Le Café Pédagogique)

"J’ai visité la salle de classe du futur" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Ma phrase favorite est cette parenthèse incidente qui en dit pourtant si long :

les outils et objets présentés existent déjà, il s’agit d’inventer les modes de travail qui vont avec.

Quel extraordinaire outil que celui qui a été inventé avant même son usage ou sa nécessité ! :mrgreen:

Cette autre phrase le confirme naïvement ]Le « Laboratoire de la Classe du Futur » invite aussi chaque enseignant à se demander quels usages dans sa matière il pourrait faire des différents outils mis à sa disposition.[/quote]
Il faut donc trouver un usage à l'outil... :scr

Où l'on voit - pour la énième fois - qu'avec les TICE l'outil prime sur l'enseignement. Voilà un bel exemple de fascination béate pour le numérique.

Dans ces conditions, c’est aussi rester en-deçà des enjeux que d’entasser une quinzaine d’ordinateurs dans une salle de l’établissement (dite « informatique » ou « multimédia ») que quelques enseignants se disputeront pour de rares séances de travail hebdomadaires.

C'était pourtant le crédo numérique d'il y a quelques années. Ça va vite, ces petites révolutions-là. :mrgreen:

C’est ainsi toute la grammaire de l’enseignement qui grâce à lui doit et peut être repensée : faire de l’élève un vrai sujet dans sa formation, mettre au centre les verbes plus que les noms (comme le rappelait Mark Presky et comme le montre la structure du « Future Classroom Lab »), considérer qu’un complément de moyen (par exemple un ordinateur, une tablette, un enregistreur MP3 …) est aussi un complément de manière (une autre façon d’apprendre) et un complément de lieu (une situation, dans la classe et dans le monde), se souvenir qu’un complément d’attribution est aussi un complément de but (il faut donner aux apprentissages un destinataire et un sens)…

Quelle belle métaphore filée : j'en suis tout convaincu !

Le lieu interpelle en particulier le professeur de français, sans doute un peu perdu dans cette civilisation post-Gutenberg : il devient ici encore plus clair qu’il ne faut plus enfermer la littérature dans les livres...

C'est vrai quoi, les vilains livres qu'il faut lire longuement emprisonnent la littérature : libérons-la à coup de Ctrl+F et de liens hypertextes !

...qu’elle doit cesser d’être un objet d’étude pour devenir une pratique...

Pratiquer la littérature ? C'est-à-dire renoncer à lire et étudier les écrivains et devenir écrivain soi-même ? :scr

...que le numérique permet de développer des compétences linguistiques et culturelles pour peu qu’on mette en place des pédagogies actives, créatives, collaboratives.

Sur quelles études est fondé cet enthousiasmant constat ?

On citera, parce qu’elles peuvent parler aux professeurs autant qu’aux auteurs, les stimulantes réflexions de Laurent Margantin sur l’écriture-web. Le texte, souligne-t-il, est métamorphosé notamment par la possibilité d’y inclure par exemple des liens (« dans la page même de l’écriture personnelle, liens qui sont un moyen de connecter sa propre pratique à celle d’autres auteurs, et même un signe que, malgré la solitude de celui qui écrit, l’amitié joue très souvent un rôle dans l’activité littéraire. ») et des images (« dans l’écriture-web, l’usage de la photographie est quasi naturel. La photo n’est pas une illustration du texte, elle est en vérité à l’origine de celui-ci. Elle relie l’écriture au réel (qui peut prendre une dimension fantastique), elle dévoile une profondeur de champ que l’auteur rêve d’atteindre également par le langage »).

Oui enfin tout ça pour dire qu'on peut coller des photos et des liens... :roll:
  • Loys
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03 Oct 2012 07:34
"Les jeux sérieux ont-ils un avenir à l'école ?" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Les jeux sérieux ont-ils un avenir à l'école ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : La ludification

Nouvelle livraison autour du ludo-éducatif aujourd'hui sur le "Café Pédagogique".

1) "Les jeux sérieux ont-ils un avenir à l'école ?"




2) "Des jeux sérieux pour le lycée"





A consulter également, ce dossier : "Enseigner avec le jeu" .
  • Loys
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03 Oct 2012 07:34
Réponse de Loys sur le sujet "Les jeux sérieux ont-ils un avenir à l'école ?" (Café Pédagogique)

"Les jeux sérieux ont-ils un avenir à l'école ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : La ludification

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  • PtitMed
03 Oct 2012 08:20
Réponse de PtitMed sur le sujet "Les jeux sérieux ont-ils un avenir à l'école ?" (Café Pédagogique)

"Les jeux sérieux ont-ils un avenir à l'école ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : La ludification

Ce qui trouble l'analyse c'est que malgré toutes les mises à distances du monde académique, l'univers du jeu qui environne les jeunes prouve qu'ils sont capables de "faire des efforts" de "se concentrer" de "travailler en équipe". Quelle condescendance !
Cela dit, si l'auteur de ce billet craint réellement pour les "efforts" et le "travail en équipe" de ses ouailles (s'il en a), je lui recommanderais vivement une petite visite du côté de leur compte FaceBo*k ou Twit*er !
  • Loys
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10 Oct 2012 23:55
"Royaume-Uni : Comment les conservateurs n'auront pas la peau des TICE " (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Royaume-Uni : Comment les conservateurs n'auront pas la peau des TICE " (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire sur le "Café pédagogique" du 10/10/12 cet article curieux : "Royaume-Uni : Comment les conservateurs n'auront pas la peau des TICE" .



  • Loys
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15 Oct 2012 10:30
"Forum : Les Tice pour la réussite de tous, oui mais à quelles conditions ?" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Forum : Les Tice pour la réussite de tous, oui mais à quelles conditions ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Un énième expresso pro-numérique dans le "Café Pédagogique" du 8/10/12 : "Forum : Les Tice pour la réussite de tous, oui mais à quelles conditions ?"



  • Loys
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15 Oct 2012 10:50
Réponse de Loys sur le sujet "Forum : Les Tice pour la réussite de tous, oui mais à quelles conditions ?" (Café Pédagogique)

"Forum : Les Tice pour la réussite de tous, oui mais à quelles conditions ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Forum : Les Tice pour la réussite de tous, oui mais à quelles conditions ?

Telle la poudre de perlimpinpin dans une formule magique, les Tice sont-elles investies du pouvoir de transformer à elles seules l’enseignement ?

Le discours magique, concernant le numérique, est pourtant celui qu'on entend le plus . Et les voix les plus sceptiques - dont la mienne - sont inaudibles dans l'EN.

L’atelier « les Tice pour la réussite de tous » a rebattu dans ses échanges les cartes du changement, pour en tirer les cartes maitresses, celles qu’il faut redessiner et biseauter.

Titre d'atelier ambigu, qui présuppose que les TICE ou bien peuvent contribuer ou bien peuvent assurer "la réussite de tous". Et qui, en n'évoquant que le numérique institutionnel, oublie - bien entendu, c'est maintenant une habitude - le numérique sauvage, dont les bénéfices sont - eux - plus que douteux.

D’un constat apparemment partagé sur les effets bénéfiques des Tice sur la démocratisation de l’école...

Ces ateliers de la refondation ont donné d'étranges "constats partagés", comme celui sur le socle de compétence... Pour ma part, je considère les TICE comme une des plus entraves à la démocratisation de l'école. :spider:

...naissent des divergences sur les conditions mêmes d’initiation et de diffusion des pratiques. Développer l’usage des Tice nécessite la mise à disposition de matériels. Oui mais comment ? Est-ce uniquement à la collectivité locale de s’en charger ? Doit-elle le faire à partir d’un projet déposé par une équipe, une école ?

Voilà qui s'est rarement vu. L'inverse est plutôt la règle : les collectivités équipent des établissement qui n'en voient pas ou peu l'utilité.

Pour les tablettes ou les portables, est ce sous forme de prêt, d’achat ? Derrière ces questions apparemment triviales, se cachent des préoccupations profondes sur la gouvernance et le financement du développement des Tice.

"Profondes" mais sur la forme uniquement.

Présentée lors de l’atelier, la Ticothèque créée par le conseil général du Morbihan met à disposition à la demande des enseignants des équipements complémentaires, tablettes, tableau interactif, matériel d’EXAO… . Le CRDP de l’Académie de Nice propose un dispositif du même type, un « Learning center » mobile composé nous dit sa directrice. L’un est financé par le Conseil Général, l’autre par l’Etat mais la finalité est la même : mettre à disposition un équipement pour outiller les projets pédagogiques.

Bizarre d'"outiller des projets pédagogique" (ah ! ce novlangue pédagogique me surprendra toujours) sans savoir quels ils sont. En même temps voilà un bon résumé de ce qu'est un "projet pédagogique".

A la question de « qui met à disposition » se greffent deux questions subsidiaires. Tout d’abord, on se demande à qui fournit on les équipements : à l’établissement, à la classe, à l’enseignant, à la famille, à l’élève ? Les pratiques divergent selon les collectivités et induisent ainsi des inégalités territoriales.

C'est inadmissible que Kevin ait un iPad 1 quand Jean-Arnaud a un iPad 3.

Dommage que cette question des "inégalités territoriales" ne porte pas sur les effectifs d'enseignants ou de surveillants. On a les débats qu'on mérite.

Alors, on se demande comment réduire ces inégalités. Doit-on repenser les répartitions d’attribution et faire des CRDP des agences co-pilotées par l’Etat et les collectivités territoriales chargées de l’équipement des établissements ?

Grave problème. Pour lutter contre les inégalités territoriales, il faut donc plus d'étatisme centralisé et donc encore moins (si c'est possible) de consultation des premiers concernés, les enseignants. On fournit l'équipement, trouvez le projet pédagogique qui va avec.

Doit-on mettre en place un système de péréquation avec une régulation au niveau nationale. L’acte III de la décentralisation clarifiera sans doute les choses, il restera à définir le cadre technique d’une politique d’équipement gommant les inégalités entre les territoires. On n’apprend pas pareil à Roubaix ou à Mont de Marsan, à Quillan ou à Vannes, cette différence ne pourra être totalement gommée mais pour une véritable école démocratique, elle devra s’estomper.

Des tablettes pour tous !

Respecter les différences nées du contexte et des pratiques locales tout en garantissant un accès au savoir identique pour tous, la conjugaison de la refondation et de l’acte III de la décentralisation ne sera pas de trop pour définir les moyens d’atteindre cet objectif.

Ou comment ménager la chèvre et le chou au moins dans une jolie phrase.

Lorsque l’école, la classe ou les élèves bénéficient de l’équipement, comment faire pour développer les usages ?

Voilà qui trahit bien la philosophie générale : l'équipement d'abord, les usages ensuite.

Un certain consensus se dégage autour d’un accompagnement de proximité en fonction des projets et des besoins plutôt qu’une formation ponctuelle, un accompagnement par les usages que Bertrand Formet met en œuvre dans le Jura en tant que conseiller Tice. Il va même plus loin dans les propositions qu’il émet lors de l’atelier : il suggère que cet accompagnement de proximité s’enrichisse des apports de chercheurs. Pourquoi ne pas mettre en place aussi une équipe de scientifiques au niveau de l’Académie pour accompagner les enseignants ? Développer les usages pédagogiques avec les Tice amène des interrogations sur les pratiques, l’accès aux contenus, les méthodes d’apprentissage, des interrogations qui débordent la technique et nécessitent un autre éclairage, une prise de recul mobilisant différentes disciplines scientifiques.

Vive l'expérimentation pédagogique !

La classe est équipée, l’enseignant accompagné, maintenant se pose la question des outils et des usages. Peut on utiliser des outils « commerciaux » doit-on former en s’appuyant sur des réseaux sociaux ou des moteurs de recherche développés par des sociétés loin d’être philanthropiques.

Je suis ravi que la question soit posée !

Certains disent non de crainte que les données et images créées, mises en ligne en classe deviennent propriété de ces sociétés. Et bien si justement disent d’autres, l’usage de ces outils encadré par un enseignant permet une éducation à l’image, vectrice de bonnes pratiques.

De bonnes pratiques pour "ces sociétés" ? :mrgreen:

Les élèves utilisent les réseaux sociaux chez eux, parfois sans prendre les précautions de base, il vaut mieux leur apprendre pour les préserver des dangers et utiliser à bon escient les potentialités de ces outils.

Et à devenir de bons petits consommateurs et citoyens narcissiques.

Une troisième voie se dégage de l’atelier : pourquoi pas des usages en classe mais ce n’est pas à l’institution, à l’Etat de prescrire l’utilisation d’outils commerciaux dans la classe. Autrement dit, une éducation aux médias est nécessaire mais le choix des outils doit rester dans la sphère de la liberté pédagogique de l’enseignant.

L'atelier est trop bon ! :fur

Bref, chacun fait ce qui lui plaît. Voilà une réflexion de fond sur les usages du numérique.

Plus largement, utiliser les Tice, éduquer au média suppose un bon niveau de connaissances du cadre juridique. Une formation s’impose là aussi.

Savoir que Facebook est interdit avant treize ans, par exemple.

Egalité d’accès aux équipements, un accompagnement aux usages de proximité, liberté pédagogique dans les limites du cadre légal, les trois éléments débattus lors de l’atelier ont montré les divergences d’appréciation sur la répartition des rôles et les différents outils utilisables. « Avec ce sujet, on tombe facilement dans le manichéisme » nous disait un participant. « Ringards » contre « Inconscients », nous aurions pu craindre une pluie d’invective, un tombereau de paroles définitives.

Je me classe volontiers dans les "ringards". C'est vrai quoi, enseigner la littérature et faire lire les élèves, c'est d'un obsolète.

Et non, je me permets de contredire ce participant en constatant la diversité des arguments proposés, opposés mais qui dessine toutefois des pistes. Utiliser les Tice pour la réussite de tous nécessite une régulation nationale sur les moyens, un accompagnement de proximité et une sphère de liberté pour construire projets d’établissement et de classe.

Toutes choses qui sont donc contradictoires et prometteuses d'une belle gabegie numérique, déjà constatée par les acteurs locaux . :scratch:
  • Loys
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08 Nov 2012 09:04
"Espaces Numériques de Travail, le point de vue enseignant" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Espaces Numériques de Travail, le point de vue enseignant" (Café Pédagogique)

Catégorie : Les espaces numériques de travail (ENT)

A lire sur le "Café Pédagogique" du 25/10/12 : "Espaces Numériques de Travail, le point de vue enseignant" .



  • Loys
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08 Nov 2012 09:59
Réponse de Loys sur le sujet "Espaces Numériques de Travail, le point de vue enseignant" (Café Pédagogique)

"Espaces Numériques de Travail, le point de vue enseignant" (Café Pédagogique)

Catégorie : Les espaces numériques de travail (ENT)

Quelques observations décousues.

Une unanimité s’est dégagée pour constater (et parfois déplorer) l’extrême diversité des situations d’une académie ou d’un département à l’autre : « Il existe un multitude de plateformes ENT. L'explosion de la demande de la part des collectivités locales a fait pulluler les offres » [C de la Bruyère] « Les situations sont très variables d'une académie à l'autre. Du côté de Reims comme en Auvergne et sans doute ailleurs, la situation semble largement positive. Reste à savoir combien de collègues utilisent l'outil. Il est difficile de faire réellement le point sur les déploiements d’ENT.

Voilà qui confirme un peu ce que pense des ENT déployés actuellement dans la précipitation et la confusion : "Ma petite ENTreprise" .

« Les ENT ne sont ni une révolution, ni une surcharge de travail. A mon avis, ils arrivent un peu tard sur le marché. Dans leur aspect partage de données et communication, ils auraient pu constituer une révolution il y a quelques années. Mais depuis le web 2.0 et les réseaux sociaux se sont depuis développés et remplissent déjà très bien cette fonction. Dans leur aspect organisation, cahier de texte, idem, d'autres outils préexistaient déjà. Mais les ENT présentent l'avantage de concentrer sur une seule et même plateforme tous ces outils et c'est ce qui fait leur intérêt. Dans mon académie les collectivités se sont même alliées pour proposer un même ENT du collège jusqu'au lycée. »

Je déplore depuis le début ce développement anarchique.

Effectivement il y a fort à parier que les réseaux commersociaux risquent d'entraver le développement des ENt mais nul doute que certains ENT sauront développer des passerelles avec les réseaux des élèves, du type : "Reçois tes derniers résultats sur Facebook" ou bien "Affiche sur ton mur Facebook la date de ton conseil de classe". :mrgreen:

Une transformation du métier ? En bien ? En mal ?

· « Je me pose aussi la question du flicage grandissant de notre travail, de la volonté de nous imposer une disponibilité 24 heures sur 24 h (nous n'avons pas de connexion dans les salles par exemple, donc obligation de remplir le cahier le soir !) mais je crois que c'est un autre sujet … »

Eh bien moi je ne crois pas !

ENT : produit du marché ou briques libres ?

· « déployé à l'échelle d'une académie (plus de 400 000 comptes pour l'Auvergne) seule une solution professionnelle est envisageable, même pas relevant de services rectoraux à mon sens. »

· « les ENT sont une source de profit pour l'industrie du logiciel. Les coûts pour chaque ENT se chiffrent en centaines de milliers d'euros avec des mises à jour continuelles […] La solution libre LCS présentée semble tout aussi performante que les ENT pour intégrer ce beau monde... mais pour beaucoup moins cher et sans avoir recours à des entreprises privées qui ont trouvé avec l'ENT une poule aux oeufs bien dorés. »

Eh oui !

ENT et collectivités : effets d’annonce ? Gabegie ? Politique éducative ?

· « Cela conduit à se pencher sur une question pour moi vitale: qu'est-ce qui justifie vraiment les sommes dépensées? On parle de centaines de milliers d'euros, peut-être plus. Allons-nous, contribuables, continuer à alimenter ce puit qui peut être sans fond, et nous, enseignants, à justifier ces dépenses. N'y a-t-il pas d'autres outils ? »

Il s'agit plutôt de dizaines de millions d'euros, d'après mon propre chiffrage.

La question des contenus

· « totalement d'accord sur le fait qu'il faut savoir qui met quoi, et à quel prix »

· « Il faut donc se préocuper de mettre du contenu dans cette jolie carrosserie qu'est l'ENT: manuels numériques peut-être, encyclopédie en ligne (Universalis par exemple), sélections d'œuvres et de fragments tombés dans le domaine public, dictionnaires... »

Ces considérations dépassent largement les possibilités techniques et financières des ENT déployés localement, sauf s'il y a enfin initiative nationale.

Quid de la fracture numérique ?

· « encore plus important, est-ce qu'on est bien certain que tous les problèmes de "fracture numérique" sont résolus? Famille sans ordinateur, bas débit, coût prohibitif des impressions à jet d'encre. Est-ce que vraiment les établissements proposent des ordi. en libre service en nombre suffisant pour qu'aucun élève ne soit pénalisé à cause de l'utilisation large de l'ENT ? »

Parlons plutôt de smartphones concernant les élèves ! Educ-Horus, dans sa grande proactivité, a même développé une application pour iPhone...

Des témoignages

Nadine Bouette, académie de Clermont

Voici ce que je fais avec l'ENT (mais je n'utilise pas toutes les fonctionnalités) :

• je peux réserver les salles équipées (très pratique pour la salle info, salle équipée de vidéo...), je peux consulter les edt des collègues et classes (utile pour déplacer une heure de cours ou bosser avec un collègue), rentrer les notes et bulletins, et cahier de texte numérique - un espace collaboratif HG me permet de déposer des docs (demande de matériel...) utile à l'ensemble de l'équipe.

Tout ceci est plutôt un vrai progrès pratique (dans la mesure où l'ENT est ergonomique, personnalisable et surtout fonctionnel, ce qui n'est pas le cas de tous, loin de là...). Cf www.laviemoderne.net/forum/viewtopic.php?f=38&t=243&p=1121

une messagerie pour les collègues et élèves, direction (plus de papier dans les casiers) - une page d'accueil personnalisable (signet...)

Ça n'est forcément un progrès, tant du point de vue ergonomique que du point de vue confidentialité.

Dominique Chathuant, académie de Reims

J'utilise depuis 10 ans dans mon lycée la plate-forme ENT Claroline. Elle est distincte de profnotes (agenda, cahier de texte, notes) et ne nous oblige pas à une adresse courriel. L'ENT me permet

Dans la fonction document (stockage) :

· de récupérer les images du cours (cartes, docs divers, plan, chrono, liste des termes -clefs), notamment en euro avec Churchill, FDR, JFK ou MLK en mp3.

· de récupérer liens et lectures d'approfondissement, etc.

· pour les secondes, de voir avant le premier contrôle le PDF de celui de l'année dernière

· Pour le DS, la liste des bourdes à ne pas commettre (systématiquement en police barrées), liste PDF des fautes d'orthographe, de style ou de syntaxe.

Tout ceci s'offre comme des possibilités supplémentaires offertes aux élèves, dont certaines assez intéressantes même si la question de l'addiction aux écrans n'est jamais posée. En revanche les élèves faibles et démotivés ne consultent pas davantage ces documents que leur cours ou leur manuel...

Du même ordre pour ne plus perdre de temps avec le cahier numérique, je prépare mes cours en HTML (logiciel Seamonkey), je les envoie sur mon site perso et je complète l'ENT par copier-coller ce qui m'évite les interminables chargements de fichiers.

Et encore : pour éviter à chaque cours de démarrer un ordinateur, de rentrer le code du réseau, de rentrer le code de l'ENT, de naviguer dans les menus et enfin avoir la liste d'appel, j'ai placé dans un lieu stratégique une borne WiFi et je viens avec un portable : 4 minutes de gagnées par cours!

Un exemple d'ENT pas si ergonomique et fonctionnel.
  • Loys
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08 Nov 2012 12:57
Réponse de Loys sur le sujet "Royaume-Uni : Comment les conservateurs n'auront pas la peau des TICE " (Café Pédagogique)

"Royaume-Uni : Comment les conservateurs n'auront pas la peau des TICE " (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

En résumé : l'école britannique s'écroule, mais tant que les TICE restent à leur place, tout va bien.
  • Loys
  • Portrait de Loys
08 Nov 2012 12:59
Réponse de Loys sur le sujet "Royaume-Uni : Comment les conservateurs n'auront pas la peau des TICE " (Café Pédagogique)

"Royaume-Uni : Comment les conservateurs n'auront pas la peau des TICE " (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire parallèlement sur "ActuaLitté" (8/11/12) : "Royaume-Uni : les bibliothèques n'ont pas un bel avenir" .

Extrait ]Au Royaume-Uni, un récent rapport, intitulé Culture, Media and Sport Committee – Third Report (Library Closures), affiche une baisse inquiétante du nombre de personnes qui fréquente les bibliothèques. Et beaucoup de ces établissements doivent aujourd'hui être « sauvés ».
Le Royaume-Uni a connu, ces trois dernières années, une sorte de bataille rangée entre les conseillers qui souhaitaient « rationaliser » le service des bibliothèques en fermant les petites pour soutenir les grandes, suite au budget coupé, et les militants défenseurs de tous ces établissement culturels et sociaux.[/quote]
  • Loys
  • Portrait de Loys
21 Nov 2012 19:31 - 28 Juil 2015 17:45
"A la recherche des humanités nouvelles " (Café Pédagogique) a été créé par Loys

Les humanités numériques

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Dans le "Café Pédagogique" ces deux premiers articles :
- PNF Lettres : A la recherche des humanités nouvelles (20/11/12)



- "PNF Lettres : 2 - Le jour où la littérature numérique s'incarna" (21/11/12)



Et sur le site "Le rendez-vous des lettres" du PNF :

En 2012, il s’est agi de faire percevoir le devenir de l’œuvre au fil de l’écriture numérique. Entre mobilité et fragmentation, l’œuvre ne risque-t-elle pas de se perdre sur le web ? Assiste-t-on au contraire à l’émergence de nouvelles « humanités numériques » ? En effet, si les compétences requises pour ces nouvelles « littératies » supposent des apprentissages d’un type inédit, la culture numérique s’ancre aussi dans notre patrimoine humaniste. Les débats ont porté sur les défis posés à la création littéraire et aux arts numériques, qui oscillent entre héritage, contraintes et renouvellement des formes. « Écrire web », c’est en quelque sorte réinventer la littérature d’aujourd’hui.

  • Loys
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21 Nov 2012 19:32
Réponse de Loys sur le sujet "A la recherche des humanités nouvelles " (Café Pédagogique)

Les humanités numériques

Catégorie : Vers l'école numérifiée

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26 Nov 2012 12:13
Réponse de Loys sur le sujet "Une étude universitaire valide l'usage des tables interactives" (Café pédagogique)

Nouvelles technologies et résultats scolaires

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Le "Café Pédagogique" de ce jour nous signale cette étude :

Les TICE peuvent-elles venir au secours de la numératie ? Selon une étude de l'université de Durham, l'application Number Net, développée pour une table interactive, a un effet positif sur les résultats des écoliers. Avec elle la moitié des enfants ont amélioré leur sort en maths et seulement 16% pour ceux qui travaillaient avec un bloc papier. La table permettrait d'apprendre en groupe.

L'étude

  • Loys
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26 Déc 2012 14:43 - 11 Nov 2014 17:07
Réponse de Loys sur le sujet "Une étude universitaire valide l'usage des tables interactives" (Café pédagogique)

Nouvelles technologies et résultats scolaires

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Le "Café Pédagogique" de ce jour nous signale cette étude :

Première remarque d'importance : l'étude est publiée par l'ISLS ("The International Society of the Learning Sciences") sponsorisée notamment par "the International Journal of Computer Support for Collaborative Learning (IJCSCL)" et par "the International Conference on Computer-Supported Collaborative Learning (CSCL)", elle-même sponsorisée en 2011 par ASTRI ("The Hong Kong Applied Science and Technology Research Institute (ASTRI)") ou SUNNY Interactive, une agence web de publicité et de marketing ou BEA.
Un gage d'objectivité et d'impartialité scientifique, donc.
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26 Déc 2012 15:01
Réponse de Loys sur le sujet "Une étude universitaire valide l'usage des tables interactives" (Café pédagogique)

Nouvelles technologies et résultats scolaires

Catégorie : Vers l'école numérifiée

La lecture de l'étude elle-même permet de doucher quelque peu l'enthousiasme bien compréhensible du "Café Pédagogique" :

Pilot results from 32 students indicate significant in the number of calculations that students produce from pre to post test

Des gains significatifs, mais sur un échantillon insignifiant...

Par ailleurs, l'étude ne mesure que les résultats avant et après l'utilisation de l'outil NumberNet, manipulé pendant cinq heures. Il n'y a pas de comparaison avec un groupe témoin qui ne l'aurait pas utilisé et on se demande bien, après une lecture attentive du document, d'où sortent les 16% de progrès seulement (en comparaison de 50% avec l'outil) pour les élèves sans outil technologique évoqués par le "Café Padagogique".

Further studies comparing students who use NumberNet with students who practiced the paper-based version of the activity are necessary to determine wether this was in fact the case.

  • Loys
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31 Déc 2012 19:11
"Les enseignants ont-ils perdu le sens de l'effort, à l'ère du numérique ?" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Les enseignants ont-ils perdu le sens de l'effort, à l'ère du numérique ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire sur le "Café Pédagogique" du 27/12/12 : "Les enseignants ont-ils perdus le sens de l'effort, à l'ère du numérique ?" de Bruno Devauchelle.



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31 Déc 2012 19:11
Réponse de Loys sur le sujet "Les enseignants ont-ils perdu le sens de l'effort, à l'ère du numérique ?" (Café Pédagogique)

"Les enseignants ont-ils perdu le sens de l'effort, à l'ère du numérique ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

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01 Jan 2013 14:23
"Travailler en groupe avec le numérique" (Le Café pédagogique) a été créé par Loys

"Travailler en groupe avec le numérique" (Le Café pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire sur le "Café pédagogique" cet article de Bruno Devauchelle : "Travailler en groupe avec le numérique" (01/01/13)



  • Loys
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01 Jan 2013 14:23
Réponse de Loys sur le sujet "Travailler en groupe avec le numérique" (Le Café pédagogique)

"Travailler en groupe avec le numérique" (Le Café pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Quand je répète que le numérisme est la bouée de secours du pédagogisme :

La tradition scolaire a institué le travail individuel comme modalité principale du métier d'élève. Il y a déjà bien longtemps que l'exclusivité de cette forme a été contestée par les praticiens de l'éducation. C'est pourquoi on dispose d'un grand nombre de travaux sur le travail en groupe des élèves (dont les travaux de Philippe Meirieu autour de sa thèse). L'arrivée de l'ordinateur "individuel" a rafraichi la mémoire de cette individualisation de l'apprentissage et on envisageait encore difficilement un travail de groupe avec ordinateur il y a peu.

L'arrivée des réseaux sociaux numériques, mais plus généralement des espaces collaboratifs en ligne, a semble-t-il renouvelé le questionnement. Si le terminal numérique devient de plus en plus un "objet personnel"; il semble contradictoire d'en envisager un usage en collaboration.

Se connecter à Facebook, c'est "collaborer" ? :scratch:

Une petite simplification un peu hâtive, non ?

Et pourtant de nombreuses pratiques, anciennes ou plus récentes montrent que le numérique peut très bien encourager, accompagner le travail en groupe, mais à condition que la pédagogie retenue par l'enseignant soit d'abord fondée sur la collaboration entre les élèves comme facteur d'apprentissage. Derrière l'évidence pédagogique de cette proposition (on rappellera les travaux de Vygotsky, Wenger, et plus récemment ceux sur les communautés d'apprenant...) il y a le fait que dans les classes le travail de groupe a beaucoup de mal à se développer alors que sur le numérique, la collaboration est presque une norme de la vie des adolescents, des humains, en particulier depuis le numérique.

Ce dernier présupposé est très contestable. :rirej

Du coup le développement des projets autour des réseaux sociaux numériques ressemble à s'y méprendre aux tentatives de développer le travail de groupe antérieur. Même la correspondance scolaire, relayée par les défis internet ou par les échanges entre classe désormais appuyés par les espaces collaboratifs voire même les visioconférences, sont des pratiques de groupe, ou au moins collectives, désormais instrumentées. Mais comment se fait-il que ces pratiques si habituelles dans la sphère amicale sont si peu développées dans les modèles de classe.

M. Devauchelle va-t-il enfin parler des devoirs échangés sur Facebook ? :mrgreen:

On objectera que souvent les enseignants le font par eux mêmes et qu’on ne le voit pas. Il suffit pourtant de regarder l'organisation géographique des salles de classe pour se rendre compte qu'elles sont plutôt organisées pour le travail individuel que pour le travail de groupe. Il y a des exceptions en particulier dans l'enseignement technique, des techniques et professionnel pour lesquels l'analogie avec les situations professionnels a amené à ce travail de groupe. Et il y a aussi les "occasions", les "essais", les "audaces", que certains s'autorisent en classe, avec les groupe classe.

Quel courage inouï !

Car c'est surtout comme cela que le travail de groupe se développe. Quelques échecs cuisants, ou encore quelques remarques désobligeantes de collègues sur le niveau sonore introduit par de telles pratiques ou encore l'apparent désordre de ce type d'activité ont souvent fait reculé certains.

Alors que Michel Serres a bien expliqué que Petite Poucette est plus bavarde parce qu'elle a accès à la connaissance grâce à son smartphone. :pendu:

On peut donc dire que le travail de groupe n'est pas révolutionné ni facilité par le numérique tant que l'on reste au sein de l'espace classe. Plusieurs cas ont pourtant montré qu'il y avait la possibilité de détourner certaines habitudes. Ainsi certains enseignants ne possédant que peu de matériel informatique, ont choisi de faire travailler leurs élèves en groupe autour de l'ordinateur, celui-ci servant alors de pilote, de directeur du travail du groupe. Le numérique n'est ici utilisé que pour sa capacité à donner des ordres, à mettre en place des situations et les illustrer, à réaliser des traces d'une production. Autant de manières de faire qui accompagnent les pédagogiques de projet, de problématisation, d'investigation etc... En fait dans ces situations, le numérique facilite la tâche du pédagogue en le déchargeant des tâches logistiques pour lui permettre de se consacrer aux tâches d'apprentissage et d'accompagnement.

Le numérique n'a pas besoin de logistique ? :scratch:

Et pourtant le travail de groupe semble être une solution particulièrement efficace pour mettre les élèves en activité. Est-il possible d'imaginer de transférer des compétences sociales dans le domaine scolaire ? Autrement dit, pourrait-on mettre à profit la capacité à partager, à communiquer à échanger, que l'on peut observer dans les conduites habituelles, en les intégrant dans les dynamiques d'apprentissage.

Les élèves n'ont pas attendu pour le faire, mais pas forcément comme on l'entendrait.

Mais cela signifie-t-il les scolariser ? Les jeunes déclarent souvent refuser ce mélange des genres, lorsqu'il émane de l'institution. Et pourtant ce sont parfois les même qui mettent à profit leurs pratiques des réseaux sociaux pour mener un travail en groupe demandé par un enseignant. Ce qui est intéressant c'est qu'il y a un refus de l'injonction à utiliser des instruments de la vie quotidienne dans le contexte académique.

Il faut dire que les réseaux, c'est la vie privée et la sphère de l'intime... Ces considérations ont l'air d'échappper quelque peu à Bruno Devauchelle.

Dans la suite, on s'aperçoit que le choix des instruments doit relever de ceux qui l'utilisent et pas de ceux qui donnent la consigne de travail en groupe. En d'autres termes, travailler en groupe oui, mais avec les instruments numériques choisis par les membres du groupe, serait la base d'une réflexion à développer et à étudier. Ceci constitue une hypothèse qui mériterait d'être approfondie, travaillée.

Le travail de groupe est une bonne illustration de ce que le numérique fait à l'école ou plutôt de ce qu'il ne fait pas. Lorsqu'au début des années 2000 on a remis à l'honneur le travail collectif et collaboratif sur les plateformes d'apprentissage en ligne, c'est parce qu'on avait compris l'effet négatif de l'isolement dans l'apprentissage, fut-il à distance.

Pourtant le travail en groupe est à l'exact opposé de l'autre dada du pédagogisme : l'individualisation des apprentissages.
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01 Jan 2013 14:36
Réponse de Wikibuster sur le sujet "Travailler en groupe avec le numérique" (Le Café pédagogique)

"Travailler en groupe avec le numérique" (Le Café pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

En gros ils vont reprendre une à une toutes les idées, toutes les pistes rabachées depuis des décennies et les redorer au numérique pour paraître intelligents, encore une fois Montessori individualise l'enseignement dès la maternelle depuis cent ans avec un succès indéniable, sans ordinateur évidement.
  • Loys
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01 Jan 2013 14:41 - 28 Juil 2015 17:44
Réponse de Loys sur le sujet "A la recherche des humanités nouvelles" (Le Café Pédagogique)

Les humanités numériques

Catégorie : Vers l'école numérifiée

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01 Jan 2013 14:42 - 28 Juil 2015 17:45
Réponse de Loys sur le sujet "A la recherche des humanités nouvelles" (Le Café Pédagogique)

Les humanités numériques

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Commentaires à venir.
A méditer, cette phrase de M. Le Baut :

La projection du film « Nous, princesses de Clèves » vient clore la journée comme une proclamation de foi en la démocratisation de la littérature et en l'élévation du lecteur.

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05 Jan 2013 09:12
"Et si le ministère proposait une école vraiment numérique ?" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Et si le ministère proposait une école vraiment numérique ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire cet expresso du "Café Pédagogique" : "Et si le ministère proposait une école vraiment numérique ?" (3/01/13)



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05 Jan 2013 11:17
Réponse de Loys sur le sujet "Et si le ministère proposait une école vraiment numérique ?" (Café Pédagogique)

"Et si le ministère proposait une école vraiment numérique ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Et si le ministère proposait une école vraiment numérique ?

Parce que le futur le vaut bien.

La stratégie numérique proposée par le ministre de l'Education est bien modeste, voire frileuse.

C'est vrai qu' une "stratégie globale" pour mettre chaque enfant devant "un écran ou une tablette" dès 2017 c'est un peu timide.

Ce qui ressort surtout des annonces et des commentaires c'est que le numérique ne doit pas changer l'école qui existe, mais au contraire renforcer celle qui existe déjà depuis deux siècles :

Un vrai scandale, quand on juge les résultats sur deux siècles. Heureusement on a réussi à redresser la barre depuis vingt ou trente ans. :mrgreen:

"Le numérique peut aider l’École dans l’accomplissement de ses missions fondamentales". A cela d'ajoute l'habituel couplet sur l'esprit critique et l'éducation aux médias, qui engloberait une éducation au numérique (où l'inverse). Il suffit de lire la liste des nouveaux services proposés pour se rendre compte qu'il s'agit de ne pas poser la question "fondamentale", celle des missions de l'école à l'ère du numérique.

Ah... parce que les missions de l'école doivent être dictées par le numérique ? Come quoi, c'est un outil très particulier, puisqu'il suppose qu'on y adapte les objectifs. :pendu:

Depuis près de trente années, l'introduction du numérique en éducation s'est traduite en simple intégration, c'est à dire la simple mise en conformité du numérique pour qu'il soit acceptable par le monde scolaire.

Un effort stupide : il faut accepter le numérique tel qu'il est.

Or ce qui est en train de se produire dans la société démontre de plus en plus clairement l'obsolescence d'un modèle scolaire basé sur une autre organisation sociale et culturelle que celle qui lui a donné naissance. Il faut bien comprendre que notre propos de ce début d'année n'est pas d'appeler au bouleversement, mais bien d'amener chacun de nous à se questionner sur l'avenir d'un système scolaire dans une société de plus en plus numérisée.

L'école doit être un modèle pour la société, et non l'inverse.

Et donc de tenter d'aller au delà des discours et des plans toujours recommencés sur ce thème.

Et pourtant le constat fait (cf. le dossier de presse de l'annonce du plan numérique) est, au moins partiellement, explicite sur ces évolutions : les modèles non scolaires sont en train d'émerger de toutes parts.

Des modèles ? Qui ont fait leurs preuves ? Lesquels ?

Mais la seule réponse que nous connaissons, pour l'instant, est de les scolariser, ou au moins de tenter de les traduire dans le paradigme scolaire passé et actuel.

C'est vrai que la transmission d'une langue et d'une culture, c'est totalement suranné.

On comprend aisément que les décideurs seraient rapidement contestés s'ils allaient au delà de certaines mesures qui rassurent, confortent et permettent des ouvertures, mais non déstabilisantes. C'est pourquoi le chemin est actuellement étroit et que l'on ne peut s'attendre à de profonds changements dans les modes d'accès aux savoirs dans la société numérique en construction.

On peut d'ores et déjà savoir qui en fera les frais dans les publics scolaires : les plus défavorisés. :fur

Il n'y aura pas de numérique dans le monde scolaire si l'on ne libère pas les carcans. En d'autres termes un certains nombres de leviers doivent pouvoir être utilisés pour modifier la forme scolaire.

Ah... les leviers !

Parmi ceux-ci, certains sont identifiés depuis longtemps, d'autres émergent :

- Ainsi le carcan des programmes est-il un des premiers freins à tout assouplissement au sein de la classe : finir le programme reste plus important que d'assurer la maîtrise avancée des apprentissages, or ceci demande un temps beaucoup plus long que les programmes semblent vouloir le faire croire.

Supprimer les programmes, quel progrès pour l'école ! Car des apprentissages ne sont pas définis par un programme... :lol:

- L'organisation synchrone du travail scolaire qui organise l'apprentissage principalement autour du travail simultané des enseignants et des élèves dans un lieu commun sur un découpage horaire défini à l'avance.

C'est ridicule : les élèves et les professeurs ont envie de travailler à toute heure et n'importe quel jour. Les vieux cadres doivent exploser : un nouveau progrès social !

Le temps "d'étude" a disparu du temps scolaire. Il s'agit du temps d'appropriation (et non pas du temps pour faire les devoirs comme on le croit souvent) qui nécessite une activité de l'élève et qui peut se faire de manière conjointe à l'école et à la maison.

:scratch:

- Le découpage disciplinaire systématique qui atomise le savoir et met en concurrence des objets d'apprentissages qui ne le sont pas lorsqu'on les manipule au quotidien dans la vie.

On a bien vu ce que le décloisonnement et les enseignements interdisciplinaires ont produit comme effet à l'école depuis vingt ans qu'ils sont dans les programmes. Creusons encore !

- Le libre accès aux ressources d'apprentissage par les élèves associé à des pédagogies de la découverte et de la construction permettrait d'éviter la dépendance trop grande des élèves aux itinéraires d'apprentissages pré construits.

Un cours, c'est moins bien qu'une page de Wikipédia. Tout le monde le sait !

De belles économies en perspectives...

- Assouplir au sein des équipes éducatives l'organisation et la structuration des progressions et des évaluations en permettant aussi une flexibilité des exigences globales au profit d'une personnalisation large des possibilités d'apprentissage.

La "flexibilité des exigences" : quelle jolie formule pour traduire "renoncement aux exigences". Et la personnalisation aura cet immense intérêt d'empêcher à l'avenir toute évaluation commune permettant d'appréhender d'éventuels progrès (ou pas...).

- La reconnaissance des acquisitions par un système de notes et de diplômes est une contrainte qui s'oppose au développement de certification de compétences appuyées sur des preuves.

Oui car des épreuves ne fournissent pas de preuves, c'est bien connu.

Libérer le carcan de la diplômations, des examens, permettrait d'aller vers davantage de possibilités de reconnaissances des apprentissages effectués dans des contextes variés et pas seulement scolaires.

Une reconnaissance très simple à mettre en place...

C'est principalement à l'échelle de l'établissement que peut se jouer une grande partie de cette évolution. Au nom de l'égalité de principe on a bafoué l'égalité de droits. L'égalité de principe est bien celle qui adapte les moyens aux contextes et non pas celle qui distribue à tous de manière égale. Or dans le domaine du numérique c'est le plus souvent ce qui est fait. Ainsi les plans d'équipements, la formation, les ressources sont réalisées de manière massives et quasi industrielles sans prendre en compte les complexités locales.

A force de tenir des discours sur l'urgence de numériser l'école, en même temps... C'est un peu ce que fait le "Café Pédagogique" à longueur de temps.

Mais cela suppose aussi, en amont, que chaque membre des équipes éducatives se sente partie prenante de l'espace d'action qui lui est proposé au début de chaque année et qu'il s'emploie à le faire évoluer dans le sens le plus adapté aux élèves avec lesquels il travaille. Le numérique autorise des ouvertures inattendues qui sont difficilement acceptables en ce moment et il faudra du temps pour que tout cela s'organise.

C'est vrai que certaines ouvertures sont inattendues, comme l'utilisation sympathique des smartphones en classe .

La plupart d'entre nous avons intériorisé ces modèles ancrés historiquement et avons du mal à faire évoluer notre propre conception des choses. Faut-il que de l'extérieur de l'école, la société mette en accusation et en difficulté ces modèles anciens pour qu'ils évoluent et que les responsables politiques le prennent en compte ?

Oui, en suivant les phares de la pensée du numérique ! :transpi:

Il faut souhaiter que s'engage une véritable réflexion sur une "autre école" pour une "autre société".

Ah bah non... puisque l'école doit s'adapter à la société telle qu'elle est aujourd'hui. :xx:

Au quotidien certains ont déjà tenté de l'inventer mais de manière toujours limitée car certains des éléments du carcan n'ont pas bougé.

Avec des innovations extraordinaires, comme l'ouverture d'un compte-classe Facebook ou Twitter !

Sans rechercher de vision unanime et uniforme, il faut davantage rechercher à proposer des axes d'évolution et ne pas vouloir systématiquement les généraliser. Si l'identification des innovations et des bonnes pratiques est importante...

Pour que ces "pratiques" soient bonnes, encore faudrait-il en faire la démonstration. Nous sommes toujours dans la pétition de principe.

...elle n'a aucun intérêt si c'est pour que le cadre reste le même, et c'est à cela que s'expose un monde scolaire qui refuserait d'observer au delà de ses propres personnels, ce qu'apprendre, accéder aux savoirs signifie aujourd'hui et surtout demain particulièrement tout au long de la vie.

Car pouvoir accéder au savoir, c'est savoir : "Je google donc je sais" .

Or si cette vie se prépare dès l'école, cet entraînement ne s'arrête pas aux frontières de l'institution et c'est cela le principal enseignement du numérique.

Souhaitons que cette nouvelle année apporte aux acteurs de l'éducation la force d'imaginer, d'essayer, de tenter, en commençant par repenser les carcans qu'il s'est imposé en évitant de considérer qu'ils sont "naturels".

Un carcan, c'est ce qui enferme. L'école, si elle assure le rôle républicain qui doit être le sien, est tout sauf un carcan. :evil:
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21 Jan 2013 12:38
"Le ministère et la Caisse des dépôts veulent créer des collèges pilotes numériques" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

Les CoCons ou collèges connectés

Catégorie : Le pilotage de l'école numérique

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21 Jan 2013 12:40
Réponse de Loys sur le sujet "Le ministère et la Caisse des dépôts veulent créer des collèges pilotes numériques" (Café Pédagogique)

Les CoCons ou collèges connectés

Catégorie : Le pilotage de l'école numérique

Aucune considération d'ordre pédagogique dans ces "collèges pilotes", bien entendu. Les questions sont quantitatives et portent uniquement sur l'équipement numérique et la seule chose qui importe est "le développement des usages".
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28 Jan 2013 12:22
"« Le numérique apporte à l’éducation des nouveaux territoires à explorer »" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"« Le numérique apporte à l’éducation des nouveaux territoires à explorer »" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire sur le "Café Pédagogique" cet entretien avec François Granier : « Le numérique apporte à l’éducation des nouveaux territoires à explorer » (28/01/13)



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28 Jan 2013 12:22
Réponse de Loys sur le sujet "« Le numérique apporte à l’éducation des nouveaux territoires à explorer »" (Café Pédagogique)

"« Le numérique apporte à l’éducation des nouveaux territoires à explorer »" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

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02 Fév 2013 10:59
"L'institution scolaire et le numérique : du fan­tasme aux réa­lités" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"L'institution scolaire et le numérique : du fan­tasme aux réa­lités" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire dans le "Café Pédagogique" ou sur "Prisme" ("PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs") cet article de Bruno Devauchelle : "L'institution scolaire et le numérique : du fan­tasme aux réa­lités" (01/02/13)



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02 Fév 2013 11:40
Réponse de Loys sur le sujet "L'institution scolaire et le numérique : du fan­tasme aux réa­lités" (Café Pédagogique)

"L'institution scolaire et le numérique : du fan­tasme aux réa­lités" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

L'institution scolaire et le numérique : du fan­tasme aux réa­lités

Numé­rique : Et si on avait oublié l’établissement ?, interroge Bruno Devau­chelle. Depuis des années l’Etat a impulsé des pro­grammes d’équipement des établis­se­ments d’enseignement en mul­ti­pliant des "plans numé­riques" souvent asth­ma­tiques.

Il faut dire que les investissements en infrastructures, maintenance et matériels, avec renouvellement régulier en vertu de l'obsolescence programmée plus rapide pour l'informatique que pour tout autre bien de consommation, sont colossaux... Quand on voit l'état de certains établissements, certains besoins sont - comment dire ? - plus criants.

"L’écart entre les pro­messes, les dis­cours et les réa­lités de terrain est étonnant et même inquiétant". Avec la décen­tra­li­sation s’est ajouté un écart croissant entre le décideur et le financeur, avec toutes les dérives que cela entraîne.

Le "décideur", le "financeur", tout cela est très bien... Mais l'utilisateur, où est-il pris en comte ?

Pour ma part, j'ai pu constater que les collectivités locales, comme les conseils régionaux, sont souvent les décideurs. D'où des équipements surréalistes (salle multimédia intégrée, gérée par une entreprise privée), non demandés, non conformes aux besoins et... non utilisés !

Aujourd’hui alors que le numé­rique s’est ins­tallé de façon stable dans la société, sa place reste à tous points de vue fragile dans le monde sco­laire. Et s’il était trop tard ?

Compte tenu de l'évolutivité rapide structurelle des matériels technologiques, l'école sera toujours en retard. :doc:

Depuis que l’ordinateur a fait son appa­rition dans le fir­mament de l’école, au début des années 1970, l’institution et ses pilotes, ministres, membres du cabinet, tech­no­struc­tures et relais ins­ti­tu­tionnels n’ont eu de cesse de "pousser" à l’informatisation puis la TICa­ti­sation, et enfin la numé­ri­sation de l’Ecole.

Un discours moderniste qui produit toujours son effet. Il est plus facile et bien moins coûteux de montrer à des caméras des investissements matériels (tablettes ou tableaux numériques flambant neufs) que des investissements humains (dotation horaire supérieure).

Cette approche s’est faite en lien avec l’informatisation de la société, la numé­ri­sation de la vie sociale et pro­fes­sion­nelle. Si dans un premier temps c’est la dimension pro­fes­sion­nelle qui a ouvert la porte des établis­se­ments d’enseignement, la suite n’est pas de même nature. En effet au début des années 70, la question d’un usage sco­laire de l’informatique ne se pose que dans des cercles très res­treints d’initiés qui dans la suite de rap­ports célèbres sur l’informatique ont pensé que le monde sco­laire ne pourrait pas rester long­temps loin de ces sciences et tech­niques qui enva­his­saient nos sociétés.

:scratch:

Dis­cours et ini­tia­tives, impul­sions, pré­co­ni­sa­tions, injonc­tions, voire obli­ga­tions se sont pro­gres­si­vement ins­tallés dans le paysage des déci­deurs de l’éducation.

Mais toujours dans le respect de la liberté pédagogique des enseignants, n'est-ce pas ?

Aujourd’hui c’est un "mar­ronnier" de ministère que de déployer une pro­po­sition numé­rique pour le monde de l’enseignement dès le début du mandat. Il est d’ailleurs inté­ressant d’observer qu’il y a à ce sujet une belle constance, qua­siment une una­nimité… autour des pôles équi­pement /​ infra­structure /​ main­te­nance, res­sources /​ sup­ports /​ contenus /​ logi­ciels et for­mation /​ accom­pa­gnement /​ partage. L’ensemble se trouve accom­pagné d’un dis­cours global sur l’innovation, la com­pé­ti­tivité nationale, la modernité, la mondialisation.

Effectivement.

Une belle una­nimité qui ne doit pas cacher des réa­lités qui posent question. L’écart entre les pro­messes, les dis­cours et les réa­lités de terrain est étonnant et même inquiétant. Rap­pelons les annonces d’un ordi­nateur por­table pour chaque ensei­gnant sortant d’IUFM (2000).

Pour ses 42 ans de carrière ? :mrgreen:

L’Éducation nationale est la seule entreprise au monde où les employés doivent acheter et renouveler leur propre matériel de travail informatique.

Rap­pelons aussi cette annonce qui déclarait que grâce aux tech­no­logies il fau­drait que toutes les options puissent être ensei­gnées dans tous les établis­se­ments (1995).

Parce que c'est réalisable ? :transpi:

Ne parlons pas des annonces d’adresse élec­tro­nique pour tous, et de tant d’autres rêves poussés par "der­rière" dont la réa­li­sation n’est jamais effective.

On a les rêves qu'on peut... :transpi:

De toute façon, c'est un bel exemple d'obsolescence : avec les réseaux sociaux généralisés, les élèves ne consultent plus leur messagerie e-mail. :roll:

Mais au fait, savent-​​ils, ceux qui tiennent ces propos, que cet écart est là ? Ont-​​ils conscience de l’effet que produit à long terme cette manière de faire ?

Peu importe puisque seul compte l'effet d'annonce.

De toute façon, même si toutes les promesses numériques étaient tenues, le progrès pour l'école ne serait qu'apparent. La refondation de l'école a besoin de bien autre choses que d'écrans et de pensée magique.

En premier lieu pour ana­lyser les choses, il faut se référer à deux piliers de ces annonces : le poli­tique et le financeur. Si his­to­ri­quement ils sont confondus (avant la loi de décen­tra­li­sation de 1983 en par­ti­culier) dans l’Etat et donc le Ministère, depuis la situation ne cesse d’évoluer et l’article 13 de la loi d’orientation déposée sur le bureau de l’assemblée le 23 janvier dernier ouvre une ère nou­velle qui va engager défi­ni­ti­vement les col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales.

Lesquelles ont bien compris le peu d'utilité de ces investissements auxquels on les oblige et commencent à y aller à reculons.

Mais cela ne signifie pas pour autant un chan­gement des pré­ro­ga­tives poli­tiques sur le terrain. Mais comment ima­giner une poli­tique sans finan­cement et un finan­cement sans poli­tique ? Ainsi le pouvoir central s’est-il déchargé en quelque sorte de la mise en acte de ses choix sur des col­lec­ti­vités qui pour­raient en faire d’autre. En matière d’équipement, d’ENT et autres manuels numé­riques, les exemples montrent des dis­pa­rités suf­fi­samment signi­fi­ca­tives pour se poser la question de la cohé­rence de ces projets…

Oui mais c'est parce qu'il y a urgence et que certains veulent le numérique maintenant et tout de suite... :twisted:

En deuxième lieu on peut tenter d’analyser les réa­lités tech­niques de la mise en œuvre des poli­tiques. Entre des infra­struc­tures sous dimen­sionnées, des suivis à court terme d’initiatives, des choix occa­sionnels, etc. les col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales ont souvent joué un jeu trou­blant qui va parfois à l’encontre même d’un suivi cohérent. Prenons exemple des poli­tiques d’équipements en ordi­na­teurs por­tables des élèves. Si les Landes ont mené le projet pendant plus de dix années...

Sans progrès scolaire constaté...

...d’autres se sont bien vite essouf­flées ou ont signi­fi­ca­ti­vement changé leur vision. Un autre exemple plus global conforte cette impression désa­gréable : l’équipement Internet en débits "suf­fi­sants" sur l’ensemble du ter­ri­toire. Il est encore courant d’entendre dire dans cer­taines, col­lec­ti­vités que pour 2017 on aura, à peu près, couvert l’ensemble du dépar­tement ou de la région. En attendant, le déploiement des ENT et des manuels numé­riques demande des bandes pas­santes qui ne seront souvent pas dis­po­nibles dans les pre­miers temps…

C'est l'urgence. Les ENT et cahiers de textes en ligne sont obligatoires depuis 2011. Peu importe si l'équipement ne suit pas : on fait les choses dans l'ordre ! :mrgreen:

L’Etat a beau jeu de faire des annonces s’il n’assume pas les moyens de la mise en œuvre.

Comment le pourrait-il en ces temps de crise ? Les investissements seraient monstrueux pour des résultats non probants...

Ce qui est le plus gênant dans cette manière de faire c’est l’appauvrissement de cer­tains établis­se­ments en matière de prise en compte des TIC dans l’enseignement.

Parce que les TIC n'ont qu'un intérêt relatif.

Entre l’effet d’annonce et la réalité quo­ti­dienne… il y aura un grand écart bien dif­ficile à combler. La seule volonté de mettre en place de la main­te­nance...

Qui n'existe pas ou presque dans l’Éducation nationale actuellement : le plus grand parc informatique de France n'est officiellement suivi par personne.

...ne pourra pas pallier tous les pro­blèmes posés au quo­tidien aux ensei­gnants.

Et donc ? :shock:

Une relecture sur plu­sieurs années de ces modes d’impulsion, en prenant en compte les dif­fé­rentes étapes de la décen­tra­li­sation montre un méca­nisme récurrent. Il part d’un effet d’annonce, suivi de mise en œuvre par­tielle et se termine par un sen­timent d’inachevé voir d’incohérence pour les usagers en bout de chaîne.

Si ce n'était qu'un "sentiment"...

Quelques exemples de réussite (souvent tem­po­raires) ne doivent pas cacher la réalité des pro­blèmes (comme la main­te­nance ou la rareté des usages par exemple) sur la durée.

On aimerait bien avoir les références des "exemples de réussite". Car si la réussite est seulement mesurée à un usage non "rare" du numérique...

Il ressort de toutes ces années qu’un acteur est oublié depuis le début : l’établissement considéré comme une entité ayant un projet et donc déployant des stra­tégies adaptées à son contexte, interne (les équipes) et externe (les élèves et leurs familles). Depuis l’impulsion de 1989 sur le projet d’établissement, l’Etat n’a pas été en mesure de fournir les espaces per­mettant la réa­li­sation de ces projets.

Même entretenir les établissements pour qu'ils restent fréquentables coûte trop cher aux collectivités locales.

Les moyens numé­riques sont trop signi­fiants dans notre société pour que les équipes puissent faire elles-​​mêmes ces choix. A cela s’ajoute une double cen­tra­li­sation : poli­tique et tech­nique (infor­ma­tique). La culture du monde sco­laire est encore très attachée à l’idée d’offre égali­taire, même en matière de numé­rique et cela trans­parait dans les dis­cours des acteurs, des ensei­gnants en par­ti­culier.

Quelle idée rétrograde que celle de l'offre égalitaire, effectivement.

Mais cette égalité de principe déve­loppe une per­version nou­velle qui est l’impossibilité de par­ti­cu­la­riser, dans une relative auto­nomie, les choix locaux.

Pas du tout : il faut juste laisser l'initiative aux enseignants ou aux équipes d'enseignants, comme pour le choix des manuels. :roll:

Du coup, à craindre les risques d’une dis­persion des solu­tions établis­se­ments, on a préféré accepter une dis­persion des solu­tions col­lec­ti­vités territoriales…

On a surtout préféré se décharger d'une charge financière monstrueuse. :spider:

Au final...

En définitive...

... ce que l’on observe c’est un ensemble d’écarts qui gran­dissent depuis le plan infor­ma­tique pour tous.

Les écarts dans les collèges de Landes sont dans l'équipement mais pas dans les progrès scolaires...

Si pendant près de quinze années le monde sco­laire a pu pro­poser un dis­cours autonome, du fait du déploiement rela­ti­vement lent du numé­rique à la maison, cela s’est inversé à partir de 2000 quand Internet s’est invité dans le paysage. L’explosion des équi­pe­ments fami­liaux a été suivie d’un ensemble de carac­té­ris­tiques qui ont donné aux par­ti­cu­liers, jeunes et adultes, un envi­ron­nement suf­fi­samment stable et fiable. Or arrivé dans l’espace sco­laire, cette sta­bilité et cette fia­bilité, cette robus­tesse des moyens numé­riques sem­blait faire défaut ou au moins être fragile. Les poli­tiques qui dès 1983 expri­maient leur sen­timent de cette évolution peuvent désormais l’observer au quo­tidien. Mais n’est-il pas trop tard pour que l’Ecole reprenne la place qu’ils lui sou­haitent voir jouer ?

Il sera toujours trop tard. Le temps numérique n'est pas superposable au temps scolaire.

Heureusement, certains tenants du numérique ont déjà trouvé une solution économique : le BYOD . :twisted:
  • Loys
  • Portrait de Loys
09 Fév 2013 09:31
Réponse de Loys sur le sujet "La téléphonie dans l'établissement scolaire !" (Le Café Pédagogique)

Bring your own device (BYOD)

Catégorie : Face aux écrans

A lire dans "Le Café Pédagogique" du 8/02/13 : "La téléphonie dans l'établissement scolaire !"



  • Loys
  • Portrait de Loys
09 Fév 2013 23:07
Réponse de Loys sur le sujet "La téléphonie dans l'établissement scolaire !" (Le Café Pédagogique)

Bring your own device (BYOD)

Catégorie : Face aux écrans

La téléphonie dans l'établissement scolaire !

Le mot "téléphonie" semble déjà bien ancien.

Au moment où se prépare la semaine du mobile de l'UNESCO (18 - 22 février prochain)...

C'est une blague... :shock:

... il est urgent de s'interroger sur la place du téléphone dans la vie d'un établissement scolaire, et en particulier dans les usages que les élèves développent parfois à l'insu des volontés et règlements imposés. Il faut plus globalement se poser la question pour l'ensemble de la communauté éducative (parents compris).

Facile polie et contournée de dire qu'il faut adapter les règlements pour les téléphones puisqu'on ne peut pas contraire les élèves à s'y adapter.

Outre la question des apprentissages, il s'agit plus généralement de ce que je nomme "l'environnement d'apprendre" que l'on peut proposer demain dans l'ensemble de nos sociétés à défaut des établissements éducatifs eux-mêmes.

L'environnement d'apprendre... et de plein d'autres choses.

Paradoxe que celui d'une semaine qui est consacrée à l'apprendre à l'aide des mobiles alors que dans le même temps on fait tout pour empêcher les mobiles d'entrer à l'école dans des pays comme le nôtre.

C'est incompréhensible !

Cette remarque nous incite à réfléchir plus largement au modèle de scolarisation et à l'influence que peuvent avoir des technologies mobiles et connectées sur l'enseignement et plus généralement l'éducation. Le paradoxe est bien celui-ci : la forme scolaire traditionnelle implique un lieu "clos" d'enseignement comme base de travail.

Un peu comme la pensée est un acte personnel. C'est même le principe de l'examen...

Le développement des téléphones portables, et de leurs extensions actuelles via les smartphones ou à venir, rend poreuses les clôtures habituelles.

Je ne crois pas que Bruno Devauchelle pense ici à la fraude aux examens... :mrgreen:

Dans le cas de pays à faible infrastructure scolaire, on peut penser que l'approche pourrait être l'inverse : on part des pratiques sociales d'information et de communication et on bâtit dessus un "environnement d'apprendre".

Les téléphones et l'enseignement en ligne pour les pauvres, c'est ça l'avenir.

Nous sommes à un moment clé de ces évolutions. La multiplication des objets numériques de grande proximité, informatique mobile et connectée, fait émerger l'idée qu'un renversement de perspective s'impose. Avec les médias traditionnels (flux), les responsables d'enseignement maîtrisaient et contrôlaient (à peu près) ce qui entrait dans la salle de classe. Avec les nouveaux objets, la maîtrise et le contrôle semblent de moins en moins possibles.

C'est le cas simplement parce qu'aucune autorité scolaire ne veut plus s'exercer.

Même si certains rêves d'outils de brouillage et de filtrage, de retrouver l'espace clos et maîtrisé, on ne peut qu'observer ce mouvement qui se traduit par des conflits qui n'iront qu'en se multipliant jusqu'à une prochaine directive (loi ?) ou une évolution radicale du système.

Bref, renoncer au travail personnel. Voilà l'horizon de Bruno Devauchelle.

Si l'enseignement est directement concerné, mais parvient encore à endiguer, au moins partiellement, ces pratiques, l'environnement organisationnel et institutionnel est lui aussi progressivement envahi. Si Phil Marso propose chaque 6 février une journée appelée "sans téléphone mobile" pour faire réfléchir, c'est probablement révélateur de ces changements. Le lien mobile, et les chefs d'établissements le savent bien, peut devenir une forme de soumission à l'instantanéité, à l'immédiat.

Sans rire ?

Que ce soit la hiérarchie, pressée de transmettre et d'interagir ou les parents soucieux de ce qui est en train de se passer pour leurs enfants, chacun est tenté d'imposer son rythme, son urgence.

Un exemple :


Cf notre dossier "Portables de multiplication" .

Malheureusement sur la surface de l'écran, le degré d'importance n'est pas aisément visible et chacun de nous peut être amené à se laisser envahir. Certains enseignants, eux-mêmes peuvent aussi se trouver pris au piège en plein cours !

Effectivement : voir ces usages sympathiques des smartphones .

Si l'importance d'un message téléphonique en réception n'est pas mesurable, l'importance en émission peut l'être beaucoup plus aisément. On remarque souvent que celui qui appelle ou envoie un SMS ne prend pas en compte les paramètres d'importance du message et de disponibilité du récepteur. Le parent qui envoie un SMS en pleine journée à son enfant en classe se rend-il compte de l'effet produit ? Est-il aussi conscient de l'attente, en retour, qu'il a de son message ? Sait-il qu'il développe ainsi une posture éducative qui construit chez l'enfant une représentation, un imaginaire de la relation familiale bien particulier. On remarque que les tous petits sont très sensibles à l'angoisse de leurs parents dès les premiers mois. On imagine aisément que la répétition de ces angoisses (en particulier celle de séparation, chère aux psychanalystes) via les messages du téléphone mobile active des éléments affectifs proches, générant des comportements nouveaux et en particulier la déconnexion de l'instant présent au profit de l'écran.

:scratch:

Si le téléphone portable prend une telle importance dans la vie relationnelle des humains, l'embarquement de fonctions nouvelles, principalement liées à Internet et à l'informatique, va ajouter de l'importance à cet objet (doudou, pour reprendre Serge Tisseron dans son livre "petites mythologies d'aujourd'hui"). Les habitudes prises, par cette proximité entre l'affectif et le cognitif à la surface de l'écran, va instituer une place nouvelle à ces objets dans le paysage général et scolaire en particulier. La simple observation des lieux publics suffit à le vérifier dans la vie quotidienne. Les habitudes prises dans l'usage des ordinateurs et l'insistance par l'ensemble des sphères de la société portée à la maîtrise de leurs usages, personnels et professionnels, ont installé des formes de rapport au monde, à l'information qui sont encore en évolution mais qui sont de plus en plus pesantes.

Des "doudous" : en voilà une génération projetée dans l'âge adulte et responsable.

Les affaires de "copier coller" par exemple illustrent les travers possibles (rappelons ici, à l'instar de Michel Serres, que ces pratiques ne sont pas nouvelles, mais que c'est leur facilitation d'une part et leur repérage d'autre part qui ont changé).

J'aime beaucoup l'adjectif "possibles" qui trahit une certaine déconnexion de l'enseignement.

Parce que les téléphones ne sont plus des téléphones désormais, mais embarquent de plus en plus de fonctionnalités liées à l'information, en plus de la communication, mais aussi de fonctionnalités multimédia et de traitement des données, ils vont progressivement s'insérer dans un paysage scolaire, d'abord de manière clandestine (c'est souvent déjà le cas) puis de manière progressivement officielle (une expérimentation, site en allemand : http://www.projektschule-goldau.ch/ un documentaire vidéo existe sur cette expérimentation ( http://www.educavox.fr/actualite/report ... ra-t-il-le ), venue de la chaine Arte, on pourra aussi lire cet article : http://cursus.edu/dossiers-articles/art ... es-classe/ on pourra aussi consulter cette page http://guides.educa.ch/fr/mobile-learning ).

Le chemin est déjà tout tracé, donc. Riantes perspectives.

Revenons donc au paradoxe initial et à la médiatisation de ces évolutions. Rappelons que dès qu'un nouvel objet technique (en particulier numérique) apparaît dans le paysage, on convoque le monde scolaire comme potentiel de réalisation et d'évolution. Les nouveautés techniques sont souvent médiatisées au delà du raisonnable faisant le lit du sentiment de mouvement permanent...

Ce qui n'est absolument pas le cas des objets technologiques, obsolètes tous les six mois...

... et donc d'une adoption ou d'un rejet peu analysés. La réalité d'une pratique sociale concerne-t-elle le monde scolaire ? C'est une vieille question qui montre bien l'embarras des institutions (instituées, reproductrices de modèles stables) par rapport à des pratiques nouvelles (instituantes, développant de nouvelle formes instables). Les débats qui vont se faire jour iront-ils jusqu'à une remise en cause du dogme de l'école (porté entre autres par l'UNESCO) comme seul mode d'accès à la connaissance ?

Comme seul mode sans doute, oui sans doute. Comme mode d'accès à la connaissance efficace, j'en doute.

Les établissements scolaires, les enseignants, les communautés éducatives, sont désormais face à une problématique qui interroge de manière fondamentale ce qui est institué. Ces questionnements qui pénètrent lentement dans le monde scolaire vont progressivement s'intensifier au cours des trois à cinq prochaines années. Il est temps d'engager une vraie réflexion qui dépasse les innovations et expérimentations, souvent très contextualisées, pour s'interroger plus globalement sur la transmission dans la société, transmission étant pris ici au sens large, comme les ethnologues et les anthropologues nous y invitent.

Mais voyons, il n'y a plus rien à transmettre, a dit Michel Serres : « Le savoir ? Le voilà, partout sur la toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait. »
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12 Fév 2013 11:11
"Paris se dote d'un ENT" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Paris se dote d'un ENT" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Les espaces numériques de travail (ENT)

A lire sur le "Café Pédagogique" du 25/01/13 : "Paris se dote d'un ENT " .



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13 Fév 2013 12:22
"SVT : Des applications sur mobiles" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"SVT : Des applications sur mobiles" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Les ressources numériques

A lire sur le "Café Pédagogique" du 13/02/13 : "SVT : Des applications sur mobiles"

Le site académique de Créteil propose de nombreuses applications relative au programme de SVT et disponibles sur smartphone. Il y en a pour tous les goûts, du corps humains aux cartes géologiques, de la mesure des nappes phréatiques à Météo France.

La banque

  • Loys
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13 Fév 2013 12:27
Réponse de Loys sur le sujet "SVT : Des applications sur mobiles" (Le Café Pédagogique)

"SVT : Des applications sur mobiles" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Les ressources numériques

C'est quand même curieux, ces sites académiques qui font de la retape pour des applications payantes (parfois plus chères que des livres) et indirectement pour du matériel technologique.

On imagine mal la même page avec tous les livres parascolaires en vente chez votre libraire... :scratch:

C'est ça qui est beau dans le numérique : ça permet tout !
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13 Fév 2013 13:26 - 28 Jui 2019 17:53
"Le Tour de France du Numérique" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Le Tour de France du Numérique" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

En voilà une bonne idée du "Café Pédagogique" : "Le Tour de France du Numérique" !





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13 Fév 2013 13:28 - 28 Jui 2019 17:41
Réponse de Loys sur le sujet "Le Tour de France du Numérique" (Le Café Pédagogique)

"Le Tour de France du Numérique" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Passons sur les habituels "enseignants innovants" ...

Je retiens ceci :

Venez tester les nouveautés dans les domaines des équipements, solutions et contenus numériques pour l'enseignement.

On dirait de la réclame, non ?

Heureusement, ce n'est pas comme si Microsoft, Dell, Acer, Samsung, Toshiba ou Intel étaient partenaires de ce tour de France, avec une "zone d'exposition" et 5 ateliers sur 8 animés par ces partenaires technologiques. :mrgreen:
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13 Fév 2013 13:36
"De l'e-learning sur temps scolaire" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"De l'e-learning sur temps scolaire" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : L'école en ligne

A lire sur le site du "Café" du 12/02/13 : "De l'e-learning sur temps scolaire" .





Ainsi que la description du "projet" :



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13 Fév 2013 13:37
Réponse de Loys sur le sujet "De l'e-learning sur temps scolaire" (Le Café Pédagogique)

"De l'e-learning sur temps scolaire" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : L'école en ligne

De l'e-learning sur temps scolaire

En anglais ça sonne toujours mieux. C'est plus moderne.

Un lycée peut-il s'emparer du e-learning ? C'est ce qui est en train de se faire lycée de la Plaine de Neauphle (78). Sous l'impulsion d'une professeure de SVT, Véronique Saguez, le e-learning déjà utilisé en sciences est en train de gagner les disciplines littéraires.
Je serais curieux de voir à quoi ressemble l'e-learning en lettres.

C'est un nouveau métier que découvrent les enseignants qui doivent imaginer des séquences d'enseignement à distance adaptés à leurs élèves.

Adaptées à chaque élève, puisqu'il s'agit d'individualiser. :doc:

Ah... le "nouveau métier", qu'il faut "imaginer".

Mais c'est aussi une autre façon d'être élève qui passe par exemple par oser formuler des demandes d'aide...

Car l'ancien élève ne pouvait pas le faire. :doc:

"Nous avons au lycée, à Trappes, 46% d’élèves issus de milieux défavorisés", affirme Véronique Saguez qui y est professeure de SVT.

En général le numérique, c'est bon pour les plus défavorisés.

"Ils ne savent pas comment travailler chez eux et ont un fort besoin d’enseignement individualisé".

On va les aider et individualiser en les mettant face à des écrans.

Une intégration de l’e-learning dans le temps scolaire lui a paru une bonne piste de travail, d’autant que le lycée dispose d’assistants pédagogiques.

Ah ! de l'enseignement à distance... mais à l'école : c'est un concept. :scratch:

Les assistants remplaceront avantageusement les professeurs pour donner des méthodes : ils sont moins formés mais moins coûteux et parfaitement polyvalents.

Une réflexion a donc été menée en interdisciplinaire, dans le groupe des professeurs de sciences, appuyée et soutenue par l’équipe de direction, très enthousiaste.

L'interdisciplinarité des néo-pédagogies et le numérique vont de pair.

Depuis la fin novembre, tous les élèves de 2nde, ceux de terminale S et de BTS CGO ont sur leur temps scolaire des séances de travail individuelles sur ordinateur, encadrés par un assistant pédagogique. Pendant 1 h hebdomadaire pour les élèves de 2nde, 3 h pour ceux de terminale, ils doivent réaliser des parcours individuels préparés par leurs enseignants dans certaines disciplines (maths, SVT, physique chimie, mais aussi bientôt lettres et langues).

"réaliser des parcours individuels" : qu'es-ce que ce jargon veut dire ?

3h en terminale, c'est quand même beaucoup : ces heures s'ajoutent aux heures officielles ? Si oui, c'est une belle surcharge. Si non, c'est une belle opération pour avoir autant d'heures disciplinaires avec moins de professeurs.

L’accès à la plate-forme de parcours se fait au travers de Lilie, l’ENT francilien.

L’élaboration des parcours n’est pas une mince affaire, reconnaît Véronique Saguez. Il s’agit de définir des ressources (en général de courtes videos traitant un point précis des programmes), la granularité nécessairement faible du sujet et l’objectif visé en connaissances et compétences.

Le mot "granularité" impressionne mais la phrase n'a aucun sens... :scratch:

Notez aussi que "choisir de courtes vidéos" est moins flatteur que "définir des ressources". Si les ressources étaient textuelles, ça ressemblerait trop à un travail traditionnel et ça, c'est inacceptable.

Cela a été l’objet de collaborations poussées, non seulement à l’intérieur de l’établissement, mais aussi avec l’autre lycée et les collèges de la ville de Trappes. Ainsi enseignants de collège et lycée ont travaillé ensemble, en SVT car les notions aux programme de 3ème et de 2nde sont très similaires, en français car les élèves ont souvent de grosses difficultés d’expression, en maths pour une liaison collège-lycée, etc.

Autre pédagogie nouvelle : en plus de fusionner les disciplines, fusionner les niveaux.

Pour l’instant au lycée, 18 enseignants sur 51 sont concernés, mais personne n’est hostile au projet. Les élèves semblent mieux comprendre ce qu’on leur demande et sont rassurés par les (bonnes) notes obtenues, puisque seuls les parcours validés comptent dans l’évaluation.

Tu m'étonnes que ça leur plaise davantage ! Ils seraient rassurés dans n'importe quel enseignement traditionnel si l'on appliquait cette autre néo-pédagogie de la valorisation évaluative. On voit que les usages numériques sont sytématiquement confondus avec les nouvelles pédagogies.

Ils apprennent aussi à travailler en autonomie ou à formuler un besoin d’encadrement.

Voilà qui semble tout à fait contradictoire. Et comment s'opère concrètement "l'encadrement" ?

La baisse d’attention habituelle en février ne se manifeste pas cette année...

L'article a été publié le 12 février... C'est effectivement un résultat très probant.

...et les résultats aux bac S seront certainement attendus avec impatience.

Effectivement. Mais du coup n'est-ce pas un peu prématuré de faire la publicité de cette belle innovation ? :twisted:

La nécessité de donner accès à un ordinateur à chaque élève pose quelques problèmes d’équipement et des contacts ont été pris avec de associations.

Je ne comprends pas : comment ont eu lieu les "séances de travail individuelles sur ordinateur" s'il n'y a pas assez d'ordinateurs ?

Véronique Saguez aimerait bien transformer, comme à Strasbourg, le CDI en learning center.

Voilà qui va plaire à nos collègues professeurs-documentalistes.

Pour sa part la région a financé l’achat d’une super caméra qui permet une exploitation très aisée des vidéos tournées.

Le concept de cette "super caméra" me paraît curieux.

Cette façon de travailler induit des interactions beaucoup plus nombreuses entre les enseignants, les élèves et les assistants pédagogiques.

Pour résumer, moins les élèves voient les professeurs, plus ils ont d'interactions individualisées avec eux.

Repris dans les classes, les sujets des parcours font l’objet de nombreux échanges y compris par messagerie.

Pendant les cours ? :transpi:

Sans rire, quand les professeurs peuvent-ils échanger individuellement avec leurs élèves par messagerie ? Voilà qui m'intéresse grandement.

« Pour moi, l’e-learning, c’est l’avenir de l’éducation » conclut Véronique Saguez ».

Et l'anglais aussi, visiblement.

« Il faut donner envie de travailler aux élèves.

Les élèves ne peuvent pas avoir envie par eux-mêmes, aujourd'hui.

Le seul moyen de les y inciter,...

Ah carrément... Un bon cours traditionnel, ça n'existe pas.

... c’est la communication, le jeu, le dialogue, la relation avec le prof devient magique.

Il n'était pas question de "jeu" jusqu'ici.

Une touche de néo-pédagogie et une bonne lampée de numérisme.

Non seulement l’e-learning aide à lutter contre les inégalités,...

Je croyais qu'il fallait attendre les résultats ? Ah non, pas besoin finalement... C'est ça, le numérisme : la foi !

... c’est aussi un enjeu pour la future formation professionnelle des élèves et une garantie d’intégration dans la société de demain.

Une garantie d'intégration des élèves défavorisés, ce serait plutôt la maîtrise de la langue... :fur
  • Loys
  • Portrait de Loys
15 Fév 2013 22:38 - 23 Sep 2013 16:17
"Orientation : Mon coach APB : C'est en ligne !" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Orientation : Mon coach APB : C'est en ligne !" (Café Pédagogique)

Catégorie : La ludification

A lire sur le "Café Pédagogique" : "Orientation : Mon coach APB : C'est en ligne ! " (15/02/13)
Le jeu est consultable sur le site de l'ONISEP.


  • Loys
  • Portrait de Loys
15 Fév 2013 22:43
Réponse de Loys sur le sujet "Orientation : Mon coach APB : C'est en ligne ! " (Le Café Pédagogique)

"Orientation : Mon coach APB : C'est en ligne !" (Café Pédagogique)

Catégorie : La ludification

Quelques commentaires :

Dans "Mon APB", le lycéen devient coach. Il a à gérer un lycéen ou une lycéenne...

Qui a eu cette idée ? :scratch:

Il va simuler le déroulement d'une année scolaire. Dans le jeu, l'année passe vite. Et son élève a des exigences : il faut aussi qu'il se repose, qu'elle fasse du shopping ou se distrait.

:shock:

"Le déroulement du jeu leur impose de faire attention au temps et aux étapes. D'anticiper aussi sur le travail scolaire. Et pour cela il les confronte à la réalité, y compris à celles du fonctionnement d'APB".

C'est vrai qu'on se croit vraiment dans la réalité. :roll:

Graphiquement très réussi, le jeu est prenant.

Attention : les élèves vont s'arracher ce jeu... :transpi:

Sans cesse le joueur est face à des demandes de l'élève coaché ou des exigences liées à l'orientation. Il est récompensé par des messages ou alerté quand ça se passe mal.

Du comportementalisme en somme.

Vive le ludo-éducatif.
  • archeboc
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15 Fév 2013 23:05
Réponse de archeboc sur le sujet "Orientation : Mon coach APB : C'est en ligne ! " (Le Café Pédagogique)

"Orientation : Mon coach APB : C'est en ligne !" (Café Pédagogique)

Catégorie : La ludification

J'ai essayé le jeu. Pour que Samia se repose, je lui ai offert un maximum de soirées. Cela a rechargé son énergie à fond.

J'aimerais bien rencontrer les gens qui ont codé ce jeu.
  • Loys
  • Portrait de Loys
15 Fév 2013 23:13
Réponse de Loys sur le sujet "Orientation : Mon coach APB : C'est en ligne ! " (Le Café Pédagogique)

"Orientation : Mon coach APB : C'est en ligne !" (Café Pédagogique)

Catégorie : La ludification

:mrgreen:
  • Loys
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17 Fév 2013 17:40
"Témoignage pour Microsoft" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Témoignage pour Microsoft" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Un article d'il y a cinq ans mais qui a ressurgi des tréfonds du site du "Café Pédagogique" : "Témoignage pour Microsoft" (5/02/2008).

Son ancienneté ne lui retire pas son intérêt. Bien au contraire. :twisted:





Merci à @framaka pour l'information. :topla:
  • Loys
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17 Fév 2013 17:43
Réponse de Loys sur le sujet "Témoignage pour Microsoft" (Le Café Pédagogique)

"Témoignage pour Microsoft" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

On comprend mieux le partenariat de Microsoft au "Forum des enseignants innovants" organisé depuis six ans par le "Café Pédagogique".

On s'étonnera aussi d'une catégorie d'article sur le "Café" intitulée : "Témoignage pour Microsoft". Un peu voyant, non ? :mrgreen:
  • Loys
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19 Fév 2013 23:33
"L’enseignement nomade est-il l'avenir de l'école ?" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"L’enseignement nomade est-il l'avenir de l'école ?" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Face aux écrans

  • Loys
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19 Fév 2013 23:34
Réponse de Loys sur le sujet "L’enseignement nomade est-il l'avenir de l'école ?" (Le Café Pédagogique)

"L’enseignement nomade est-il l'avenir de l'école ?" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Face aux écrans

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19 Fév 2013 23:59 - 01 Juil 2015 13:48
"Enseignement nomade : L'extraordinaire développement des tablettes en Thaïlande" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Enseignement nomade : L'extraordinaire développement des tablettes en Thaïlande" (Café Pédagogique)

Catégorie : L'école numérique dans le monde

Dans le "Café" du 19/02/13 : "Enseignement nomade : L'extraordinaire développement des tablettes en Thaïlande"

Enseignement nomade : L'extraordinaire développement des tablettes en Thaïlande

Avec le terme "extraordinaire" on rentre à nouveau dans le délire numériste....
A notez que ce qui est important, c'est le "développement des tablettes", pas l'élévation du niveau scolaire.

"Même les écoles pour bonzes sont venues nous demander de participer au programme". Présenté, dans un français parfait par Mme Sasithara Pichaichannarong, secrétaire générale du Ministère de l'éducation thaïlandais, à l'occasion de la Mobile Learning Week le 18 février, le programme thaïlandais d'équipement des établissements a de quoi séduire. Le gouvernement ose le grand saut dans le 21ème siècle et l'enseignement nomade pour tous avec One Tablet Per Child.

Le "Café" est séduit par le simple équipement en tablettes... Il ne lui faut pas grand chose.
On retrouve - avec la variante "tablettes" - la rhétorique de l'injonction de modernité "le grand saut dans le 21ème siècle". C'est la même rhétorique qui il y a quinze ans a fait ouvrir des salles informatiques dans tous les établissements scolaires en France, puis acheter des charriots numériques il y a dix ans...

Décidé en août 2011 par le gouvernement thaïlandais, One Tablet Per Child (OTPC) prévoit de doter tous les élèves et les professeurs du pays d'une tablette en quelques années. En 2012, deux niveaux d'enseignement sont équipés d'un bloc : l'équivalent du CP et de la 6ème. Et le pays va continuer ainsi à remonter le primaire et le secondaire à raison de deux générations par an. L'effort est colossal.

Avec des tablettes à à quelques dizaines de dollars, l'effort est moins colossal qu'en Corrèze où le Conseil général a équipé les élèves en iPads.

En 2012, le pays a fait l'acquisition d'1,6 million de tablettes en Chine. Elles s'intègrent dans 40 000 écoles mises en réseau, dotées de wifi, comme tous les lieux publics, et de serveurs

.
Rappelons qu'en Thaïlande, de nombreuses écoles n'ont pas encore... l'électricité, sans même parler de connexion... :roll:

Ce programme d'équipement qui marque la détermination du gouvernement thaïlandais. Mais il reste abordable : chaque tablette, fabriquée spécialement pour la Thaïlande, coûte 40 dollars. Mme Sasithara Pichaichannarong se garde bien de chiffrer le budget du plan OTPC.

On se demande bien pourquoi. :scratch:

Mais on reste dans des budgets très inférieurs à ce que le Royaume Uni ou les collectivités locales françaises peuvent dépenser.

Comprendre : pourquoi ne fait-on pas comme ce pays ?

Elèves et professeurs peuvent ramener la tablette à la maison, d'autant qu'elle contient également des contenus pour les parents, par exemple des recettes culinaires. La tablette est prêtée pour 3 ans. Elle sera renouvelée à terme. Des conseils sont donnés aux enfants et aux parents pour son utilisation : limitation en durée, protection des oreilles. Le WiFi par contre ne pose pas de problème en Thaïlande où personne ne se sent menacé par les ondes. "Peut-être vous avez raison en France, mais en Thaïlande personne se s'en soucie", explique Mme Pichaichannarong.

C'est l'avantage des pays en voie de développement, n'est-ce pas ?

Chaque tablette est équipée de logiciels pour l'enseignement des sciences, des mathématiques, de l'anglais du Thaï et des "social studies", un équivalent de l'histoire et de l'éducation civique. Il y a des e-books, des expériences virtuelles, des dictionnaires, des cours. Nous avons pu voir de très jolis programmes éducatifs. Mais une partie des contenus se réduit aussi à des manuels simplement numérisés. Les tablettes peuvent aussi se connecter par internet en wifi à des ressources externes. Un site spécial propose gratuitement des ressources pour l'enseignement des sciences. Le gouvernement entretient également une télévision éducative dont les émissions sont téléchargeables gratuitement. La mise à jour des contenus des tablettes se fait automatiquement tous les 3 jours.

Tout est merveilleux. Rappelons quand même que les tablettes étaient d'abord prévues pour être livrées sans logiciels de contrôle parental. La Ministre des technologies de l'information et de la communication, Anudith Nakornthap, a expliqué que les tablettes étaient prévues pour être utilisées hors-ligne et que la connexion était sous la responsabilité des parents et des enseignants ! Devant le tollé, on a prévu dans l'urgence un logiciel qui non seulement censure certains sites mais enregistre tous les accès au web. C'est rassurant dans un pays qui pratique la cyber-censure et bloque par dizaines de milliers tous les sites accusés de crime de lèse-majesté ou de républicanisme trop revendiqué. :twisted:

Et les enseignants ? Evidemment chaque enseignant reçoit une tablette. Il s'agit d'un matériel gonflé par rapport à celui des élèves pour stocker davantage de ressources. Le gouvernement a introduit un plan de formation systématique. 500 maîtres formateurs ont suivi de sessions de formation longue d'une durée de 3 mois. Ils ont à charge de former 10 000 formateurs enseignants. Ceux-ci, présents dans chaque district, soutiennent 100 000 enseignants.

Donc les formateurs sont en cours de formation, alors que les tablettes sont déjà distribuées depuis un an ? :scratch:

Comment les impliquer ? Un concours récompense les meilleurs contenus pédagogiques. Les enseignants y gagnent de l'argent mais aussi des échelons d'ancienneté. L'arrivée du matériel est soutenue par cette dynamisation des enseignants.
Quel impact ? Le gouvernement n'a pas procédé à des tests scientifiques sur l'impact de la numérisation. "100% des enfants aiment bien travailler avec la tablette" , assure Mme Pichaichannarong.

:spider:
L'adjectif "extraordinaire" du titre de l'article peut prêter à sourire...

C'est loin la Thaïlande ? Peut-être pas. En tous cas pas suffisamment loin pour que l'on ne puisse offrir, avec votre aide, à Vincent Peillon et son conseiller TICE un voyage d'étude...

Un voyage en Corrèze peut suffire. :mrgreen:
  • Loys
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20 Fév 2013 21:12
Réponse de Loys sur le sujet "Le Tour de France du Numérique" (Le Café Pédagogique)

"Le Tour de France du Numérique" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire sur le "Framablog" d'Alexis Kaufmann : "Tour de France du Numérique pour l'Éducation ou pour Microsoft ?"

Extrait :

Nous sommes en 2013 et nous n’avons toujours pas réussi à éradiquer ce triste symptôme qui frappe depuis des années l’Éducation nationale française, à savoir la marchandisation Microsoft de nos écoles et son malheureux corollaire : le déni volontaire du logiciel libre et de sa culture.

Dernier exemple en date, cette initiative qui de prime abord semble tout aussi innocente que louable : le « Tour de France du Numérique pour l’Éducation ».


Merci à cliohist pour le lien.
  • Loys
  • Portrait de Loys
21 Fév 2013 10:15
Réponse de Loys sur le sujet "Le Tour de France du Numérique" (Le Café Pédagogique)

"Le Tour de France du Numérique" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Aujourd'hui, 21/02/13 : "Caen : Le numérique serait-il un levier de la motivation ?"

Extrait :

Sur cette nouvelle étape du TDF du numérique pour l’Education, force est de constater qu’en s’engageant dans les projets où le numérique occupe une place centrale, on peut favoriser l’engagement des élèves dans les apprentissages. En reliant les savoirs à un projet concret tout en prenant conscience de sa responsabilité Numérique, l’élève peut parfois dépasser ses inhibitions. Ces 4 expériences menées dans des champs disciplinaires différents nous montrent qu’intégré à une stratégie globale de mise en activé des élèves, le Numérique permet de lever les résistances, le désintérêt de certains.


Évidemment, à part quelques affirmations bien vagues sur la motivation des élèves, rien sur les progrès scolaires concrets et mesurables qu'apporteraient le numérique.
  • Loys
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21 Fév 2013 10:22
"Ecrivez régulièrement de petits textes, plus vous écrirez, moins vous aurez peur" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Ecrivez régulièrement de petits textes, plus vous écrirez, moins vous aurez peur" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Le réseautage

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21 Fév 2013 10:38
Réponse de Loys sur le sujet "Ecrivez régulièrement de petits textes, plus vous écrirez, moins vous aurez peur" (Le Café Pédagogique)

"Ecrivez régulièrement de petits textes, plus vous écrirez, moins vous aurez peur" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Le réseautage

David Cordina est un pionnier des usages pédagogiques des réseaux sociaux.



Enseigner aux adultes en formation continue et initiale à Lille 1 est pour lui une chance. Le public est composé de personnes de tous âges, toutes nationalités, réunies par l’envie d’apprendre le français.

Voilà qui n'a pas grand chose à voir avec les conditions d'apprentissage habituelles en France.

La recherche de situations authentiques de communication est essentielle pour ancrer l’apprentissage dans le quotidien. En 2009, David Cordina fait la connaissance de Laurence Juin sur Twitter, enseignante au lycée professionnel Doriole de La Rochelle. Elle recherche aussi des opportunités pour sa classe de Bac Pro tertiaire de développer la pratique de l’écrit. Ils décident de lancer tous les deux une expérience de tandems qui mettrait en relation les étudiants chinois de David et les élèves de Laurence. Les échanges, soumis à la contrainte des 140 caractères du réseau social, portent sur la géographie, la vie quotidienne et permettent de correspondre sur des éléments réels, concret avec une ouverture interculturelle.

Des "situations authentiques de communication" bien artificielles, de fait.

Le premier essai est réussi et l’expérience se poursuivra avec des étudiants indiens lorsqu’en 2010, David est nommé directeur pédagogique de l’Alliance Française de Bombay.

Il perçoit Mumbai comme « un terreau fertile pour initier des projets numériques innovants ». Et très vite, les étudiants s’emparent des outils. Les enseignants reçoivent une formation adaptée pour favoriser leur appropriation pédagogique du numérique. Ning, Facebook et Twitter sont utilisés à des fins différentes. Ning permet de créer un réseau social dédié à une communauté, il joue un rôle fédérateur en regroupant les travaux d’écritures sous toutes les formes et les échanges entre les étudiants et les enseignants. Twitter est préféré pour des projets ponctuels ou incluant des échanges avec des étudiants ou des élèves extérieurs. Facebook est utilisé comme un outil de communication externe. Linkedin est également inclus dans les supports plus dans une optique professionnelle. Les étudiants apprennent à utiliser l’un ou l’autre des outils en fonction de l’usage et de l’objectif de communication visés. L’objectif est de les inciter à écrire le plus souvent possible, à multiplier les essais comme dans un entrainement sportif. « Ecrivez régulièrement de petits textes : plus vous écrirez, moins vous aurez peur » leur conseille t-on.

Avec 140 caractères, peut-on encore parler de "texte" ? :scratch:

L’entraînement est d’importance lorsqu’on constate le degré d’exigence pour obtenir le niveau B1 ou B2.

B1 est le niveau attendu en fin de collège/de scolarité obligatoire.

Progressivement, d’autres alliances françaises partout dans le monde se lancent dans les réseaux sociaux et favorisent des correspondances entre des étudiants venus d’horizons différents et qui ont en commun l’apprentissage du français.

A Mumbai, les échanges sur le réseau les plus fréquents concernent la vie quotidienne, les découvertes de restaurants, de lieux à visiter, les loisirs… La culture française est aussi un sujet de prédilection, une culture interrogée, fortement marquée par les représentations. La mode, la gastronomie sont ainsi rêvées, idéalisées. Comme peu d’étudiants indiens viennent encore en France, cette distance, cette méconnaissance du pays réel nourrit les visions embellies que le forum de discussion essaye de corriger en sollicitant le débat sur des réalités politiques indiennes et françaises. Les enseignants encouragent les tentatives, corrigent les erreurs. Les différentes versions des textes sont publiées pour être à leur tour source d’apprentissage. David Cordina a repris là un principe institué par Mario Asselin dans les carnets Opossum : l’erreur permet d’apprendre, son erreur comme celle des autres, le regard bienveillant empêche qu’elle se transforme en faute surlignée en rouge.

Attention : pour les néo-pédagogues, une "erreur" n'est pas une "faute". :doc:

Et le rouge est remplacée par quelle couleur permettant de repérer l'erreur ? :roll:

L’activité sur les réseaux sociaux suit le rythme des semestres. Les 2500 étudiants de la communauté publient en dehors des cours, l’Alliance Française ne possédant pas de salle informatique. Ils tweetent chez eux, dans les transports où les temps sont longs, sur leur smartphone ou sur leur ordinateur. L’origine sociale des étudiants est plutôt aisée. Les parents investissent beaucoup dans l’éducation et ne lésinent pas pour équiper leurs enfants.

Bref, un milieu très représentatif de l'échec scolaire.

Pour eux, apprendre le français est une compétence supplémentaire à rajouter à leur cursus, une distinction, un raffinement marqué par l’attirance pour une culture appréciée. Et puis, nombre d’entreprises et de sociétés sous-traitantes sont installées à Bombay et recrutent des francophones. Pourtant peu encore d’étudiants ayant fréquenté l’Alliance Française partiront poursuivre leurs études en France. David constate une progression, encourageante, des pionniers qui se lancent et qui feront des émules.



Développer les contacts avec des élèves français permet aussi d’avoir une vision réelle et de la rendre accessible. Les réseaux sociaux de l’Alliance Française sont ouverts, favorisant ces contacts. Dernièrement, des étudiants ont échangé avec des élèves de 6e d’un collège de Wattrelos. L’Inde et Bombay sont au programme de géographie au collège, une aubaine pour répondre aux questions des collégiens et exercer son français. Le mois de la francophonie sera l’occasion aussi de développer des activités autour de la langue française qui sera fêtée par le concours vidéo « Mumbai J’aime », les contributions à « Dis moi dix mots » et des ateliers d’écriture sur Twitter (#10mots).

Twitter pour célébrer la francophonie : on pouvait difficilement rêver mieux ! :mrgreen:

Pour faire mieux comprendre la culture de la France, l’Alliance Française de Bombay invite avec ses partenaires la culture dans la ville. Représentations théâtrales, rencontres d’artistes offrent un reflet du monde réel, de la richesse des auteurs contemporains. Le festival « Bonjour India 2013 » qui dure trois mois, a accueilli notamment les Ballets Preljocaj et le Théâtre de Lorient venu créer une pièce en anglais à partir des œuvres de Marguerite Duras. Le metteur en scène Eric Vigner est venu dialoguer avec les invités à questionner le métier de metteur en scène et l’œuvre de l’écrivain. Favoriser l’expression, la communication écrite en faisant feu de toutes les initiatives, puiser dans la culture et dans les échanges, des raisons supplémentaires d’aimer le français. Au fil du temps, David Cordina élargit les palettes de l’apprentissage de la langue française.

C'est un le principe des Alliances, en même temps.

Après trois ans passés à Bombay, il se prépare à rentrer en France dès la rentrée prochaine. Ses souvenirs indiens seront teintés d’étonnements face à une société si différente de la nôtre, où les rapports sociaux, les relations entre les riches et les pauvres sont marqués d’une indifférence matinée de fatalisme. Ils seront sans nul doute marqués aussi par la formidable énergie d’une ville en expansion, la soif de découverte d’étudiants pour qui les réseaux sociaux sont un véritable pont vers un ailleurs.

Comme c'est beau et lyrique : vivent les réseaux sociaux au service du Bien et de l'Humanité !
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22 Fév 2013 14:09
"La renaissance des mots" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"La renaissance des mots" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire sur le site du "Café Pédagogique" du 22/02/13 : "La renaissance des mots" .



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22 Fév 2013 14:12
"Faut-il sauver le soldat numérique ?" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Faut-il sauver le soldat numérique ?" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire sur le "Café" : "Faut-il sauver le soldat numérique ?" (22/02/13)



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23 Fév 2013 19:13
Réponse de Loys sur le sujet "Faut-il sauver le soldat numérique ?" (Le Café Pédagogique)

"Faut-il sauver le soldat numérique ?" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Faut-il sauver le soldat numérique ?

Pourquoi le faudrait-il ?

L'annonce de la remise en cause des certifications CLES2 et C2i2e nous invite à modifier notre chronique de cette semaine. Quel sens donner à cette série d'hésitations sur le numérique dans le monde scolaire ?

Catastrophe ! Des années d'effort, et puis ces certifications si nécessaires envolées d'un seul coup !

En effet mis en place dès 2006, à peine rendu obligatoire pour devenir enseignant, le C2i2e serait mis de coté pour une hypothétique certification ultérieure (comment pourrait-elle être exigée alors qu'ils sont déjà titularisés ?).

Au contraire, cela permet de mieux s'adapter au numérique qui évolue sans cesse. :transpi:

"il est peut-être déjà bien tard pour tenter de penser une véritable vision de la place du numérique dans l'éducation, pas seulement dans l'école, mais tout au long de la vie".

Personne n'a une vision claire de ce qu'est le numérique et de là où il nous conduit. A fortiori à l'école...

Depuis le début des années 1970, l'Education Nationale n'a jamais choisi de position ferme et claire sur la place à donner au numérique dans le monde scolaire.

Il faut dire que depuis 1970 cette place aurait quelque peu changé...

Pourtant il y a eu des initiatives ici et là pour tenter d'aller dans un sens ou dans un autre. Mais aucune ligne politique claire en dehors des sacrosaints arguments habituels : développement dans la société donc adaptation distante de l'école, préparation aux métiers de l'informatique, culture informatique, approche par les usages, etc... Jamais un projet clair et explicite n'a donné lieu à de véritables stratégies : une fois le matériel, la formation, les ressources et la maintenance posés, il n'y a plus rien de consistant.

Une dénonciation bien tardive.

A chaque volonté d'exprimer une vision, outre les traditionnelles oppositions, aucune réelle mise en œuvre n'a été développée. Seul, peut-être, le texte du nouveau conseil national des programmes de 1992 avait tenté d'indiquer une piste : l'intégration disciplinaire forte du numérique comme "faisant partie de" prolongé par l'hésitant B2i du début des années 2000.

Ah... Le B2i : une grande réussite numérique, qui a révolutionné les usages des élèves !

L'intégration disciplinaire est probablement la seule approche qui soit restée présente depuis le début des années 1970 (cf. la thèse de G L Baron 1987, puis les travaux qui ont suivi). Les autres approches ont oscillées entre un enseignement disciplinaire (qui se rappelle encore de la section H des années 1980) par des options ou des spécialités, et une approche transdisciplinaire (mais sans fond d'intégration disciplinaire). Rappelons ici qu'entre le texte de 1992 et maintenant, les concepteurs des programmes ont largement négligé, hormis dans quelques disciplines, l'emprise progressive du numérique sur la société. En fait aucun lien n'a été fait entre ces contenus disciplinaires et "l'ordinarisation" du numérique.

Il faut dire qu'il n'y a guère de lien...

En d'autres termes, et ce n'est pas nouveau chacun s'est renvoyé la balle entre disciplinaire et transdisciplinaire. Ce jeu est la traduction dans les faits des "jalousies" disciplinaires qui peuplent notre système éducatif. On en veut pour preuve l'intense lobbying de certains pour ajouter des disciplines nouvelles. La lecture, pourtant, de nombreux travaux de scientifiques, de philosophe, mais aussi une simple observation de la vie quotidienne, montrent que la réalité est tout sauf un découpage en morceaux disciplinaires de la réalité.

Cette dernière phrase a sûrement un sens. :scratch:

Si c'est pour nous resservir la nécessaire interdisciplinarité de l'enseignement, on en a vu les ravages depuis vingt ans sur l'enseignement du français. :fur

Or le numérique illustre parfaitement cela, sorte d'infiltration lente (et sournoise parfois) de notre quotidien.

Mais non, le numérique est un outil au service de la connaissance et du progrès humain.

Depuis ces années de "découverte" de l'informatique et de sa cohorte d'objets techniques qui n'en finissent par d'infiltrer notre vie quotidienne, nous avons cru pouvoir rêver. D'abord à une lutte industrielle contre la domination étrangère sur l'informatique, ce qui a donné le plan informatique pour tous pour soutenir Thomson. Ensuite ce fut l'exception culturelle avec le prix unique du livre et la mise à distance de l'informatique par rapport à toute forme d'évolution culturelle, ce n'était qu'une technique, qu'un outil. Puis vint la résignation assumée, car il y avait mieux à faire qu'à se pencher sur ces objets techniques dans l'école. C'est alors qu'apparut la prise en compte des usages plus que des techniques, période critique qui affirma la distance voulue par l'école avec les technologies. C'est alors qu'une prise de conscience amena à généraliser cette approche par les usages (en les rendant obligatoires, cf. B2i, C2i C2i2e), mais aussi par la technique (réveil de l'ancienne option sous forme d'ISN). Et arrive une touche finale (du moins on peut l'imaginer), finalement on s'en passera (en grande partie) à l'école, d'ailleurs les autres pays qui les ont utilisées en sont revenu et n'investiraient plus. Il suffit de ne plus exiger quoique ce soit comme certification (où est passé le B2i lycée ?) et surtout de ne pas regarder du mauvais coté pour revenir à une école des fondamentaux chers à certains philosophes peu enclins à ces objets nouveaux, mais qui en parlent souvent.

C'est vrai que savoir lire et écrire dans sa propre langue, c'est secondaire. :doc:

Comme on le voit, le rêve des années 80 s'est transformé progressivement. L'école à plutôt bien résisté finalement. Non seulement la technique n'y est pas entrée, mais en plus les marchands et les techniciens qui l'accompagnent ont été cantonnés dans des espaces que l'excellence républicaine a pu contenir. D'ailleurs, pas mécontents de ce fait, ceux-ci ont investi un autre espace, celui de la famille, de la vie personnelle, de la vie privée.

C'est la faute de l'école, au fond.

On ne peut que constater le succès extraordinaire de ces objets numériques au quotidien. D'autant plus que dans le même temps ils ont continué d'investir le monde de l'industrie et encore plus des services, à l'instar de la recherche scientifique.

Sans poser aucun problème aux générations antérieures, qui n'ont pas été formées au numérique ou éduquées aux médias.

Cette dernière, d'ailleurs ne saurait plus quoi faire sans ces machines et leurs logiciels. Est-ce à dire que le numérique a été "bouté hors des frontières de l'école" ?

Il y est juste peu utile pour ce qu'on veut y faire.

Un observateur naïf pourrait penser que désormais deux mondes coexistent, l'un essayant, par soubresaut de s'intéresser à l'autre, qui lui, pourtant, a décidé de l'ignorer, au moins en partie (c'est quand même un marché). Le monde scolaire ne parvient pas à trouver une juste distance avec les technologies de l'information et de la communication.

Il subit surtout les directives et les investissements faits sans le consulter.

Chaque jour on est obligé de constater que nombre d'acteurs de ce système ne savent pas non plus vers quoi aller, subissant de plus en plus la pression "de la rue". Celle-ci a longtemps pu être contenue aux frontières de l'école. L'évolution actuelle des règlements intérieurs sera un bon indicateur de cette impossibilité de tenir ces frontières. Mais le choix qui se pose à tous est le renforcement des frontières ou un véritable projet. Ni acceptation, ni refus, il s'agit d'écrire une nouvelle page, grâce à l'école, de l'éducation à la liberté, contre l'esclavage. Certains diront que cet esclavage est celui des technologies, d'autres diront que c'est celle du marché, mais aucun n'oserait demander le renoncement à tant d'évolutions technologiques et scientifiques qui ont amélioré le confort de vie, qui allongé l'espérance de vie.

Les consoles de jeux vidéos ou les smartphones allongent l'espérance de vie ? :scratch:

En d'autres termes, est-il possible de faire son marché dans le marché ?

En remettant en cause C2i2e, B2i et autres prises en compte du numérique, sous quelque forme que ce soit, le ministère donne à l'école un signal fort. Le décryptage des raisons de ces choix ne doit pas occulter celui des effets de ce choix sur l'avenir de notre société et surtout sur la manière dont nos enfants pourront "être au monde" dans les années à venir.

C'est vrai, ça : comment "être au monde" quand on n'a pas été formé au numérique ? :mrgreen:

Le numérique a renforcé une mondialisation qui ne date pas d'hier, mais plutôt des grands voyageurs puis du commerce triangulaire. Il en accélère les effets, et leur donne aujourd'hui une forme que le monde scolaire ne parvient pas à saisir, et dont elle ne s'empare qu'à la marge. Loin d'une adhésion béate ou d'un rejet systématique, voire idéologique, il est peut-être déjà bien tard pour tenter de penser une véritable vision de la place du numérique dans l'éducation, pas seulement dans l'école, mais tout au long de la vie.

Une conclusion bien brumeuse : quelle serait donc cette "véritable vision" appelée de ses voeux par Bruno Devauchelle ?
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27 Fév 2013 00:58 - 28 Avr 2019 22:01
Réponse de Loys sur le sujet "Tribune : Refondation de l'école, redressement économique et numérique : quelles cohérences ?" (Le Café Pédagogique)

Le plan numérique pour l'école

Catégorie : Le pilotage de l'école numérique

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27 Fév 2013 00:59
Réponse de Loys sur le sujet "Tribune : Refondation de l'école, redressement économique et numérique : quelles cohérences ?" (Le Café Pédagogique)

Le plan numérique pour l'école

Catégorie : Le pilotage de l'école numérique

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28 Fév 2013 10:17
Réponse de Loys sur le sujet "« Lire au collège » à l’ère du numérique" (Le Café Pédagogique)

La littérature à l'école à l'ère numérique

Catégorie : Vers l'école numérifiée

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01 Mar 2013 16:09
"Etre élève à l'ère du numérique" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Etre élève à l'ère du numérique" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire sur le "café Pédagogique" du 1/03/13 : "Etre élève à l'ère du numérique" de Bruno Devauchelle.



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01 Mar 2013 16:09
Réponse de Loys sur le sujet "Etre élève à l'ère du numérique" (Café Pédagogique)

"Etre élève à l'ère du numérique" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

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07 Mar 2013 11:47
"M@dos : Un dispositif innovant de formation des personnels d'encadrement" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

La formation en ligne des enseignants

Catégorie : L'école en ligne

A lire dans le "Café Pédagogique" : "M@dos : Un dispositif innovant de formation des personnels d'encadrement" (7/3/13)

M@dos : Un dispositif innovant de formation des personnels d'encadrement

M@dos lance le recrutement de sa 5ème promotion. Ce dispositif d'enseignement à distance propose aux personnels d'encadrement de l'éducation nationale (chefs d'établissement, adjoints, inspecteurs) un master professionnel en e-learning. M@dos permet un renforcement des compétences métiers, une meilleure compréhension des enjeux sociétaux généraux du secteur de l'éducation, l'appropriation des TIC par ces personnels. La formation est soutenue par l'ESEN et fondée sur une équipe issue de 5 universités. La dernière promotion connaît un taux de diplomation de 83% tout à fait exceptionnel pour du e-learning.


Du e-learning pour former aux TICE, quelle bonne idée ! Avec de tels encadrants, l'avenir sourit à l’Éducation nationale.
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15 Mar 2013 16:09
"Autonomie en classe à l'ère du numérique" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Autonomie en classe à l'ère du numérique" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire dans le "Café Pédagogique" du 15/03/13 cet article de Bruno Devauchelle : "Autonomie en classe à l'ère du numérique" .



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15 Mar 2013 16:09
Réponse de Loys sur le sujet "Autonomie en classe à l'ère du numérique" (Café Pédagogique)

"Autonomie en classe à l'ère du numérique" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

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21 Mar 2013 09:56
Réponse de Loys sur le sujet "Le Tour de France du Numérique" (Le Café Pédagogique)

"Le Tour de France du Numérique" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

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22 Mar 2013 12:08
"Y a-t-il des parents Y ? Travailler avec les parents à l'ère du numérique" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Y a-t-il des parents Y ? Travailler avec les parents à l'ère du numérique" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : L'école en ligne

A lire dans le "Café Pédagogique" du 22/03/13 cet article de Bruno Devauchelle : "Y a-t-il des parents Y ? Travailler avec les parents à l'ère du numérique."



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22 Mar 2013 12:08
Réponse de Loys sur le sujet "Y a-t-il des parents Y ? Travailler avec les parents à l'ère du numérique" (Le Café Pédagogique)

"Y a-t-il des parents Y ? Travailler avec les parents à l'ère du numérique" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : L'école en ligne

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25 Mar 2013 07:42
"Pour le MEDEF le numérique doit changer l'Ecole" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Pour le MEDEF le numérique doit changer l'Ecole" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Voilà qui est clair.

A lire sur le "Café Pédagogique" : "Pour le MEDEF le numérique doit changer l'Ecole" (25/03/13)



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29 Mar 2013 20:41
"Le numérique et la loi dans le monde scolaire" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Le numérique et la loi dans le monde scolaire" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire sur le site du "Café Pédagogique" du 29/03/13 : "Le numérique et la loi dans le monde scolaire" .



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01 Avr 2013 15:08
Réponse de Loys sur le sujet "Le numérique et la loi dans le monde scolaire" (Le Café Pédagogique)

"Le numérique et la loi dans le monde scolaire" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Le numérique et la loi dans le monde scolaire

Nous allons encore assister à un bel exemple de numérisme avec l'affirmation habituelle que le numérique ne pose aucun problème.

CNIL, Hadopi, CNC d'un coté. Plagiat, diffamation, injure de l'autre. Règlement intérieur, charte informatique, interdiction encore. Filtrage, contrôle, surveillance enfin... Impressionnante est la liste des dispositifs, institutions, actions, évènements qui concourent à poser la question de la loi face au numérique dans l'enseignement scolaire. L'observation de ces cinq dernières années montre que la préoccupation sécuritaire a occupé une large part des questionnements autour de l'introduction des TIC et en particulier d'Internet dans l'éducation et le monde scolaire.

Un feu attisé par une médiatisation accrue des situations problèmes rencontrées par rapport à leur nombre réel en proportion des activités déployées par les jeunes.

Et de quelles statistiques M. Devauchelle, qui n'enseigne pas, dispose-t-il pour affirmer une telle chose ? :twisted:

Un feu attisé aussi par une préoccupation politique traduite par des actions explicitement orientée en vue de situer, prévenir, calmer, encadrer des pratiques peu maîtrisées par les adultes, à l'inverse des jeunes qui fréquentent les écoles.

C'est totalement faux. Les réseaux sociaux sont pratiqués autant par les adultes que par les enfants, par exemple.

Tout cela traduisant une inquiétude traductrice non seulement de pratiques illégales ou peu recommandables, mais aussi une méconnaissance assez étonnante de l'activité numérique, ainsi qu'une ignorance des pratiques des jeunes, quand ce n'est pas parfois une méconnaissance de la psychologie de la jeunesse et de l'adolescence.

Heureusement que M. Devauchelle est là pour apporter ses éclairages aux enseignants qui n'y connaissent rien à cette jeunesse qu'ils fréquentent tous les jours.

On est toujours étonné de constater que la formation des enseignants donne si peu de place à ces deux éléments, psychologie et droit, dans un métier qui, pourtant est principalement chargé de s'occuper de jeune pour tenter de leur donner des repères pour entrer dans la société.

Le numérique ne pose donc aucun problème, aux yeux de M. Devauchelle. Le vrai problème est la formation des enseignants, qui ignorent que le numérique ne pose aucun problème.

L'analyse des compte rendus d'incidents autour des mésusages du numérique par les élèves est révélateur. Le plus récent étant l'exclusion de trois élèves, pourtant peu remuants, après qu'il aient posté des injures envers un enseignant non nominativement cité, n'ayant pas porté plainte, les élèves ayant reconnus leur fautes et s'étant excusé.

M. Devauchelle pourrait aussi rappeler quelles étaient les insultes de ces élèves "peu remuants" : «Je ne réviserai pas pour sa vieille gueule, elle peut crever», «ma prof est une s...», etc.

Quant à l'absence de plainte, elle devrait donc exclure une action disciplinaire ? :shock:

Cette décision, qui va au delà du droit ordinaire...

Sur quoi se fonde une telle assertion ?

...prise par le chef d'établissement peut illustrer notre propos (cette information demanderait à être précisée, la source journalistique pouvant elle-même avoir donné un prisme particulier). Ce qui surprend toujours c'est la force de la loi en regard d'actions qui finalement, si elles ne laissaient pas de trace, seraient considérées comme privées et surtout ne seraient pas perceptibles.

Eh oui : pour M. Devauchelle, Twitter est un réseau privé. Et toujours la même minimisation des insultes à peine "perceptibles".

En l'occurrence des jeunes ordinaires ne se rendent pas compte du fait qu'avec le numérique un pas a été franchi dans la visibilité des propos privés.

Je pense qu'ils s'en rendent très bien compte, au contraire : Twitter est une tribune ouverte au monde et y crier ses insultes a quelque chose de grisant. M. Devauchelle a l'air de prendre les jeunes pour des idiots qui ne maîtrisent pas le numérique.

Au delà de la connaissance du droit, c'est bien la compréhension des mécanismes de diffusion des propos (et des traces) qui fait question.

On attend les éclairages...

Parmi les débats actuels, dans le cadre de la loi sur la refondation de l'école, certains portent sur l'exception pédagogique. Autrement dit sur le fait que pour l'enseignement le droit des auteurs et des professions associées n'est pas de même nature dans l'école qu'en dehors. Il y a déjà bien longtemps que les enseignants se sont affranchis de cette loi et le numérique n'a pas amélioré les choses. L'exception pédagogique est d'abord un fait (souvent illégal) avant d'être une loi. Le législateur, poussé par les lobbys qui défendent les intérêts de leurs entreprises, hésite à aller trop loin et sent bien que se trame là une évolution assez radicale dont on a du mal à percevoir les contours. Le constat qui déplore le fait que les fonds de dotation à l'achat des ressources dans les établissements n'ont pas été consommés comme on le pensait (variable selon les évaluations retenues) met à jour une sorte d'incohérence voire de paradoxe. On leur donne les moyens et ils ne les utilisent pas ! En fait, la photocopieuse et le numérique sont passés par là. Le copier collé a commencé sur la vitre du photocopieur avec les ciseaux et la colle, aujourd'hui il se poursuit avec le même mouvement, mais numérisé.

Voilà donc ou M. Devauchelle du "Café Pédagogique" veut en venir, sans avoir le courage de le dire, avec ce rapprochement curieux entre des insultes d'élèves et des pratiques pédagogiques : les professeurs sortent de la légalité, comme les élèves finalement. Les uns et les autres sont mis à égalité par la pratique du copier-coller.

Quant à l'affirmation "il se poursuit avec le même mouvement, mais numérisé", je serais curieux exactement de savoir ce que signifie par là M. Devauchelle. Car au contraire, s'agissant de textes libres de droit par exemple, les ressources numériques permettent aux enseignants de se libérer des contraintes de respect du droit d'auteur imposées par l'édition scolaire. Sans compter que la redevance versée par le Ministère de l’Éducation aux éditeurs permet précisément aux professeurs de faire des copies occasionnelles de manuels.

Autre problème important celui de la protection des enfants mineurs. Espace public, l'établissement scolaire, parce qu'en plus il accueille des jeunes mineurs se doit d'encadrer leurs activités afin qu'elles ne permettent pas de dérive. On comprend dès lors les filtrages, les contrôles et autres systèmes de surveillance qui vise à essayer d'anticiper certains comportements en les interdisant. Mais comment préparer à la vraie vie si on ne peut s'y frotter ?

Un vrai raisonnement d'apprenti pédagogue ! Laissons les élèves se cyberharceler puisqu'ils doivent se préparer à l'avenir qui les attend. :mrgreen:

Le paradoxe de l'école est qu'elle doit exécuter sa mission d'éducation à un monde vis à vis duquel elle doit mettre en place les protections pour éviter que des maux, en limite ou au delà de la loi, ne touchent les jeunes.

M. Devauchelle devrait se relire, quand même...

Entre la charte informatique et la mise en place de proxy et logiciels de filtrage plus ou moins performants on ne sait que faire, mais on fait. Du coup certains jeunes vont s'éduquer en dehors de l'école... Car très vite on parle de situations extrêmes, mais la simple interdiction de diffuser des vidéos issues de serveur en ligne dans un établissement peut avoir des effets de désintérêt massif pour l'usage scolaire du numérique ainsi aseptisé.

Bel aveu que ce qui intéresse les élèves, ce n'est pas les usages numériques scolaires ! :cheers:

Certains font venir les gendarmes dans l'école (Guignol a encore de beaux jours devant lui !), d'autres des associations dites de prévention, d'autres encore des spécialistes éducatifs qui, comme certains, vont bien au delà de la loi et donnent des conseils "scientifiques" de défiance vis à vis du numérique.

Laissez venir à l'Internet les petits enfants, dirait au contraire M. Devauchelle.

Le passage du constat scientifique d'une nuisance à l'apologie du tout sécuritaire, il n'y a qu'un pas que l'on franchit très rapidement avec la médiatisation de quelques faits montés en exergue. Les jeunes, nous dit Danah Boyd, ont appris à sécuriser eux-mêmes leur environnement numérique.

C'est-à-dire ? Ils évitent les sites publicitaires, racistes, pornographiques etc. ? :scratch:

Cela ne signifie pas qu'il ne faut pas les aider, mais cela signifie que leur maturité sur le sujet mérite qu'on les écoute et qu'on parle avec eux. Malheureusement trop souvent, dans ces soirées, ces après midi et autres réunions du genre, on sépare (ils se séparent eux-mêmes parfois) les parents, les élèves, les enseignants. Le travail nécessaire à mener avec les élèves (pas de même nature suivant les âges) est avant tout un travail d'explicitation, puis d'explication et enfin d'élaboration de modes de fonctionnement à défaut de règles.

"élaborer des modes de fonctionnement" : voilà tout à fait ce qui peut convaincre radicalement les élèves de s'en tenir aux usages "aseptisés" du numérique. Mais au fait, voilà qui ressemble furieusement à l'élaboration d'une "charte" : n'est-ce pas M. Devauchelle qui s'en moquait précédemment ? :xx:

Si l'on considère comme Daniel Hameline que l'autonomie c'est l'art de se créer des lois et de les respecter, il est temps d'engager dans nos établissements une vraie réflexion sur cette autonomie, aussi bien pour les adultes que pour les jeunes.

Et il temps que M. Devauchelle lise un peu Jean-Jacques Rousseau... Et au fait, l'autonomie sur Internet, ça commence à quel âge ?

Les enseignants n'échappent pas à la critique, ils la méritent aussi.

On a cru le comprendre. Surtout que ce sont eux qui établissent les contrôles et filtres dans les établissements.

Il serait trop facile de rejeter sur les jeunes et la nouvelle génération des comportements que nous avons, nous adultes, largement contribué à construire, à défaut de les agir nous même.

"Nous adultes", c'est surtout valable pour le "Café Pédagogique".

Un peu d'humilité est nécessaire, il suffit de regarder nombre de comportements d'adultes (sur la route, dans les transports en commun) pour comprendre que le rapport à la loi est à rapporter à la capacité de chacun à commettre de petites incivilités, en considérant que ce n'est jamais important...

Une petite couche de relativisme. Puisque les adultes ne respectent pas la loi, il ne faut pas demander aux enfants de respecter des règles. Le raisonnement est imparable.

Alors avant de photocopier, ou de recopier tel ou tel document pour les élèves, il serait bon que chaque enseignant s'interroge sur son respect du droit avant de pouvoir interpeller ses élèves.

Merci M. Devauchelle pour vos bons conseils.

C'est à ce prix que l'on pourra donner de la force et de la légitimité à nos enseignements, en quelque sorte, l'exemplarité face à la loi... même pour le numérique.

Le jour où les professeurs ne photocopieront plus un manuel scolaire, les élèves cesseront de les insulter sur Twitter. :transpi:
  • Loys
  • Portrait de Loys
01 Avr 2013 16:01
Réponse de Loys sur le sujet "Pour le MEDEF le numérique doit changer l'Ecole" (Café Pédagogique)

"Pour le MEDEF le numérique doit changer l'Ecole" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Pour le MEDEF le numérique doit changer l'Ecole

Si Laurence Parisot, présidente du Medef (Mouvement des entreprises de France) ouvre le Forum Education - Entreprise, le 20 mars, c'est que l'organisation patronale n'abandonne pas l'ambition d'influer sur l'Ecole en refondation.

C'est tout à fait dans ses attributions.

Le Forum accueille les plus hauts dirigeants du système éducatif avant de demander à Michel Pébereau de conclure. Pour lui le numérique remet en cause l'évaluation des élèves dans le système éducatif français.

Que faut-il comprendre ? Qu'il faut revoir ou supprimer l'évaluation ? :scratch:

Quand le Medef organise un "forum éducation - entreprises", il se garde bien d'inviter des enseignants.

Qu'est-ce qu'ils peuvent bien connaître au métier d'enseigner, de toute façon ?

Il invite des cadres du système éducatif, des personnalités nommées par N.Sarkozy et des chefs d'entreprise. C'est peut-être ces derniers qui ont le plus de choses à dire sur la façon dont le numérique fait évoluer les métiers. Déjà cela place le niveau d'exigence du Medef : les compétences numériques sont nécessaires à la vie économique y compris dans des filières qui semblent le plus à l'abri comme le bâtiment.

Voilà l'enseignement à sa fonction de base : l'employabilité.

Pour accompagner cette exigence, le Medef invite les plus hauts responsables du système éducatif à clore le Forum. Pour l'Education nationale, Jean-Paul Delahaye, directeur général de l'enseignement scolaire, rappelle le programme stratégique lancé par Vincent Peillon.

Comme quoi, les grands esprits du ministère et du MEDEF se rejoignent.

Il vise non seulement à ancrer les compétences numériques des élèves mais aussi à développer une filière du numérique éducatif en France. Un troisième appel d'offre est en cours sur le numérique et les apprentissages fondamentaux. A la rentrée, le ministère devrait ouvrir un service d'accompagnement pour les collégiens de 6ème en difficulté et un service d'apprentissage des langues vivantes. Le ministère soutient également avec la Caisse des dépots le déploiement du très haut débit en zone rurale.

C'est quoi, "ancrer les compétences numériques des élèves" ? Et "développer une filière du numérique éducatif", c'est utile pour les entreprises : mais pour les élèves ? Quant à l'accompagnement numérique des élèves en difficulté, j'ai hâte d'en constater les brillants résultats.

Pour le ministère de l'enseignement supérieur, Simone Bonnafous, directrice générale pour l'enseignement supérieur, attend du numérique "une révolution pédagogique". Le numérique "doit changer la manière d'apprendre".

Et sur quoi se fonde la conviction que c'est possible et que c'est mieux ?

Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d'université, rappelle les efforts des universités. "Bousculées" par les MOOC, elles rappellent que former ce n'est pas que mettre en ligne des cours filmés. Il y a aussi tout l'accompagnement de l'élève, les évaluations etc. Les universités pour le moment développent le numérique d'abord pour la formation continue.

Voilà qui semble plus raisonnable.

C'est Michel Pébereau, chef de file du Medef pour l'éducation, qui conclut la journée. Pour lui le numérique sera "plus important que l'environnement" pour l'avenir des entreprises françaises dans la compétitivité mondiale. Il rappelle que le socle défini en 2007 avait mis les compétences numériques en 4ème place après la maitrise du français, d'une langue étrangère et des maths. Pour lui le numérique dans le nouveau socle doit être au même niveau que ces compétences.

Voilà qui est dit. :shock:

"L'école doit tenir compte des compétences numériques alors qu'elle ne reconnait que les compétences du 20ème siècles".

Maîtriser le français, c'est tellement XXème siècle. :twisted:

Elle doit accepter les compétences "inductives" du numérique alors qu'elle classe les élèves sur leurs compétences déductives.

Ravi d'apprendre que M. Pébereau est pédagogue. On retrouve encore de manière éclatante l'alliance pédagos/libéraux.

Il reprend ainsi les grandes lignes des propositions du Medef pour l'Ecole.

L'école devrait aussi formuler ses propositions pour le monde de l'entreprise, après tout.

Le Medef est pour le socle et l'élévation du niveau général d'éducation.

Monsieur est trop bon.

Mais il veut aussi une école qui prenne en compte les attentes des entreprises.

Comprendre avec la conjonction "mais" que les attentes des entreprises n'ont rien à voir - elles - avec l'élévation générale du niveau.

C'est à dire qui intègre les compétences attendues par les entreprises comme l'esprit d'entreprise ou l'autonomie.

L'esprit d'entreprise est un compétence évaluable : il faut le transformer en discipline scolaire.

Et le numérique est aussi un levier pour faire bouger l'Ecole et revoir les compétences qu'elle évalue.

Pour ceux qui se demandent encore d'où vient cette obsession du socle et des compétences...
  • Loys
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05 Avr 2013 12:07
Réponse de Loys sur le sujet "Si le B2i était conté aux enseignants et aux éducateurs…" (Café Pédagogique)

Du B2i au CRCN

Catégorie : Les examens connectés

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  • Loys
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05 Avr 2013 12:10
"Plus fort que l’innovation, l’esprit d’innovation" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Plus fort que l’innovation, l’esprit d’innovation" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire dans le "Café Pédagogique" du 05/04/13 : "Plus fort que l’innovation, l’esprit d’innovation" de François Jarraud.



  • Loys
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05 Avr 2013 12:10
Réponse de Loys sur le sujet "Plus fort que l’innovation, l’esprit d’innovation" (Café Pédagogique)

"Plus fort que l’innovation, l’esprit d’innovation" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

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  • Loys
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06 Avr 2013 16:40
Réponse de Loys sur le sujet "Des lycéens poètes aux semelles de tweet" (Café Pédagogique)

Enseigner les lettres avec Twitter

Catégorie : Le réseautage

Des lycéens poètes aux semelles de tweet

Toute la créativité innovifiante est déjà dans ce titre inspiré. :D

Selon Paul Eluard, « le poème est le plus court chemin d’un homme à un homme »...

C'est sans doute pour cette noble raison qu'il a écrit une "Ode à Staline" en 1950.

...en témoigne peut-être le projet « i-poèmes »...

Comme c'est inventif et créatif de mettre un i- devant un mot pour lui donner une vivante modernité...

...travail d'écriture poétique, collaborative et numérique. Réalisé conjointement par les premières L du lycée de l’Iroise à Brest et des lycéens italiens apprenant le français au Liceo Cecioni à Livourne, il montre comment faire de Twitter un réseau à la fois social, créatif et pédagogique.

"Faire de twitter un réseau social", c'est effectivement une bonne idée. :cheers:

De manière plus générale, il articule des activités variées (analyse de l’image, lectures, écritures, travail de la langue, pratique réfléchie de la poésie …) pour donner aussi du sens à l’école.

Car c'est vrai que la poésie sans Twitter, c'est dépourvu de sens.

La littérature cesse ici d’être un objet purement scolaire et théorique pour devenir, avec le support du numérique, invitation au voyage...

En toute simplicité. C'est fou comme un simple réseau commersocial peut transfigurer le monde !

...nourri de Christine Jeanney, auteure contemporaine, et d’Arthur Rimbaud, le « poète aux semelles de vent », chaque lycéen est joliment convié à partir à la découverte de l'autre et de soi, par les mots et par les images.

"joliment" ? On n'est jamais mieux servi que par soi-même. :twisted:

Préambules

Le parcours pédagogique proposé croise deux objets d’étude au programme du français en première L (« écriture poétique et quête du sens », « les réécritures »). Les lycéens brestois l’ont mené dans le cadre d’une séquence plus précisément consacrée au poème en prose. Les lycéens italiens y ont développé par la pratique créative du français des compétences tout à la fois culturelles et linguistiques.

Le projet trouve sa source d’inspiration dans le travail mené par Christine Jeanney, auteure numérique contemporaine. Sur son blog ou dans ses recueils, à travers ses « todolistes » ou ses « photofictions », elle instaure d’insolites, fulgurants ou bouleversants échanges entre des images, que lui adressent ses amis, et des textes, qu’elle écrit au quotidien. La « todoliste » est ainsi par elle définie : « liste de 4 choses à faire/dire/penser sur photo offerte au rythme d'une par jour pendant 365 jours ». Le projet i-poèmes s’ouvre d’ailleurs sur la lecture en classe, oralisée, d’extraits de son œuvre numérique « Quand les passants font marche arrière ça rembobine ». Lecture non commentée par le professeur : il s’agit non pas d’enfermer (en donnant du sens, en guidant à l’extrême)...

Car bien sûr commenter, c'est retirer du sens. :santa:

...mais bien d’ouvrir (les images et les textes qui s’entrelacent ou s’entrechoquent, la langue de Christine Jeanney par sa radicalité même, voilà qui suffit à produire un effet de sidération et de stimulation).

Le mot "stimulation" me fait penser aux expérimentations animales.

La collision entre photo et texte est à la mesure de celle qui se joue entre auteur et lecteurs lycéens...

:scratch:

...ceux-ci, espère-t-on, se souviendront de l’effet produit par cette rencontre lorsqu’ils transformeront leur lecture augurale en écriture personnelle.

Le projet peut alors être lancé. La mission, « tâche complexe », délicieusement complexe...

Un adepte de l'enseignement par compétences, tellement rimbaldien il est vrai.

...est confiée aux élèves : à l’instar de Christine Jeanney, en collaboration avec les lycéens partenaires de l’échange eTwinning, vivre une expérience partagée du monde, par les images et par les mots. Différentes étapes vont permettre de mener cette mission à bien, tout en développant à chaque fois des compétences particulières.

Comment un travail collectif peut-il s'inspirer d'une démarche foncièrement singulière et individuelle ? :scratch:

Photographier

Il s’agit dans un premier temps, tout simplement (?), de photographier...

Effectivement, c'est pas compliqué...

...chaque élève doit prendre une photo de son environnement pour faire découvrir aux correspondants de l’autre pays une image originale de sa ville ou région.

Quelle démarche innovante ! Notez les contraintes sévères de l'exercice. :doc:

Lancée avant les vacances de Noël, cette étape apparaît d’ailleurs a posteriori comme l’aspect perfectible du projet, tant « l’originalité » des photos s’est avérée inégale : idéalement, autrement dit « si c’était à refaire », il conviendrait de l’accompagner d’une séance de réflexion autour de la photographie et d’un atelier de travail mobile dans la ville, chacun équipé d’un appareil photo, d’une tablette, de son smartphone …

Bref, les élèves ne se sont pas foulés.

Cet accompagnement aurait sans doute permis de faire comprendre combien l’essentiel se joue dans le regard de celui qui photographie, construit le réel, isole, découpe, montre …

Enfin, surtout appuie sur le déclencheur de son iPhone.

Il aurait sans doute aussi permis de combattre la tendance naturelle à la photo carte postale, avec ce que cela implique de cliché : la nature (mer, ciel, soleil…) plutôt que la ville, le plan général plutôt que le plan rapproché, l’infiniment grand plutôt que l’infiniment petit, le grandiose plutôt que le modeste, le lieu commun (dont le modèle est le coucher de soleil, qui se couche partout) plutôt que la singularité du lieu… Un mail adressé pendant les vacances à tous les participants aura permis à certains de réfréner cette tentation et de rectifier le tir.

On est plutôt ici dans le compte-rendu de ce qui aurait dû être...

Publier

Les élèves sont invités à publier ces images personnelles sur le réseau social Twitter : la consigne est de tweeter au moins une photo en utilisant la balise #imivoix et en précisant le lieu.

Ça aussi, c'est compliqué. Résumons : un clic pour une photo, un clic pour un envoi sur Twitter. Le travail poétique est saisissant.

Le réseau Twitter s’avère ici un outil idéal. Un outil très pratique : tous les élèves y ont créé un compte et peuvent dès lors aisément voir et récupérer les photos publiées par les uns et les autres. Un outil stimulant : l’arrivage progressif des photos tout au long des vacances a contribué à la dynamique du projet, en produisant surprises, plaisirs, émulation. Un outil adapté à l’esprit même du projet i-poèmes, fondé entre autres sur l’instantané (comme instrument de fulgurance poétique) et le partage (écrire en réseau pour élargir la vue).

Il faut vraiment que je crée un smiley pour ce genre d'élucubrations...

Un outil susceptible enfin de favoriser une prise de conscience chez l’élève. Les photos que je mets en ligne ont un destinataire que je ne connais pas forcément...

Trop fort, la découverte de la situation de communication en Terminale.

...dès lors, qu’est-ce que je dis de moi à travers les images que je publie ? Je peux aller sur un réseau social non pas forcément pour retrouver mes semblables, mais aussi pour découvrir des gens, des lieux, des aventures humaines qui me sont inconnus...

C'est sûr qu'une timeline, c'est une putain d'"aventure humaine". :mrgreen:

...dès lors, comment puis-je utiliser internet pour déplacer mon regard, pour aller vers l’altérité ?

Grave question. :doc:

Regarder

Au retour des vacances, il est demandé à chaque élève de parcourir l’ensemble des tweets comprenant la balise #imivoix et de choisir une photo susceptible d’inspirer l’écriture, de préférence une image qui a été envoyée par un lycéen de l’autre pays et qui n’a pas été encore sélectionnée par quelqu’un (un forum est mis en place sur l’ENT Moodle du lycée pour faciliter la répartition).

Bref, choisir mais en respectant des contraintes bien scolaires. Au passage, on peut se demander l'intérêt de Twitter s'il existe un forum... :shock:

Une séance en salle multimédia est alors consacrée à une nouvelle étape de travail : regarder.Il s’agit pour chacun de s’approprier l’image retenue par la rédaction d’un texte descriptif double : une description objective pour nommer tous les éléments perçus sur la photo et en identifier les caractéristiques iconographiques (couleurs, effets d’ombre ou de lumière, cadrage, jeux sur les lignes, les formes, les plans …) ; une description subjective pour expliquer les effets produits par la photo (sentiments ? sensations ? impressions ? connotations ? rêves ? souvenirs ? réflexions ?...).

La classe, c'est le lieu parfait pour l'exposition de l'intime.

L’épisode est apparu particulièrement intéressant tant la dynamique du projet semble avoir créé chez chacun comme un désir de voir et par là-même une volonté de développer sa capacité à regarder. Les textes produis se sont avérés bien plus élaborés que prévu, au point que les élèves ont pris l’initiative de publier immédiatement leurs textes sur le blog du projet : on sent dans leurs « descriptions objectives » une vraie volonté d’exhaustivité et de précision, une attention aussi, en train de se construire, au langage de l’image ; on perçoit dans leurs « descriptions subjectives » un étonnant désir d’entrer en dialogue intime avec l’image, de trouver les mots pour dire en quoi et à quoi elle fait écho en soi.

Ah... La magie des photos publiées sur Twitter.

On regrette parfois que la génération des « digital natives » soit celle du zapping, de la concentration flottante, de la lecture buissonnière, superficielle et éphémère. Peut-être.

Mais non, voyons.

En utilisant Twitter en classe, on lutte contre tout ça.

Ne faudrait-il pas alors que l’école mette en place des dispositifs pédagogiques qui éduquent l’attention, qui enseignent le plaisir de l’image arrêtée, qui apprennent à fixer le regard et l’esprit ? Ne faudrait-il pas alors convenir que, contrairement aux idées reçues, le numérique peut largement y contribuer ?....

Avec Twitter, c'est l'outil idéal effectivement. :mrgreen:

Lire

Une séance ultérieure permet de mener un atelier d’écriture, qui s’ouvre par la lecture du poème d’Arthur Rimbaud « Enfance (III) », extrait de son recueil « Illuminations ».

Rimbaud a lui-même été inspiré par une photos publiée sur Twitter qu'il a choisie dans une liste en toute spontanéité.

Les impressions des élèves sont collectivement rassemblées : le poème, constatent-ils, est construit sur l’anaphore de « il y a » ; cette tournure donne l’impression d’un inventaire de choses vues (lors d’une promenade dans un bois ?), d’une description de la réalité ; or les éléments décrits paraissent irréels, relevant plutôt de l’hallucination (en témoigne l’écriture, fragmentaire et percutante), du rêve (en attestent les contradictions et invraisemblances), du souvenir (comme semblent l’indiquer le titre et certains détails) ; ce jeu sur la présence-absence est relié par les élèves aux connaissances qu’ils ont acquises sur Rimbaud, notamment sa théorie de la voyance poétique dont le poème semble un bel exercice (arriver par les mots à l’inconnu dont on est affamé, saisir l’inaccessible, même fugitivement puisqu’on est finalement, tristement, chassé de ce bois enchanté). Il faut noter que ce commentaire s’improvise de façon collective et rapide : en 10 minutes, avec la participation d’à peu près tous les élèves. Une étude de texte semble chose facile quand il y a une motivation, en l’occurrence ici le lien lire-écrire-publier : je lis avec intérêt parce que cela va me donner à écrire et que ce texte écrit va être diffusé sur le net.

Et l'auto-publication sur le Net, c'est la consécration ! :lol:

Ecrire

On enchaîne avec le travail de rédaction qui doit permettre de transformer les textes descriptifs initiaux en textes poétiques à part entière. La consigne est ainsi formulée : « vous écrirez un poème en prose inspiré de la photographie que vous avez choisie et du poème de Rimbaud. » Le sujet est analysé collectivement. Les réactions, les questions, les réponses données par les uns les autres, permettent de s’accorder sur les attentes suivantes : le poème devra prendre appui sur des détails précis de l’image (d’ailleurs, convient-on, plus il témoignera d’un regard aiguisé sur la photo, meilleur il sera) ; comme chez Rimbaud, le texte sera construit sur une anaphore de « il y a », mais on admet que l’anaphore puisse subir des variations « il y a » / « il y a eu » / « il y aura » (modulations qui conduisent à habiter à la fois le présent, le passé et le futur, à explorer à la fois le réel, la mémoire et l’imaginaire) ;

Bref, une écriture d'invention sur le mode catalogue comme on peut en faire dès l'école primaire.

...le texte devra présenter une écriture poétique (les caractéristiques du genre, dont certaines ont été vues en cours, sont rappelées, elles vont pouvoir, par la mise en pratique, être mieux assimilées et encore enrichies) ; le poème en prose doit être « inspiré de », mais il ne s’agit pas d’un pastiche à proprement parler (on peut, mais on ne doit pas forcément reprendre certains mots ou certaines structures du poème de Rimbaud ; on peut même, souhaitent certains, s’en éloigner pour affirmer sa singularité). Ce temps de négociation est précieux : beaucoup d’élèves y trouvent une feuille de route utile, formatrice, rassurante ; tous s’approprient d’autant mieux la mission qu’ils ont conscience de participer à une tâche collective particulièrement ambitieuse.

Tu m'étonnes : avec ses semelles de vent, Rimbaud c'est quand même une pointure. :rirej

Publier

Le poème est d’abord publié au fur et à mesure de son écriture sur le réseau Twitter : chaque fragment, chaque « il y a », y est diffusé séparément, avec la balise #ipoème et avec la photo jointe.

L'unité poétique est génialement éclatée sur la timeline.

Ce dispositif, par lequel Twitter devient espace d’écriture poétique et vivant atelier scolaire, est apparu particulièrement intéressant pour tous les élèves qui ont eu le temps, la possibilité, le plaisir de l’utiliser ainsi. La contrainte des 140 caractères en fait le lieu idéal pour travailler l’art de la concision et de la fulguration.

Ah... la fulguration est un art qui se travaille. :shock:

140 caractères, c'est surtout pratique pour faire court.

En ce sens, Twitter est un espace particulièrement adapté pour travailler la langue : l’orthographe d’abord (il convient de ne pas être ridicule, surtout quand on est susceptible d’être lu par des élèves étrangers …)...

C'est vrai que travailler encore l'orthographe en Terminale littéraire, c'est tout à fait normal.

...le vocabulaire aussi (on prend le temps de choisir le mot juste, le mot qui aura le plus fort pouvoir de suggestion ou de musicalité), la syntaxe surtout...

En 140 caractères, la syntaxe va décoller. :cheers:

(le tweet est par nature célébration de la phrase, son écran-écrin, comme une invitation à isoler et ciseler).

Son "écran-écrin" ? :lol:

Quant à cette définition du tweet (" par nature célébration de la phrase"), elle semble bêtement oublier que l'immense majorité des tweets ne sont pas rédigés sous forme de phrases.

Twitter se révèle encore un lieu parfait pour la poésie...

Et la publicité.

...si la prose est étymologiquement comme on le sait « ce qui va en ligne droite », si elle est par nature linéaire, continue, ouverte, c’est bien que la poésie est un exercice de la langue qui goûte la brièveté...

C'est totalement faux... La poésie peut être brièveté comem elle peut être longueur. Il est vrai qu'aujourd'hui l'école la restreint à ses formes brèves parce qu'il faut bien s'adapter à des élèves qui ne lisent plus, grâce à nos merveilleux "écrans-écrins"...

...la discontinuité, la clôture ; il y alors comme une poétique du tweet, comme il en est une de l’alexandrin...

Il fallait oser ! :pendu:

... et les élèves ont joliment saisi son invitation à « fixer des vertiges », remarquablement exploité sa capacité d’« illumination ».

C'est vrai que la démarche et son commentaires sont particulièrement illuminés.

Twitter offre enfin des interactions professeur-élèves très intéressantes. La fonction « retweeter » permet d’un simple clic à l’enseignant ou aux autres personnes connectées d’exprimer une appréciation positive : elle est ressentie comme une gratification parfois immédiate et toujours très valorisante puisque le tweet est diffusé à de nombreux abonnés.

"gratification" renvoie aussi à l'expérimentation animale.

La fonction « répondre » permet, quant à elle, de rédiger des observations précises pour souligner la qualité particulière d’une phrase ou d’une image, aider l’élève à s’approprier une figure de rhétorique qu’il a utilisée plus ou moins consciemment, envoyer un hyperlien, par exemple vers un autre poème, que l’élève suivra pour élargir sa culture, proposer une correction orthographique ou une amélioration stylistique...

C'est fou tout ce que Twitter a inventé avec cette simple fonction "répondre"...

...des possibilités bien plus diverses que ce qu’on peut être amené à écrire dans la marge d’une copie...

A part l'hyperlien, je ne vois pas lesquelles...

...et qui donne à l’enseignant lui-même la satisfaction de se savoir lu (les élèves parfois remercient et, le plus souvent, ô miracle, tiennent compte des remarques pour se corriger !).

Ce qui n'arrive jamais autrement. :doc:

Rassembler

Le poème dans son intégralité est finalement publié par chaque élève sur le blog du projet i-voix...

Mais c'est dramatique : on perd toute la poésie offerte par Twitter !

...les lycéens italiens en enregistrent une lecture à voix haute pour parfaire leur maîtrise du français oral, une anthologie numérique vient rassembler les textes produits pour mieux les exposer, pour les valoriser encore davantage et permettre à chacun de prendre aisément connaissance de la diversité des propositions poétiques.

Une lecture par des élèves qui apprennent la langue, c'est une bonne façon de "valoriser" un texte, effectivement. La recherche de valorisation est permanente, comme on peut le voir, dans cette démarche. Il faut dire que l'enjeu est immense : comment donner de la valeur à du rien ?

Si on prend le temps de parcourir ce recueil, on sera étonné par la qualité générale des productions. Bien évidemment, il n’y a pas ici de prétention artistique démesurée...

La précaution s'impose, après le délire ci-dessus. :mrgreen:

...il s’agit de créations pédagogiques et non d’œuvres littéraires à part entière.

C'est tout de suite moins fulgurant. :transpi:

Cependant on sera sensible au bonheur manifeste de la créativité : chez beaucoup d’élèves, il y a de vraies fulgurances ; chez tous, il y a un réel souci de littérarité.

Le "souci de littérarité", voilà qui semble bien loin de l'intention poétique ou de la fulguration rimbaldienne. :spider:

En l’occurrence, le passage du texte descriptif au texte poétique aura conduit chacun à se demander ce qui fait la spécificité d’un usage littéraire de la langue, à s’approprier un peu, à sa façon et de l’intérieur, ce qu’est la littérature. On appréciera aussi la singularité plus ou moins marquée des poèmes : les élèves italiens se sont évidemment inspirés davantage de la structure syntaxique d’« Enfance » pour composer de jolis pastiches, se baigner dans la mer du poème...

Elle était froide ?

...et dans la langue de Molière devenue celle de Rimbaud ;

Tellement accessible pour des élèves étrangers ! :doc:

... les lycéens français se sont davantage risqués à l’aventure verbale par des effets de rupture et de clôture, ils ont davantage osé se différencier du modèle, parfois jusque dans la mise en page. On goûtera enfin la façon dont ils se sont emparés tout à la fois de la démarche de Christine Jeanney, de la photo du correspondant et du texte de Rimbaud pour les faire résonner en eux-mêmes et les confronter à leur propre perception du monde : faire ainsi l’expérience de la poésie, c’est inviter l’imaginaire et la mémoire à se frotter au réel, c’est favoriser par la lecture-écriture une prise de conscience de soi et de l’autre, c’est lancer par la publication un processus d’« autorisation », tout à la fois faire accéder l’élève à la dignité d’auteur...

Voilà, c'est dit. :twisted:

Encore un bel exemple de péda-démagogie.

...et lui donner le pouvoir de s’emparer du monde par les mots.

Tout ça, dans un cours de Terminale.

Perspectives

Le projet i-poèmes, on l’a vu, développe via le numérique en général, via Twitter en particulier, des compétences diverses. Certaines sont propres au français, en particulier celles de lecture, d’écriture, d’analyse de l’image, de langue. D’autres relèvent davantage de l’« éducation aux médias » : notamment prendre conscience du fait qu’il y a un destinataire, connu ou inconnu, à tout ce qu’on publie sur la toile, d’où comprendre la nécessité de faire attention aux photos qu’on y diffuse et aux mots qu’on y utilise.

Cet aspect de la démarche m'a quelque peu échappé.

La démarche éducative ici employée se veut d’ailleurs résolument positive : il s’agit moins d’alerter sur les dangers que de souligner les potentialités, il s’agit de susciter le désir de bien faire plutôt que la peur de mal faire.

Voilà qui est génial. Mais le désir de bien faire n'est-il pas consubstantiel de la peur de mal faire ? :scratch:

Enfin, le projet interroge nos pratiques dans leur dimension « humaniste », au sens même où l’envisage le programme de littérature en première L : comment, au 21ème siècle comme au 16ème siècle, dans la civilisation de l’écran comme dans celle du livre, contribuer à construire un « espace culturel européen » ?

Rien que ça !

A noter le politiquement correct, avec cette petite touche finale d'européanisme (en oubliant lse serveurs américains de Twitter). Rimbaud aurait été un fervent pro-européen.

...si internet en général, les réseaux sociaux en particulier, constituent pour les « digital natives » le lieu d’une expérience partagée du monde, comment la littérature peut-elle y trouver sa juste place ?

Certainement pas en classe...

...si le poème, comme le soutient Serge Martin, doit être envisagé comme « relation » plutôt que comme objet, quelles activités mettre en place à l’école pour qu’en lui l’élève se constitue comme sujet, sujet de sa langue, sujet de sa construction du monde ?

Ce genre d'activités, visiblement. Hors Twitter, point de salut.

A travers ce projet, les jeunes « poètes aux semelles de tweets » nous tracent de fort beaux chemins. Ils nous rappellent que la magie commune de la poésie et de la pédagogie, c’est peut-être de faire advenir ce qui n’est pas encore et ne demande qu’à être, de prendre au mot la belle formule d’André Breton : « Il y aura une fois ».

Cette jolie définition peut malheureusement s'appliquer aussi au consumérisme numérique auquel Twitter et bien d'autres aspirent à nous asservir.
  • archeboc
  • Portrait de archeboc
07 Avr 2013 00:16
Réponse de archeboc sur le sujet "Des lycéens poètes aux semelles de tweet" (Café Pédagogique)

Enseigner les lettres avec Twitter

Catégorie : Le réseautage

Loys dit:

se baigner dans la mer du poème...

Elle était froide ?


La métaphore est effectivement froide comme une vieille limande. Je pense qu'il faut y voir plutôt un clin d'oeil au Bateau ivre :

Et dès lors je me suis baigné dans le poème
De la mer, infusé d'astres et latescent


Le clin d'oeil est appuyé dans la phrase suivante par une référence explicite à Rimbaud.

Désolé, Loys, je n'ai pas lu tout ton commentaire, sûrement très bon, mais sur un matériau de départ trop long et fastidieux pour le mériter.
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07 Avr 2013 01:31
Réponse de Loys sur le sujet "Des lycéens poètes aux semelles de tweet" (Café Pédagogique)

Enseigner les lettres avec Twitter

Catégorie : Le réseautage

archeboc dit: Le clin d'oeil est appuyé dans la phrase suivante par une référence explicite à Rimbaud.

Des semelles du poète, la démarche pédago-numériste n'a guère gardé que le vent...

Désolé, Loys, je n'ai pas lu tout ton commentaire, sûrement très bon, mais sur un matériau de départ trop long et fastidieux pour le mériter.

C'est pourtant d'anthologie... dans son genre. :doc:
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20 Avr 2013 23:42
"Le manuel scolaire et le numérique" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Le manuel scolaire et le numérique" (Café Pédagogique)

Catégorie : Les ressources numériques

A lire sur le "Café Pédagogique" du 19/04/13 : "Le manuel scolaire et le numérique" de Bruno Devauchelle.



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27 Avr 2013 08:45
"Tablettes numériques en lettres" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Tablettes numériques en lettres" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Face aux écrans

Le "Café Pédagogique" du 26/04/13 signale l'existence du "groupe Lettres & TICE de l'Académie de Bordeaux" : "Tablettes numériques en lettres" .





Je conseille la visite du site : http://blogpeda.ac-bordeaux.fr/tablette ... mentation/
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27 Avr 2013 09:03
"L'ENT en milieu scolaire" (Le Café Pédagogique) a été créé par Loys

"L'ENT en milieu scolaire" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Les espaces numériques de travail (ENT)

Réflexion approfondie sur l'ENT dans le "Café Padégogique" du 26/03/13 par Bruno Devauchelle : "L' ENT en milieu scolaire" .



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27 Avr 2013 09:03
Réponse de Loys sur le sujet "L'ENT en milieu scolaire" (Le Café Pédagogique)

"L'ENT en milieu scolaire" (Le Café Pédagogique)

Catégorie : Les espaces numériques de travail (ENT)

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03 Mai 2013 14:19
Réponse de Loys sur le sujet "La maternelle avec une tablette tactile" (Café Pédagogique)

L’école maternelle numérique

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire dans le "Café Pédagogique" du 3/05/13 cet entretien avec Véronique Ribeira et Philippe Guillem : "La maternelle avec une tablette tactile" .



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18 Mai 2013 23:38
"Peut-on développer l'autonomie avec le numérique ?" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Peut-on développer l'autonomie avec le numérique ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Grave question de Bruno Devauchelle dans le "Café Pédagogique" du 17/05/13 : "Peut-on développer l'autonomie avec le numérique ?"


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18 Mai 2013 23:38
Réponse de Loys sur le sujet "Peut-on développer l'autonomie avec le numérique ?" (Café Pédagogique)

"Peut-on développer l'autonomie avec le numérique ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

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21 Mai 2013 23:14 - 08 Jui 2013 16:56
Réponse de Loys sur le sujet "Numérique : La politique académique dévoilée" (Café Pédagogique)

Le plan numérique pour l'école

Catégorie : Le pilotage de l'école numérique

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24 Mai 2013 16:55
"L'environnement personnel de travail de l'enseignant" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"L'environnement personnel de travail de l'enseignant" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire sur le "Café pédagogique" du 24/05/13 ce nouvel article de Bruno Devauchelle : "L'environnement personnel de travail de l'enseignant" .


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25 Mai 2013 11:49 - 25 Mai 2013 11:52
Réponse de Loys sur le sujet "L'environnement personnel de travail de l'enseignant" (Café Pédagogique)

"L'environnement personnel de travail de l'enseignant" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

Quelques commentaires.

Le développement de l'informatique, puis d'Internet a offert aux enseignants des moyens et des ressources nouveaux qui, de manière assez souterraine et peu dite, ont fait évoluer leur environnement personnel de travail, en particulier à domicile.

les technopédagogues aiment employer des périphrases compliquées pour dire des choses simples. Un bureau avec un ordinateur devient ainsi "un environnement personnel de travail". :mrgreen:

Avec l'émergence du web 2.0, les choses ont un peu changées, mais c'est surtout la dynamique collective piloté par l'institution qui a amplifié le mouvement, en proposant des ressources et services dans les sites académiques ou nationaux. Autrement dit l'espace personnel de travail des enseignants à continué de s'enrichir, mais s'est rapidement mis en lien avec les demandes institutionnelles.

J'aurais tendance à dire que ce n'est pas du tout le cas... :xx:

Ce qui est assez surprenant, c'est la place des manuels scolaires papiers dans l'environnement personnel de l'enseignant, encore actuellement.

C'est à dire que l'enseignant tient compte d'un élément qui semble subalterne à M. Devauchelle : l'élève.

Dans certains cas, des cours "tout fait" sont téléchargés et adapté (plus ou moins) au contexte local.

Ce qui constitue - n'en doutons pas - un grand progrès. :papy:

Ce qui a évolué depuis plusieurs années, c'est la place de la communication avec les élèves dans l'environnement personnel. Avec ou sans ENT disponible en dehors de l'établissement, certains enseignants ont développé des stratégies d'accompagnement asynchrone des élèves passant par divers moyens de communication.

Encore une belle périphrase techno-pédagogique : ne parlez pas de mail ou de réseau social mais de "stratégies d'accompagnement asynchrone". :mrgreen:

Du plus traditionnel, le mail au plus médiatisé, Twitter, les usages sont nombreux.

Heu... Non : ils sont plutôt restreints, à vrai dire. D'ailleurs, avec l'explosion des réseaux sociaux, les élèves consultent de moins en moins leurs mails ou les sites mis à disposition par l'institution ou le professeur.

Dans certain cas, cette communication passe par un LMS ou par l'ENT de l'établissement ou encore même par le cahier de texte numérique en ligne. C'est d'ailleurs ce dernier "objet" qui a fait son entrée récente dans la vie personnelle des enseignants et qui s'y installe de façon de plus en plus ordinaire.

En retard d'un train sur les évolutions numériques puisque non intégrées aux réseaux commersociaux actuellement à la mode. Les élèves ne les consultent que pour les notes, mais quasiment jamais pour communiquer.

Autre vecteur de communication avec les élèves, voire avec les parents le CTN....

LMS, ENT, CTN etc. Les technopédagogues aiment beaucoup les acronymes également : ça fait sérieux.

Ces pratiques parfois nommées de mutualisation mais qui sont d'abord des pratiques de mise à disposition montrent bien que des enseignants cherchent à dépasser les limites de leur espace physique.

La mise à disposition ne constitue en rien de la mutualisation. Ou alors il faut considérer que le sites de corrigés en ligne permettent de "mutualiser" le travail.

Chaque enseignant se constitue ainsi une sorte de ressource mobile personnelle. Cela semble être une base pour développer l'utilisation du numérique par l'enseignant dans sa classe.

Bruno Devauchelle glisse insensiblement des ressources numériques utilisées par les enseignants pour préparer leurs cours aux ressources utilisées en classe avec/par les élèves, comme si c'était la même chose.

Reste que cela introduit dans le métier d'enseignant une extension du lieu et du temps de travail. Les enseignants, attachés à leur indépendance (liberté pédagogique ?) sont donc très attachés à "leur bureau". Désormais ce bureau se numérise, et devient un auxiliaire essentiel du travail personnel à la maison avec ce plus qui est qu'il circule parfois jusque dans la salle de classe, contournant parfois l'organisation en place dans l'établissement, mais toujours dans une visée d'amélioration de la qualité du travail et le franchissement des nombreux obstacles techniques : mon matériel, je sais comment il marche et je suis le seul à l'utiliser, cela m'évite des ennuis et des mauvaises surprises.

Ça valait bien la peine de réclamer à cor et à cri l'équipement universel des établissements scolaires... Salles informatiques, classes nomades, ordinateurs fixes pour le professeur dans chaque classe ou ENT, nos technopédagogues les plus experts ont bien du mal à anticiper l'évolution des nouvelles technologies. :devil:
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05 Jui 2013 11:57 - 08 Jui 2013 16:56
Réponse de Loys sur le sujet "Numérique : La politique académique dévoilée" (Café Pédagogique)

Le plan numérique pour l'école

Catégorie : Le pilotage de l'école numérique

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05 Jui 2013 12:00
Réponse de Loys sur le sujet "Stratégie numérique : Devauchelle : Le moment du basculement est venu" (Café Pédagogique)

Le plan numérique pour l'école

Catégorie : Le pilotage de l'école numérique

A lire dans le "Café Pédagogique" du 05/06/13 ce long entretien avec Bruno Devauchelle : "Stratégie numérique : Devauchelle : Le moment du basculement est venu" .


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05 Jui 2013 12:00
Réponse de Loys sur le sujet "Stratégie numérique : Devauchelle : Le moment du basculement est venu" (Café Pédagogique)

Le plan numérique pour l'école

Catégorie : Le pilotage de l'école numérique

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07 Jui 2013 15:03
Réponse de Loys sur le sujet "Le baccalauréat, le numérique et Internet" (Café Pédagogique)

Internet au bac

Catégorie : Les examens connectés

A lire dans le "Café Pédagogique" du 07/06/13 : "Le baccalauréat, le numérique et Internet".


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07 Jui 2013 15:05 - 07 Jui 2013 15:07
Réponse de Loys sur le sujet "P.-L. Ghavam (CG40) : Le point de vue d'un département pionnier dans l'usage des TICE" (Café Pédagogique)

"Un collégien, un ordinateur portable" dans les Landes

Catégorie : Les expériences des collectivités territorales en France

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07 Jui 2013 15:16
"Numérique : Alain Chaptal : Où sont les cadres ?" (Café Pédagogique) a été créé par Loys

"Numérique : Alain Chaptal : Où sont les cadres ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

A lire dans le "Café Pédagogique" du 07/06/13 : "Numérique : Alain Chaptal : Où sont les cadres ?"


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07 Jui 2013 15:16
Réponse de Loys sur le sujet "Numérique : Alain Chaptal : Où sont les cadres ?" (Café Pédagogique)

"Numérique : Alain Chaptal : Où sont les cadres ?" (Café Pédagogique)

Catégorie : Vers l'école numérifiée

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07 Jui 2013 16:21 - 02 Déc 2013 13:35
Réponse de Loys sur le sujet "Le baccalauréat, le numérique et Internet" (Café Pédagogique)

Internet au bac

Catégorie : Les examens connectés

Le baccalauréat, le numérique et Internet
Particulièrement craint, admiré, redouté aussi bien des élèves...

"Particulièrement craint et redouté", quand 98% des candidats pensent l'obtenir ? :santa:
www.laviemoderne.net/mirabilia/47-la-bac-attitude

...des enseignants, des parents, mais aussi des ministres, le baccalauréat est "intouchable" ! Un texte récent sur la fraude aux examens et en particulier au baccalauréat montre bien qu'il s'agit d'un exercice que l'on peut qualifier de "canonique" tant chaque velléité d'en transformer tel ou tel aspect semble un sujet à grave discorde.

Quel rapport entre les dispositions sur la fraude et les épreuves de l'examen lui-même ? :scratch:

On ne rappellera pas les récentes querelles, on signalera simplement que la refondation de l'école à simplement évité d'aborder la question, comme si le pilier central de la fondation était posé là, immuable...

Argument rituel des néo-pédagogistes : le Bac n'a jamais changé. Comme si le Baccalauréat n'avait pas profondément mué depuis l'ère napoléonienne. Ne serait-ce que par le fait que 77,5% d'une génération l'obtient aujourd'hui contre 20% en 1968. Et ne parlons des nombreux changements qui font que les élèves eux-mêmes ne savent plus à quoi s'en tenir, avec par exemple les épreuves continues de compréhension orale cette année.
www.laviemoderne.net/grandes-autopsies/18-diplome-de-bacotille

Or arrive un nouveau contexte qui interroge la pertinence de cet examen et de sa forme de passation dont le modèle ne peut qu'être mis en cause compte tenu du contexte social, éducatif et technologique actuel en regard d'un examen issu de l'époque napoléonienne.

Il se trouve que les lycées sont également issus de l'époque napoléonienne : que faut-il en conclure ? :devil:

Signalons d'abord qu'il n'y a pas un baccalauréat, mais plusieurs.

La précision s'impose, s'adressant à des enseignants. :doc:

Quand on parle du bac, on parle surtout de celui des série "classiques", S, L et ES (antérieurement A B C D.... Mais il y aussi les autres sections, technologiques et professionnelles qui depuis longtemps ont ouvert à de nouvelles formes.

Preuve que le discours tenu plus haut est donc absurde... :roll:

Mais le baccalauréat classique, lui, semble rester figé. En réalité ce n'est pas tout à fait le cas...

Fatigue...

...mais les récentes tentatives de modification de l'épreuve d'histoire géographie pour la section S ont montré qu'il y avait eu des changements mais qu'il y avait encore de nombreux freins. Rappelons ici les épreuves anticipées, les épreuves expérimentales (physiques) les options (dont math et informatique en 1ère L, bizarrement supprimée il y a deux ans) et bien sûr l'épreuve anticipée de français, la plus ancienne (puisque mise en place après 1968). Rappelons aussi l'arrivée de la calculatrice en lieu et place de la règle à calculer et des tables de logarithmes. Si évolution il y a c'est en bordure de ce qu'il convient d'appeler "le grand titre initiatique français des élites".

Avec de tels pourcentages de réussite (84,5% en 2012), le terme "élite" est vraiment parfaitement approprié. :santa:

Or ce rite souffre du numérique et d'Internet. D'abord par le copier coller et la communication qu'il facilite, à l'insu même de surveillants confrontés à la multiplication des terminaux portables connectés. Ensuite parce que l'usage d'Internet et du numérique va à l'encontre de la forme d'apprentissage sous jacente aux épreuves traditionnelles fondées surtout sur la mémorisation et la restitution écrite papier.

Eh oui : la dissertation, le commentaire de texte, la synthèse de documents, la résolution de problèmes ou d'équation, autant d'épreuves fondées sur "la mémorisation et la restitution".
Faut-il imputer à Bruno Devauchelle une méconnaissance totale de ce qu'est le Bac ou bien une mauvaise foi généralisée ?

Nombre de sujet, même de matières non concernées, ont vu inscrit en en-tête cette phrase magique : "calculatrice interdite".

Parce que le savoir se construit par l'apprentissage ? Parce que la mémorisation est un préalable est à toute réflexion ?

Enfin parce que le rapport aux savoirs et la maîtrise de ses usages ne se mesure pas en quelques jours en fin de scolarité sur la base d'épreuves sommaires (par sondage) qui ne rendent pas compte de ce que sait l'élève...

On tire tous azimuts...
Si Bruno Devauchelle connaît une manière équitable d'évaluer les élèves sur tout ce qu'il est supposé savoir, qu'il nous en fasse part !
Quant aux "épreuves sommaires", que Bruno Devauchelle corrige une copie de français composée pendant quatre heures... :mrgreen:

...mais, et encore cela mériterait vérification, le "niveau" de celui-ci en regard des exigences de la nation.

C'est-à-dire ?

Ainsi le côté mythique des examens de certification en France, le baccalauréat en particulier, l'emporte sur la nécessité de concevoir de nouvelles manières de penser ce qu'est un élève "bien formé" à 18 ans (âge habituel de passage de l'épreuve) et disponible pour une suite d'étude.

Mais que Bruno Devauchelle nous en fasse part ! Nous attendons autres chose que des formules vagues : qu'est-ce donc qu'un élève bien formé et comment l'évalue-t-on de façon moderne et connectée ?

Or les usages importants du numérique dans la vie quotidienne et les incitations répétées des politiques à l'égard de l'introduction des TIC en éducation ne sont que peu prises en compte (hormis pour quelques épreuves dans des disciplines spécifiques) dans ces épreuves "terminales". Dans la circulaire d'avril 2012 sur la préparation des examens il est écrit "L'incident sans précédent qui a entaché la session 2011 du baccalauréat a fait apparaître que des risques nouveaux remettaient en cause les précautions traditionnellement prises pour assurer la sécurité de l'examen ; ces risques résultent, en particulier, des moyens techniques et des réseaux de communication développés ces dernières années." On constate, dans le compte rendu des épreuves de 2012 que "L’utilisation des nouvelles technologies (smartphones, calculatrices, oreillette, MP3, montre téléphone) pour 166 candidats sur les 419." est à l'origine des fraudes sanctionnées." Ceci amène le ministère à installer de plus en plus de détecteurs de téléphones portables dans les centres d'examen.

Confusion volontaire entre numérique sauvage et numérique institutionnel. On voit où veut en venir Bruno Devauchelle : au lieu de promouvoir les nouvelles technologies, l’Éducation Nationale les proscrit.

On peut penser que l'évolution des pratiques doit être considérée comme un indicateur : celui de certaines formes d'évaluation, directement issues de certaines formes d'enseignement, en particulier celles basées sur le cumulatif, le magistral, l'individuel, la mémorisation. Cela va probablement prendre du temps. Cependant il existe depuis longtemps d'autres formes d'évaluation, en particulier en cours d'apprentissage et basées, non pas sur l'actuel CCF, mais bien davantage sur l'accompagnement de ceux qui apprennent.

Que c'est bien nébuleux, tout cela.

Mais ces modalités d'évaluation sont souvent suspectées d'être insuffisamment précises et objectives. Chacun le sait la note n'a d'objectif que le symbole qu'elle représente : celui d'une décision prise par un ou plusieurs individus dont les fondements sont souvent discutables et aléatoires comme l'a montré la docimologie depuis longtemps.

Allons-y pour un nouveau poncif. S'il avait des élèves, M. Devauchelle pourrait se rendre compte qu'il existe des niveaux différents et qu'il est facile de les évaluer. Mais bon, il suffit d'asséner cette phrase : "comme l'a montré la docimologie depuis longtemps".

De plus, dès lors que le numérique entre en scène, les nouvelles pratiques peuvent devenir inquiétante par la lourdeur des dispositifs, comme le B2i, le socle commun, le portfolio numérique l'ont illustré chacun à leur manière.

Rires... C'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité.

Car ce qui caractérise les examens traditionnels et le baccalauréat c'est l'industrialisation de l'épreuve dans une perspective égalitariste (rappelons que l'égalité est censée être au coeur des processus d'évaluation actuelle). Cela s'oppose aux formes plus individualisées et suspectes, dans l’exactitude, sur le plan de l'égalité des chances.

Quel rapport entre l'égalité devant l'examen et l'égalité des chances ?
Et de quelle forme "individualisée" s'agit-il seulement ? Pourquoi le propos de M. Devauchelle est-il si vague ?

L'exemple de l'apprentissage en alternance est une illustration fréquente de ce dilemme (ceux qui le connaissent de l'intérieur le vivent souvent). L'arrivée du numérique pourrait apporter dans ce sens sa capacité à gérer des systèmes questions réponses de manière automatisée.

Ah... l'individualisation, c'est l'automatisation. Voilà qui est plus clair. :devil:

Il faudrait alors transformer l'épreuve en un vaste questionnaire à choix multiple intelligent, comme par exemple la médecine l'a mis en place pour la sélection de fin de première année depuis de nombreuses années.

Quel magnifique progrès pour l'école : faire du Bac un "vaste questionnaire à choix multiple" ! :cheers:
Merci pour cet aveu si ingénu.

On aurait là l'apport industriel du numérique.

C'est vrai que des correcteurs humains, c'est archaïque.

Mais ce qui trouble le débat, c'est que les objets numériques, matériels, logiciels, documents, sont peu "contrôlable" et que le principe même de l'examen du baccalauréat, c'est le "contrôle des connaissances".

Heu non... Des connaissances certes, mais aussi de bien d'autres choses qu'un QCM ne pourra jamais évaluer et c'est heureux : la capacité à résumer, à synthétiser, à raisonner, à traduire, à s'exprimer etc.
La vision qu'a M. Devauchelle du Bac est proprement consternante mais ça ne l'empêche pas d'avoir pignon sur l'opinion dans le "Café Pédagogique".

La multiplication des smartphones connectés à Internet décuple les possibilités de contourner ce contrôle et cela risque de tenter des candidats, d'où les injonctions ministérielles. Certains pays, certains lieux d'enseignement essaient l'autorisation, voire l'obligation de l'accès à Internet pour la vérification des connaissances.

Comme ça on ne sait plus qui passe les épreuves puisqu'on peut communiquer avec n'importe qui... :doc:

www.laviemoderne.net/advocatus-diaboli/2...es-examens-de-demain

Cela transforme radicalement la nature des épreuves à défaut de modifier la structure fondamentale de l'examen (qui souvent disparait). A coté du risque qu'il y a à ouvrir cet accès avec l'écueil du copier coller, il y a aussi l'écueil de l'aide à distance par un tiers. D'un coté c'est le contenu qui est mis en cause, de l'autre c'est le fait qu'il faut évaluer le candidat séparément des autres. Deux paramètres principaux sont mis à mal. Imaginer que le numérique puisse entrer dans une épreuve telle que le baccalauréat pourrait se faire en levant la première barrière (tête bien faite plutôt que tête bien pleine)et en construisant des épreuves avec document. Pour la deuxième, c'est l'idée de l'évaluation impossible du travail collaboratif.

:santa:
Cet article est une vraie pépite ! :cheers:

On a tous du mal à imaginer comment évaluer l'individu s'il n'est pas seul. Or la vie quotidienne, personnelle et professionnelle, est une vie en groupe, en société.

D'ailleurs les embauches dans les entreprises se font en groupe. :doc:

Nombre d'activités se développent de manière collaborative (nos ancêtres chassaient et cultivaient ainsi dans des systèmes d'entr’aime).

:lol:

L'exemple des TPE illustre bien cette difficulté. Avec les outils numériques, le travail collaboratif et collectif revient de plus en plus souvent sur le devant de la scène.

Oui, c'est une réussite, effectivement...

Comment imaginer une épreuve collective, collaborative dans le contexte actuel ?
Si pour l'instant la forme des examens scolaires est restée la plupart du temps fondée sur le même principe, l'édifice ne cesse de s'effriter depuis près de quarante années (rappelons ici la création des Bac pro). Les moyens numériques ouvrent de nouvelles brèches dans cette orthodoxie de l'évaluation terminale, solitaire et basée principalement sur un sondage dans les connaissances étudiées et mémorisées.

On ne va pas se répéter...

Ce n'est probablement pas l'épreuve qu'il faut modifier dans sa forme, c'est l'ensemble du processus évaluatif en lien avec les modalités d'enseignements qui y sont rattachées qu'il convient d'examiner et de faire évoluer.

Internet est un outil qui empêche d'instruire : il faut donc adapter l'instruction à l'outil.

L'ampleur du chantier peut rebuter plus d'un ministre. Mais il reste un pilier fort de nos sociétés occidentales contemporaines qui freine ces évolutions : c'est l'idée centrale de "réussite individuelle".

C'est comme si c'était fait, de modifier ce "pilier fort de nos sociétés occidentales contemporaines".

De l'élitisme républicain au libéralisme total, c'est l'individu qui prime.

Ben voyons... Et qui favorise le libéralisme à l'école en faisant la promotion du numérique ?

Le baccalauréat, dans sa forme mythique illustre bien cette idée. Les pratiques numériques révèlent une autre vision des choses, (illustré par les mythes fondateurs du réseau) davantage centrées sur le partage et la communauté.

C'est d'une naïveté confondante... :shock:
Bruno Devauchelle s'enfonce dans le bisounumérisme. :mrgreen:

Cette opposition théorique se traduit dans la réalité par une tension que l'on perçoit comme en évolution. Pour l'instant le système est suffisamment en place pour ne pas laisser passer une forme de dérive. Pourtant le travail mené, en particulier dans l'enseignement supérieur, sur les modes d'évaluation pourrait bien, à terme, rejaillir sur le sacro-saint baccalauréat classique : porte d'entrée "magique" pour la poursuite des études.

De quel "travail" il s'agit, on ne le saura pas... :scratch:
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