L'actualité des concours de l'enseignement

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31 Mar 2021 23:25 #23296 par Loys
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En réunion de concertation vendredi 19 mars, le DGRH a expliqué qu’il n’y avait nul besoin de reconduire le concours supplémentaire de recrutement des professeur-es des écoles dans l’académie de Versailles, étant donné l’arrivée à la rentrée prochaine des étudiant-es alternant-es en M2, que prévoit la réforme Blanquer de la formation.


fsu.fr/la-dgrh-lavoue-sans-fard-la-refor...oins-denseignant-es/

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30 Jui 2021 22:25 #23443 par Loys
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Dans le "Canard Enchaîné" du 30/06/21, M.Bourguet, vice-président de l'association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (APMEP), révèle que, lors de la session 2020 du Capes externe,, la moyenne des admis était de 8/20.Et le dernier admissible a eu 5/20 aux épreuves écrites. "Aujourd'hui, l'Éducation nationale recrute des profs de maths parfois incapables de résoudre les exercices qu'ils donnent aux élèves".

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20 Juil 2021 23:10 #23479 par Loys
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Dans "Le Monde" (abonnés) du 20/07/21 : "La crise du recrutement perdure dans l’enseignement" .



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22 Sep 2021 23:00 #23577 par Loys
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12 Nov 2021 17:39 - 12 Nov 2021 17:44 #23674 par Loys

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14 Nov 2021 13:01 - 14 Nov 2021 15:25 #23679 par Loys
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Loys dit: "Le métier en berne" (7 juillet 2017)


Sur le blog de Lucien Marboeuf : "La « crise des vocations », c’est bien pratique (mais hors-sujet)"

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Il ne faudrait pas parler de "crise des vocations", ce serait jouer le jeu du gouvernement.

Quelques observations :

Derrière le mot vocation, il y a l’idée d’une attraction supérieure, d’une attirance inexplicable, quasi magique, pour le métier de prof. Quelque chose de plus fort que moi, des raisons de vouloir exercer ce métier que je ne trouverais pas ailleurs, le sentiment intime que je ne pourrais faire que cela, que je suis appelé, que c’est ma voie, aussi impénétrable que celles du Seigneur. Car il y a une mystique de la vocation : on entrerait en enseignement comme on entre en religion, enfilant la soutane noire de Hussard. Cette mystique renvoie à une vision idéalisée du professeur, qui a toujours senti au plus profond de son âme qu’il voulait être enseignant, qu’il ne peut être pleinement épanoui que là, qu’il a une mission, que c’est son rôle sur Terre.

Que le terme de "vocation" ait une acception religieuse n'implique pas qu'avoir la vocation pour quelque chose relève d'une mystique, mais simplement pour un idéal social de transmission et d'émancipation, avec l'espoir de la reconnaissance sociale qui s'y attache (concrétisée par le statut, le salaire etc.). On peut avoir envie d'être enseignant sans entrer dans la curieuse "vision idéalisée du professeur" que postule Lucien Marboeuf.

C’est bien pratique, la « crise des vocations », pour les gouvernants. D'abord, comme le dit Philippe Watrelot, "c'est un alibi bien facile pour justifier l'austérité. Pourquoi bien payer des curés ? Un moine demande-t-il une augmentation".

"L'alibi" vaudrait pour la rémunération ou les conditions de travail... mais pas pour la crise de recrutement : l’Église aurait-elle un intérêt à parler de crise des vocations pour la prêtrise ?

D'autre part, cela laisse penser au grand public que les gouvernants n’y sont pour rien, que ce qui est en réalité une crise du recrutement est un phénomène un peu mystérieux sur lequel ils n’ont pas de prise.

Si la vocation est celle d'un idéal de transmission et d'émancipation, avec la reconnaissance sociale qui s'y attache, tout au contraire accuse les gouvernants...

Mais c'est évidemment une idée qui serait difficile à accepter pour l'ex-président des "Cahiers pédagogiques" car la responsabilité ne serait pas seulement des gouvernants mais de ceux qui ont voulu la transformation du métier.

Et il y a aussi, en creux, cette autre idée bien commode : « la crise des vocations », ce n’est pas seulement qu’on a du mal à trouver des profs, c’est que ceux qu’on trouve n’ont plus la vocation, n’ont plus le feu sacré comme ceux d’avant, ceux du temps jadis qu’on regrette tant. La « crise des vocations » se transforme alors en « crise de la vocation » et sert à décrire un ensemble d’enseignants d’un nouveau genre, qui n’auraient pas la vocation et seraient de simples exécutants, moins engagés et moins intéressés par leur métier : un prof qui n’a pas la vocation est forcément un moins bon prof, peut-être même n’est-il pas tout à fait un vrai prof.

L'expression était celle de journaux, pas du ministère. En réalité, le ministère ne met nulle part en avant une "crise des vocations" : il nie même une crise de recrutement depuis des années qu'elle est pourtant sous nos yeux. De la même façon, le ministère ne met guère en avant le recrutement accru de contractuels.

La "crise des vocations" est bien un échec à imputer aux gouvernants.

Ça tombe bien, pour ma part, je n’ai jamais eu la vocation.

La vocation ? Plutôt la professionnalité !

Rien ne me destinait au métier d’enseignant. J’ai eu une vie professionnelle avant (comme environ un tiers des lauréats au concours de prof des écoles…), une décennie tout de même, je n’avais jamais songé à l’enseignement, c’est une amie qui m’a soufflé l’idée du concours (« je te vois trop instit ! »), moi ça ne me parlait pas plus que ça, j’avais juste envie d’autre chose, besoin de me poser, et d’ailleurs quand j’ai eu le concours je savais tellement peu où je mettais les pieds que je pensais qu’on allait directement m’envoyer sur le terrain (ma surprise quand j’ai appris que j’aurais droit à une année complète de formation !).

Vocation, zéro, donc.

Lucien Marboeuf est un exemple de seconde carrière. Or la progression des secondes carrières dans le recrutement des enseignants illustre précisément la crise des vocations : des enseignants qui effectuent ce métier en second choix.

Pour le reste, que Lucien Marboeuf ne se sente aucune vocation pour le métier ne peut être la démonstration que la vocation pour ce métier n'existe pas...

Et pourtant, si je me fie au regard des parents, de mon inspecteur, de mes collègues aussi, je pense être un « bon prof » (tiens, encore un poncif qu’il faudra interroger un de ces quatre). Cela, je ne le dois nullement à une quelconque vocation, je le dois à mes formateurs, aux collègues rencontrés au fil des années, et surtout à mes élèves, c’est grâce à eux tous que j’ai pu construire une somme de savoirs, d’idées, de gestes professionnels qui font aujourd’hui le prof que je suis.

La vocation m’est étrangère, je revendique au contraire quelque chose de plus important à mes yeux : une professionnalité. Je suis un professionnel de l’éducation, c’est-à-dire que j’en fais profession, et je revendique une certaine expertise dans mon domaine, une nécessaire déontologie, une exigence personnelle fondée une incessante remise en question, autant de traits qui accompagnent et nourrissent ma professionnalité. Voilà ce qui me donne ma valeur, ce qui fait ma richesse d’enseignant, un terme que j’utilise sans aucune forfanterie car cette richesse je la partage avec des milliers et milliers d’autres enseignants qui n’ont pas plus la vocation que moi.

L'opposition n'est pas logique : la professionnalité n'empêche aucunement la vocation.

La crise des vocations la crise du recrutement, parlons-en

Employons donc les bons termes : quand on parle de « crise des vocations », c’est la plupart du temps pour parler de crise du recrutement, c’est-à-dire du mal qu’a l’institution à trouver de nouveaux professeurs. Cette année, sur 9 574 places au concours de recrutement de professeur des écoles, 466 postes sont restés vacants, soit près de 5% tout de même… « En vingt ans, le nombre d’inscrits aux concours de professeurs a diminué de moitié. Conséquences : une baisse de niveau des admis et le recours massif aux contractuels », nous dit Caroline Beyer dans un récent dossier du Figaro sur le sujet.

Comme nous l'avons vu plus haut, le système éducatif a connu deux crises ponctuelles de recrutement depuis 1945 : la crise actuelle, endémique depuis vingt ans, ne correspond précisément pas à une crise de recrutement.

Au delà du nombre de candidatures, les normaliens ne passent plus l'agrégation, les nouveaux professeurs démissionnent de plus en plus pendant leur stage, des professeurs expérimentés - malgré leur avancement - démissionnent. Nombreux sont les indices d'une crise de l'envie d'enseigner en France.

Des contractuels moins bien payés, plus flexibles, moins bien formés aussi, de plus en plus présents ces dernières années : selon l’agence de presse AEF Scolaire, en 5 ans la part de contractuels à l’EN est passée de 14,5% à 22% (public et privé confondus), mais concerne 5% des enseignants du public seulement, tempère le ministère.

10% selon RSE 2021.

Pour certains, « nous ne sommes plus sur des marges de gestion mais sur une évolution voulue vers l’usage croissant d’emplois non titulaires. Une stratégie de réduction des couts qui fragilise le service public, précarise ses personnels et menace sa qualité ».

Tout à fait : la vocation est donc l'ennemi. Quel intérêt, dès lors, aurait le ministère à déplorer sa crise ?

Reste que la pénurie de profs aux concours va s’intensifiant (et diversement selon les disciplines, en lettres classiques, 51% des postes sont non pourvus…) et n’a rien à voir avec une quelconque vocation.

Les lettres classiques, qui condamnent en quelque sorte à l'enseignement, sont précisément un très bon exemple de la crise des vocations.

Il n’est pas compliqué de lui trouver bien d’autres explications, si on connait un peu l’Éducation nationale aujourd’hui. On se reportera par exemple à cet excellent papier d’Eléa Pommier qui a interrogé pour Le Monde trois générations de profs afin de percevoir les évolutions du métier d’enseignant. Tout y est. Le manque de reconnaissance sociale d’un métier qui a perdu une grande part de son prestige, le déclassement salarial en à peine 25 ans (les profs sont payés 25,8% de moins que les autres cadres de la fonction publique, 20% de moins que leurs collègues étrangers au bout de 15 ans de carrière), une augmentation ubuesque de la partie administrative du métier, un sentiment d’injonction paradoxale régulier, de faibles perspectives d’évolution de carrière, peu d’avantages (à part les vacances, d’accord, qui vont d’ailleurs avec les pleins tarifs), pas de CE, pas de 13ème mois, peu de primes et d’indemnités, pas de médecine du travail digne de ce nom, pas de participation à la mutuelle jusqu’ici, etc....

A part le déclassement salarial (un des éléments les plus forts) et la perte de reconnaissance sociale, Lucien Marboeuf ne cite ici que des désavantages professionnels qui ont toujours existé et ne peuvent expliquer la crise actuelle.

Dans les éléments nouveaux, il aurait dû citer le système brutal de mutations imposé dans le secondaire depuis 1998 ou la mastérisation en 2010 contraignant à des études longues conclues par un concours incertain, ou la mise en cause récente du système de retraite.

et surtout, surtout, le sentiment de plus en plus répandu que tout n’est pas réuni pour la réussite des élèves : manque de formation, notamment continue, non prise en compte des élèves à besoins éducatifs particuliers, système d’évaluations hors-sol, manque de moyens dans de nombreux endroits, classes trop chargées…

Laisser penser que la vocation pour l'enseignement s'opposerait à l'exigence de conditions matérielles décentes est évidemment une erreur. Au nom d'un idéal de la transmission et de l'émancipation, on peut précisément se battre pour obtenir les conditions de la réalisation de cet idéal. Des contractuels, au contraire, seront moins à même de le faire.

Celui qui souhaite devenir enseignant aujourd’hui se présente au concours en sachant peu ou prou qu’il devra faire malgré tout ça, et pour un salaire bien moindre que dans le privé, pour des avantages inférieurs et sans commune perspective d’évolution. Et on s’étonne de ne plus trouver preneur ?

Précisément, le professeur qui a la vocation de l'enseignement ne rêve pas particulièrement de "perspective d'évolution" (pour devenir formateur, personnel de direction, inspecteur ?) : non seulement Lucien Marboeuf postule à tort qu'une telle absence serait nouvelle et contribuerait à expliquer la crise de recrutement, mais il reprend ici un argumentaire purement libéral : on ne doit plus être professeur à vie. Le recrutement massif de contractuels, de secondes carrières, la rupture conventionnelle en témoignent.

Mais il y a autre chose encore que la détérioration du statut, que le déclassement salarial et social, que les conditions de travail dégradées, autre chose dont ni Philippe Watrelot ni Lucien Marboeuf ne parlent : la perte de cet idéal de transmission et d'émancipation quand transmission et émancipation sont de plus en plus empêchés.

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