"La classe «  à côté  »" (Cahiers pédagogiques)

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01 Mar 2015 13:11 #13404 par Loys
A lire dans les "Cahiers" du 26/02/15 : "La classe «  à côté  »"


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01 Mar 2015 14:12 - 01 Mar 2015 14:16 #13405 par Loys

Une séquence de co-animation racontée en vidéo :

Rien compris à la séquence pédagogique, telle qu'elle est présentée ici... :shock:
Sinon, encore une fois, la "classe inversée" est conçue/présentée dans un joyeux mélange : une classe inversée n'oblige absolument pas au constructivisme (c'est même plutôt l'inverse : la classe inversée est au contraire très magistrale pour aborder les notions), à la pédagogie coopérative, à la pédagogie de projet, à la transdisciplinarité, à l'évaluation par compétences ou à l'auto-évaluation...

Dans les supposées révolutions générées par le numérique dans l’univers de l’éducation, la classe inversée vient en tête de gondole.

Cette prise de distance est assez amusante venant des "Cahiers pédagogiques"... :mrgreen:

La tentation de l’ériger en symbole ou de la vouer aux gémonies s’exprime de ci de là sans visiter sa réalité, celle de pratiques diverses. Pascal Bihouée, professeur en physique-chimie au collège Sainte-Marie de Saint-Brieuc, a expérimenté la classe inversée, l’a fait évoluer en classe vivante tout court.

Donc aucun rapport avec la "classe inversée"... :santa:

C’était à l’orée des années 2000. Ses applications invitaient Gaston Lagaffe pour interpeller les élèves, les questionner, les guider dans les activités.

Un personnage de bande-dessinée, rien de tel pour motiver des élèves !

C’était l’occasion aussi de revenir vers son goût du dessin, de la bande dessinée, et de commencer à se mettre en retrait, «  à se placer à côté de l’élève  ».

De ne plus faire classe, en somme.

Le numérique évolue, plus simple à utiliser. Il crée une nouvelle plateforme en 2011 avec des ressources que les élèves peuvent consulter aussi chez eux. «  J’ai entendu parler des flipped classrooms, je suis allé voir et je me suis aperçu que c’était ce que je mettais en place, une sorte d’enseignement hybride  ».

Ben non : la classe inversée, ce n'est pas la possibilité de consulter des ressources...

L’expérience voit le jour avec une classe de 3e à qui il annonce qu’il n’écrira plus au tableau...

On passe donc à une résolution extrême sans qu'on comprenne bien ce qui peut justifier un tel positionnement. :shock:

... qu’ils travailleront en petits groupes à partir de ressources.

Plus besoin de connaître quoi que ce soit : il n'y a plus qu'à consulter des "ressources" ! :cheers:

Son initiative est repérée, en pleine vogue pour la classe inversée. «  En septembre, je bricole mon initiative, en octobre, je passe à la télé  ».

:santa:

Chercheur dans l’âme, Pascal Bihouée observe un nécessaire recul pour rire de cet engouement lié à une mode et regarder ce qu’il se passe dans sa classe, essayer, évaluer, faire évoluer.

Encore une prise de distance un peu tardive, pour un engouement pourtant partagé, et plutôt de façon extrême...

L’année suivante, il améliore le système pour l’étendre. Il rencontre aussi des obstacles matériels. Pour travailler en petits groupes, les tables sont installées en ilots. A chaque heure de cours, il lui faut aménager la salle puis la remettre dans son ordre initial. Dans son labo, les paillasses étaient fixées au sol, il a scié les pieds pour plus de liberté dans l’agencement. Dans son collège, petit établissement privé, le public est hétérogène. Tous les élèves n’ont pas un ordinateur ni une connexion à la maison.

C'est pourtant le cas de tous les élèves aujourd'hui...

Son initiative ne risque-t-elle pas de renforcer les inégalités ? Il laisse la possibilité de consulter les ressources sur des ordinateurs mis à disposition, mais sans contrainte, sans obligation.

Par "ressources", il faut donc comprendre ce que les élèves doivent en principe savoir pour venir en cours... mais qu'ils peuvent se dispenser de savoir. :scratch:

A l’occasion d’une rencontre sur le numérique, une représentante de Microsoft lui propose le prêt d’une trentaine de tablettes. Il accepte, les met à disposition de l’ensemble de l’équipe pédagogique et en profite pour changer son organisation. Désormais, il ne demande plus aux élèves de consulter les ressources à la maison.

Pourquoi ? :shock:
Parce que les ressources sont plus faciles à consulter en classe ?

Les tablettes, rassemblées par six ou huit dans un bac, sont alimentées au fur à mesure des besoins par des applications. Elles servent à plusieurs classes, gardent les traces écrites et s’enrichissent des productions des uns et des autres. Une expérience sur l’électricité sera prise en photos et racontée dans un compte rendu. La consultation d’une vidéo sera commentée. Les cahiers deviennent numériques et se partagent. «  Je ne sais pas si je suis dans la classe inversée mais je suis un prof qui se balade à côté de ses élèves qui produisent.  »

La classe est inversée, mais au sens où le professeur n'a plus grand chose à faire ! :P

L’adhésion des élèves sur le principe est réelle. Dans sa traduction concrète, les réactions sont plus nuancées. Dans une classe de 27, on peut ne pas écouter, ne pas comprendre sans attirer l’attention.

Ben non, un professeur attentif peut facilement s'en rendre compte sans renoncer à faire cours...

Là, la proximité peut déranger. Elle est pourtant intéressante pour voir la réalité du travail, répondre aux questions, expliquer ce qui n’a pas été compris.

Une explication répétée x fois à des groupes d'élèves, c'est vraiment que c'est beaucoup plus efficace que d'expliquer à la classe entière de plusieurs façons.

Au «  je préférais avant, quand j’étais au fond de la classe. Maintenant, vous êtes toujours derrière mon dos, à discuter avec moi  » qu’induit la mise en activité permanente, l’enseignant répond par l’idée qui motive l’expérience : «  pouvoir raccrocher des élèves qui ont des difficultés et qui peuvent maintenant me solliciter.  »

Rien n'empêchait de le faire après une explication magistrale. Tous les professeurs pratiquent la "mise en activité"... :shock:

Les élèves brillants sont parfois réticents à entrer dans la dimension coopérative et les échanges nécessaire pour le travail en petit groupe.

L'expérience montre surtout que les élèves sérieux rechignent à faire le travail des autres à leur place. La dimension coopérative, si idéale qu'elle se présente, a ses limites, malheureusement.

Et puis, l’organisation de la classe, différente, avec la possibilité de se lever, d’aller questionner un autre élève, de parler sans autorisation, peut déranger en contraste avec ce qu’il se passe d’ordinaire dans une salle de cours.

Effectivement... :shock:

«  Ils apprennent aussi à faire la part des choses, à savoir ce qu’ils peuvent faire ou non en fonction du cours.  »

Ce qui n'était pas le cas avant. :doc:

C’est cela aussi qu’il regarde, évalue, la capacité à travailler ensemble, à coopérer, à savoir s’adapter à la situation.

J'aimerais bien savoir sur quels critères concrets s'effectue une telle évaluation. :devil:

La validation des compétences se fait par badges. «  Je réfléchis sur les évaluations, en France on passe trop de temps à évaluer, à calculer les moyennes  ».

Les "badges", ce sont un peu les bons points du XXIe siècle. :mrgreen:

Les activités, leur observation, leurs traces écrites sont autant de moyens de prendre en compte les progrès, les acquis.

Nihil novi sub sole...

Le collège Sainte-Marie est composé de deux sites avec chacun deux classes par niveau et une ULIS. Les origines sociales sont variées, les nationalités aussi avec certains parents allophones. «  C’est un petit collège habitué à innover avec la nécessité d’adapter les cours pour intégrer tous les élèves, y compris ceux de la classe ULIS  ». L’écho médiatique sur sa classe inversée a fait débat. Là aussi, dans la salle des profs, le principe était compris mais la mise en application paraissait difficile, supposée sujette à une maitrise des outils numériques. Un frein feint à un moment où l’informatique n’est plus réservée aux bidouilleurs ? Pour Pascal Bihouée, l’important n’est pas là. «  On peut faire de la mauvaise classe inversée et du bon cours magistral.

Quand même...

La question est plutôt celle de la posture de l’enseignant apte à favoriser la réussite des élèves  ». Il partage avec ses collègues cette recherche d’une pédagogie adaptée à tous.

Pas sûr que cette pédagogie le soit vraiment.

Pour la deuxième année, les conseils de classe s’exonèrent des notes. Les bulletins sont distribués avant, sans appréciation générale. Auparavant, les élèves se sont auto-évalués.

Donc les élèves produisent les contenus et s'auto-évaluent.

Pendant le conseil, les enseignants partagent leur bilan, comparent leurs évaluations avec les auto-évaluations et préconisent des dispositifs pour favoriser des améliorations dans les domaines où les résultats sont faibles. Des demi journées sont organisées pour des projets pluridisciplinaires menés en co-animation où, par exemple, la classe inversée peut se multiplier ouvrant les espaces, les salles, les couloirs, le CDI pour que les élèves réalisent leur activité. «  Ce jour là, on aurait cru une école finlandaise avec des petits groupes installés un peu partout  ».

M. Bihouée doit confondre école suédoise et finlandaise. :mrgreen:

Cette dynamique collective est précieuse aux yeux de Pascal Bihouée. «  Il ne faut pas risquer de décalage entre deux ou trois qui vont trop vite et le reste de l’équipe  ». Les initiatives se font jour dans l’intérêt des élèves. «  On invente des trucs avec nos moyens. On se forme beaucoup nous-mêmes, on bricole et si l’expérience marche, on l’étend  ». Avec ses trois cents collégiens, l’échelle de l’établissement semble idéale pour favoriser l’émulation et la recherche commune de solutions à des situations avant qu’elles ne deviennent des problèmes.
«  Je me plais bien à côté des élèves  », Pascal Bihouée, bricoleur pédagogique, énonce ainsi le plaisir à exercer son métier. Au fur et à mesure de sa progression, de ses inventions, il mesure les paramètres qui favorisent l’activité, la coopération, la réussite des élèves mais ceux aussi qui bloquent le déploiement des initiatives. Dans la première catégorie, on trouve la dimension collective, la dynamique d’établissement, dans la seconde les emplois du temps cloisonnés et l’aménagement des locaux.

Des cours sans emploi du temps, donc... :P

Classe inversée ou pas, l’enseignant emprunte une démarche de chercheur sur le chemin en constante construction de sa pratique professionnelle.

Et si on ne considérait pas les élèves comme des cobayes ?

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01 Mar 2015 20:22 #13408 par Loys
Sur le tableau des compétences, analyse d'Hervé dans le fil sur l'évaluation.

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02 Mar 2015 20:29 #13429 par Loys

Dans les supposées révolutions générées par le numérique dans l’univers de l’éducation, la classe inversée vient en tête de gondole.

A mettre en relation avec le hors série numérique 38 des "Cahiers" : "Enseigner en primaire avec le numérique" .

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