Anne-Marie Gaignard et le coaching orthographique

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27 Sep 2012 11:29 - 09 Nov 2016 22:01 #1448 par Loys
Dans "Le Figaro Madame", ce sympathique article du 26/09/12 : "L’école peut anéantir la merveille qu’un enfant est à 10 ans" .



On ne présente plus Mme Gaignard, qui est une référence de l'orthographe sans être enseignante.
Ses apparitions médiatiques servent de relais publicitaires pour sa boîte de formation et de coaching : http://www.defi9.fr/
Cette boîte qui propose de "rectifier une orthographe lamentable" en seulement sept heures ! "Vous verrez, c'est magique !" Tarifs : 590€ pour la formation de 7h et 980€ pour la formation en 14h. Sans parler de ses livres.
http://www.arlandjee.com/documents/calendrierdefi9.pdf

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27 Sep 2012 11:51 #1449 par Loys

L’école peut anéantir la merveille qu’un enfant est à 10 ans

Non, non, ce n'est pas de la démagogie. Et non non ce n'est pas un brin exagéré.

Témoignages à charge de deux révoltés qui tiennent enfin leur revanche.

Être nul en orthographe, c'est donc être révolté. Quelle belle vision romantique, ternie néanmoins par ce besoin irrépressible de revanche. Mais sur qui ?

Anne-Marie Gaignard. - Ma grossesse. Je me suis dit que j’avais six ans pour régler mon problème avant le passage de ma fille en CP. J’avais d’autant plus la pression qu’à cette époque, j’avais encore une étiquette de dyslexique collée dans le dos et je ne voulais surtout pas léguer cette tare à mon bébé.

Il faudrait savoir : c'est un "problème" ou une simple "étiquette" ? :scratch:

Daniel Picouly. - Pour moi, c’est une phrase de mon instituteur, M. Brulé. Il m’a dit : « Elles sont jolies tes histoires, mais c’est dommage qu’elles disparaissent sous les fautes d’orthographe. » Cette matière qui me donnait tant de fil à retordre a subitement pris du sens : faire apparaître mes récits.

M. Picouly n'a pas été "anéanti" par l'école ?

Autre point commun : vous avez réussi à surmonter vos difficultés sans l’aide de vos parents. Quel message souhaitez-vous faire passer à ceux qui ont des enfants en échec scolaire ?
A.-M. G. Quand les parents rentrent à la maison, c’est leur fille ou leur fils qu’ils retrouvent, et non pas un élève ! Ils ne sont pas des instituteurs : à chacun son métier.

Voilà qui est donc totalement contradictoire avec ce que Mme Gaignard vient de déclarer à propos de son expérience personnelle...

Si leur enfant ne parvient pas à apprendre sa poésie, plutôt que de se battre, mieux vaut inscrire sur son carnet de correspondance : « Impossible d’apprendre la poésie. Merci d’en tenir compte. »

En tenir compte de quelle manière ? En renonçant ?

Voilà le genre de parents qui rendent bien service à leurs enfants. La formulation "Impossible d'apprendre la poésie" est d'ailleurs intéressante en ce qu'elle englobe parent et enfant.

Cela peut sembler difficile, mais le jeu en vaut largement la chandelle.

Le renoncement parental est effectivement le meilleur choix.

D. P. Les parents projettent leurs angoisses sur leurs enfants, ce qui est très déstabilisant surtout quand les notes ne suivent pas. Sentant la déception qu’ils provoquent, certains gamins font alors un lien entre l’amour parental et leurs performances scolaires. Et ça, c’est très violent.

En quoi l'école est-elle responsable de l'immaturité des parents ?

Quel message souhaitez-vous faire passer aux élèves qui sont cancres, comme vous l’avez été ?
A.-M. G. Un enfant qui a raté son apprentissage pense que c’est de sa faute car l’école le lui rappelle chaque jour.

Alors que ce n'est jamais de sa faute. Un élève, c'est une "merveille", ne l'oublions pas.

En recevant des copies pleines « de rouge », il croit qu’il a un problème.

Il en a un ou il n'en a pas. il faudrait tirer cela au clair, tout de même.

Il se construit avec cette image.

Et surtout avec l'image du renoncement parental.

Sauf que si on ne lui a pas mis sous les yeux la méthode qui lui convient, il ne peut pas y arriver.

La méthode en 7 heures ou en 14 heures ? :spider:

Je voudrais donc dire à ces élèves que ce n’est pas de leur faute et qu’il est possible de se réparer.

Moyennant finance.

D. P. Je complèterai les propos d’Anne-Marie en ajoutant qu’il faut absolument que les gamins arrêtent de croire au lien mortel fait par l’Éducation nationale : « Si tu fais des fautes d’orthographe, c’est que tu es bête ! »

"Mortel", c'est le mot. On peut même parler d'homicide volontaire.

M. Picouly semble citer quelqu'un : mais qui ? Je ne connais aucun enseignant qui prononcerait une telle phrase. L'exemple de M. Brulé devrait plutôt servir de modèle à M. Picouly.

On sait les ravages que cela engendre. Quand on déconnecte ce lien, on se retrouve face à un problème lambda qui n’est plus consubstantiel !

Quoi qu'en dise M. Picouly, l'orthographe n'est pas un problème lambda. C'est plutôt l'alpha : tout le reste lui est subordonné.

Dans la pièce, Daniel, vous dites : « Un gamin de plus de 60 ans au piquet, ça rappelle aux adultes que certaines punitions d’enfants c’est pour la vie. » L’école peut-elle « tuer » ?

Souligner une faute d'orthographe, c'est donc punir ? Et même tuer ? :shock:

A.-M. G. Oui ! J’ai failli y passer...

Bénis soient les pays où il n'y a pas d'école pour tuer les élèves !

...parce que l’école et les adultes m’ont menti trop longtemps, en me collant à tort cette étiquette de dyslexique.

Si ce n'est qu'une étiquette, tout va bien...

J’ai passé des heures chez un orthophoniste sans faire le moindre progrès. Il m’a fallu trente-six ans pour que je comprenne que je souffrais en réalité de dysorthographie, un trouble qui se soigne vite et bien. Ce jour-là, je me suis effondrée.

Une épidémie moderne, cette dysorthographie. Mais qui ne fait pas le malheur de tout le monde.

D. P. L’école peut tuer violemment, ou sournoisement en enfouissant des blessures qui ne seront peut-être jamais révélées.

On peut porter plainte ?

Mais ce qui est plus grave encore, c’est qu’elle peut anéantir la merveille qu’un enfant est à 10 ans. À cet âge-là, on est un être extraordinaire de rêves, de poésie et d’émerveillement ! Personne ne devrait pouvoir détruire cela.

C'est pourtant simple : il suffit de ne pas aller à l'école... Un monde plus beau, sans aucun doute.

Vous pointez chacun les limites de l’école républicaine. Qu’est-ce qui pêche le plus selon vous ?
A.-M. G. Vaste question… Il y a bien sûr celle de la formation du corps enseignant : je trouve scandaleux que l’Éducation nationale confie nos enfants à des étudiants de master 2 qui ont pour seul outil leur bonne volonté.

Car tous les enseignants sortent à peine d'université, c'est bien connu. Au fait quel diplôme Mme Gaignard a-t-elle, elle qui donne des formations de coaching orthographique ?

Mais au-delà, je n’accepte pas que de simples méthodes d’apprentissage plombent la vie de milliers de gamins. On sait que la méthode semi-globale fait des ravages, pourtant c’est la plus vendue en France parce qu’elle permet d’apprendre à lire vite. Après cela, il ne faut pas s’étonner que près de 50 % des élèves soient à la traîne en entrant en sixième.

La réflexion sur les méthodes manque un peu d'approfondissement. Et si on parlait du volume horaire quasiment divisé par deux en français depuis les réformes de 1990 ?

D. P. Notre école est devenue dans son essence un système libéral extrêmement performant pour fabriquer une élite.

Les boîtes qui surfent sur la destruction de l'école, c'est libéral ou pas ?

Cela ne poserait aucun problème si cette élite était puisée dans toutes les couches sociales comme c’était plus ou moins le cas à mon époque. Mais force est de constater, rapports à l’appui, qu’il y a de moins en moins de fils d’ouvriers dans les universités, les grandes écoles et les prépas.

Mais la maîtrise de la langue n'a rien à voir avec ça, voyons ! Et puis il suffit de mettre un mot dans le carnet de l'étudiant qui passe un concours : "Impossible à apprendre. Merci d'en tenir compte."

Jamais je n’aurais imaginé que le système scolaire puisse se calcifier autant, allant jusqu’à entraver certains itinéraires sous prétexte que des gamins n’ont pas choisi la bonne filière au bac !

L’école n’est-elle pas devenue un bouc émissaire facile ? Ne faut-il pas voir d’autres maux derrière la baisse générale du niveau des élèves ?
A.-M. G. Ah non ! Ce n’est pas la faute des enfants. Un apprentissage doit être ancré pour la vie. S’il est raté, c’est bien qu’il y a un problème à l’école. Notre système scolaire a plus de vingt ans de retard. Il est temps de le réformer, mais pas n’importe comment.

Car il n'a pas subi d’incommensurables réformes depuis trente ans, bien sûr. Et comment donc, au fait ?

D. P. Je partage l’avis d’Anne-Marie : les élèves ne peuvent pas avoir – mal – appris l’orthographe ailleurs qu’à l’école. S’il est suffisamment fort, l’enseignement ne peut pas être pollué, même par des SMS !

On en reste donc à du rase-motte...

Avec toujours ce paradoxe, dans la presse, d'inviter des cancres-qui-ont-réussi-et-qui-sont-devenus-des-grands-écrivains, comme D. Picouly ou D. Pennac. Et derrière, l'idée que tout enfant est un futur grand écrivain qui s'ignore et injustement brimé par l'école (ce que contredit l'exemple de D. Picouly d'ailleurs). Bref que tout enfant a du talent, est une "merveille".

Ce que certains ont bien compris :



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28 Oct 2012 18:59 - 22 Déc 2013 21:50 #1718 par Loys
Anthony Lozac'h, responsable du SE-Unsa, prend sur son blog la défense de Mme Gaignard qui cherche à "développer une méthode – miracle ? – pour sauver les enfants et adultes dysorthographiques rejetés par le système scolaire" : "« La revanche des nuls en orthographe » – Peut-on ignorer les questions et la méthode d’Anne-Marie Gaignard ?"


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08 Juil 2013 15:29 - 22 Mai 2014 12:24 #6782 par Loys
Nouvelle publicité gratuite pour Mme Gaignard dans "L'Express" : "Fautes d'orthographe au travail: les éviter, c'est possible!"
Et un nouvel ouvrage tombant à point pour la rentrée, sur "VousNousIls" du 29/08/13 : "Les naufragés de l'orthographe sauvés des zéros!"
Le naufrage de l'école ne fait pas le malheur de tout le monde. :fur
Ajoutons les réflexion d'une autre célèbre pédagogue sur un fil dédié.

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22 Déc 2013 21:55 - 22 Déc 2013 21:58 #8918 par Loys
Encore les bons conseils d'Anne-Marie Gaignard sur "VousNousIls" du 20/12/13 : "Apprentissage de l'orthographe : "les profs sont mal formés !""


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22 Déc 2013 22:25 - 22 Déc 2013 23:31 #8919 par Loys

La faute d'orthographe n'est pas une fata­lité, selon Anne-Marie Gaignard, péda­gogue et for­ma­trice.

Qu'est-ce qui donne la qualité de "pédagogue", surtout lorsqu'on n'enseigne pas face à des classes ? :scratch:

Diagnostiquée dys­lexique à 8 ans avant de réa­li­ser à 36 ans qu'elle ne l'était pas, elle a long­temps culpa­bi­lisé de sa mau­vaise ortho­graphe, avant de mettre au point une méthode d'apprentissage de la gram­maire. Aujourd'hui, elle cri­tique le sys­tème sco­laire français.

Que Mme Gaignard enseigne pour faire profiter les petits élèves français de ses méthodes ! Les concours manquent de candidats...

Dans votre livre auto­bio­gra­phique , "La Revanche des nuls en ortho­graphe", vous dites que vos ins­ti­tu­teurs n'ont pas uti­lisé la bonne méthode d'apprentissage de la lec­ture. Que leur reprochez-vous ?
Je suis en colère car ce que je leur reproche est tou­jours d'actualité : leur for­ma­tion de base est mau­vaise, ils sont for­més uni­que­ment à ensei­gner aux bons élèves.

Mme Gaignard faisant référence à la méthode globale, on peut dire qu'elle s'adresse au contraire aux plus mauvais élèves, et avec les résultats que l'on constate. Voir cette étude récente sur les manuels de primaire.

La plu­part des pro­fes­seurs des écoles ne savent pas com­ment leurs élèves mémo­risent les connais­sances. C'est grave ! Cette mécon­nais­sance peut plan­ter un enfant pour la vie.

On se demande comment faisaient les enseignants de la IIIe République...

C'est ce qui me serait arrivé, si je n'avais pas eu cette prise de conscience que le pro­blème ne venait pas de moi. Environ 40% des enfants sont tou­chés par la dys­or­tho­gra­phie, un trouble durable de l'apprentissage de la lec­ture et l'orthographe.

D'où sort ce chiffre de "40% des enfants touchés par la dysorthographie" ?

Et l'on n'a rien d'autre à leur pro­po­ser qu'une méthode uni­for­mi­sée. Dans une classe, cer­tains ont une mémoire audi­tive, d'autres une mémoire visuelle et d'autres encore davan­tage kines­thé­sique. Certains auront un peu des trois, mais ce n'est pas la majo­rité.

C'est une nouveauté du monde moderne ou c'était déjà le cas avant ? En ce cas pourquoi un apprentissage "standardisé" fonctionnait-il ?

Il faut s'adapter au fonc­tion­ne­ment intel­lec­tuel de cha­cun, sinon tout effort sera vain.

Et c'est très facile dans le cadre d'une classe de 25 ou 30 élèves. :doc:

Et c'est pour cette rai­son que je suis oppo­sée au col­lège unique et à l'idée que l'on donne le même ensei­gne­ment à tous. Dans les pays d'Europe du Nord ou au Québec, c'est très dif­fé­rent, chaque ins­ti­tu­teur est spé­cia­lisé.

Spécialisé dans quoi ?

En France, on mise sur une péda­go­gie stan­dar­di­sée. Résultat, près de la moi­tié des élèves ne savent pas bien lire à l'entrée en 6e...

La sortie de l'école primaire, c'est avant le collège unique. :santa:

...et il y a fort à parier que nous conti­nue­rons de recu­ler, au mieux de stag­ner, dans les études Pisa.

Si ça peut faire le bonheur de centres de formation qui facturent aux familles des cours d'orthographe...

En quoi consiste votre méthode d'apprentissage, dont vous dites qu'elle per­met de récon­ci­lier les enfants avec la gram­maire et l'orthographe ?
J'ai trans­formé la gram­maire en un conte de fée, avec des princes en mou­ve­ment et deux rois : « Être » et « Avoir ». Le pre­mier est sym­pa­thique, facile à vivre, tan­dis que le second se montre retors. Dès lors que l'on a com­pris com­ment fonc­tionnent ces rois, on saura accor­der tous les autres verbes. J'entends, je vois, je fais : tel est le prin­cipe de la gram­maire que je pro­pose et elle fait des petits miracles. Impossible de ne pas com­prendre. C'est fait pour tous ceux qui ne com­prennent rien aux COD et aux COI. Dans la gram­maire que je pro­pose, il n'y a pas de termes gram­ma­ti­caux. C'est un outil de remé­dia­tion que tous les ensei­gnants devraient consulter.

En toute humilité. :doc:

Un récent rap­port de l'Inspection géné­rale de l'éducation natio­nale pointe du doigt un manque de com­pé­tences des ensei­gnants pour apprendre la lec­ture aux élèves. L'école est-elle aujourd'hui suf­fi­sam­ment à l'écoute des enfants « dys » ?
Non et ça fait des années que cela dure ! On nous rebat les oreilles avec la ques­tion des rythmes sco­laires alors que c'est un faux pro­blème. En revanche, il est fon­da­men­tal de repen­ser la for­ma­tion de base des ensei­gnants du pre­mier degré. Or rien ne bouge, il y a tou­jours le même lobby des mai­sons d'édition et ce sont tou­jours les mêmes per­sonnes qui inter­viennent au sein des ESPE . Ce qui me met le plus en rogne, c'est qu'on conti­nue de faire culpa­bi­li­ser les enfants qui font des fautes d'orthographe.

Heureusement qu'on peut compter sur Mme Gaignard pour culpabiliser les enseignants. Aucune remarque sur la division par deux des horaires de français ou la suppression du travail écrit...

Quels conseils donneriez-vous aux ensei­gnants ? Que peuvent-ils faire face à des enfants diag­nos­ti­qués dys­lexiques ou dysorthographiques ?
Formez-vous aux publics en dif­fi­culté !

C'est-à-dire à presque la moitié des enfants, si j'ai bien compris. :cheers:

En France, dès qu'il y a un pro­blème, on agite la solu­tion médi­cale. Il est nor­mal, s'il y a sus­pi­cion de troubles de l'apprentissage, d'orienter vers un ortho­pho­niste qui fera un bilan. Mais pour ne pas ris­quer de confondre un dys­lexique avec un dys­or­tho­gra­phique, mieux vaut encore se deman­der pour­quoi il y a eu un raté dans l'apprentissage et agir en amont.
Comment dis­tin­guer un trouble spé­ci­fique et un manque de tra­vail ? Beaucoup d'élèves écrivent en lan­gage « texto » et tous ne sont pour­tant pas dysorthographiques ?
Les troubles de l'écriture ne sont jamais liés à un manque de tra­vail.

:santa:

Je ne connais pas un enfant qui n'a pas envie d'apprendre à lire et à écrire.

Et en avoir envie, ça suffit. :doc:

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16 Sep 2017 11:51 - 24 Sep 2017 16:16 #19627 par Loys
En 2017, publicité par "Le Robert" :
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