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"Ces lycéens qui révisent le bac sur TikTok et Instagram" (Le Monde)
- Loys
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Quelques commentaires.
Accorder quelques jours aux élèves, préparés pendant un an, pour leurs dernières révisions, c'est donc "lâcher les lycéens dans la nature"... En réalité, ne peuvent se sentir "lâchés" que ceux qui n'ont guère suivi cette préparation.Beaucoup de jeunes gens consultent ces vidéos la dernière semaine avant le bac. « C’est le moment où on lâche les lycéens dans la nature en leur disant : “Bon courage, révisez le bac”, se souvient Ange.
Une courte vidéo deux jours avant le bac devrait faire l'affaire !OK, mais comment ? Et si mon prof ne m’a pas appris à apprendre ? »
On note que l'enseignant est évidemment responsable de l'impréparation de l'élève, ce qui en dit long sur sa perception du travail scolaire : en terminale et après douze ans de scolarité, une élève pourrait ne pas savoir apprendre...
Mes élèves m'écrivent, et je leur réponds.« C’est la seule aide disponible les derniers jours avant l’examen, confirme, au Monde, Adjed, lycéen dans le Gard.
Faire un planning de révisions deux jours avant les épreuves, c'est effectivement idéal. Pour le reste, c'est de la magie : des "points ardus" expliqués en quelques minutes. On se demande pour l'année scolaire ne se réduit pas au visionnage de ces vidéos quarante-huit heures avant l'examen...Ils nous avertissent des pièges qui peuvent coûter cher. » Ces vidéos d’une à cinq minutes éclaircissent des points ardus en mathématiques ou en physique, esquissent des plannings de révision idéaux...
...donnent des astuces méthodologiques pour les dissertations de français et de philosophie
Les astuces - moyen magique de réussir quand on en l'a pas acquise - valent mieux que la méthodologiques.
Mme Vioux propose ainsi des plans magiques puisqu'ils peuvent convenir à tous les sujets. Il faudrait aussi proposer des réponses mathématiques valables pour tous les problèmes !
Le cynisme, donc, de réussir sans rien connaître. Mais comme le système le permet, comment peut-on en vouloir à ces candidats ?...ou encore répondent à des questions pragmatiques, comme « comment sauver les meubles quand on n’a rien à dire ? ».
Le bac blanc est un entraînement au bac, mais c'est toujours et encore la faute des professeurs, donc...Pour Manon, une lycéenne lyonnaise dont le professeur ne leur « a pas fait faire une seule dissert avant le bac blanc » de français, ces vidéos sont une bouée de survie.
C'est plus facile de retenir l'attention, quand l'attention est limitée à une ou cinq minutes. Quel dommage que ces pédagogues n'exercent pas leurs talents pédagogiques dans des classes...Elle apprécie chez les influenceurs « leur clarté, leur concision », et leur capacité à retenir l’attention, à l’image de Sélène de Poche, qui joue plusieurs personnages dans ses sketches.
Si les enseignants pouvaient s'ajouter cette tâche de fournir des contenus alimentant des réseaux sociaux...Dans les lycées, les enseignants ne connaissent pas tous ces canaux de révision, mais Jocelyn Clément, qui enseigne la physique-chimie à Eaubonne (Val-d’Oise), les fréquente. « J’indique à mes élèves les influenceurs dont je connais le sérieux pour éviter qu’ils tombent sur des contenus douteux. A mes yeux, ça devrait être notre devoir de fournir des vidéos qui relèvent le niveau. »
En effet !Bertille Rouillon, elle, est partagée. Cette ancienne enseignante en philosophie a vu apparaître dans plusieurs copies une fausse citation attribuée à Epicure selon laquelle « on n’avait pas besoin de manger de caviar pour être heureux ». « Une phrase choc et approximative puisée maladroitement sur la chaîne TikTok “Serial Thinker”, regrette-t-elle. Je ne suis pas sûre que les élèves savent tous distinguer un bon contenu d’un mauvais, particulièrement en situation d’urgence. »
Quant à croire que les épreuves du bac ne relèveraient que du contenu, c'est l'aveu d'un échec éducatif flagrant chez ces élèves.
Amélie Vioux, qui n'est pas un professeur de lettres mais propose des "méthodes infaillibles" pour réussir, devenue dans "Le Monde" gage de qualité et de moralité : il faut se pincer pour le croire !L’influenceuse Amélie Vioux n’est pas beaucoup plus enthousiaste. Cette professeure particulière en ligne depuis quinze ans, formée au français et au droit, publie depuis trois ans des vidéos dépassant parfois le million de vues sur un canal qu’elle apprécie pourtant peu. « TikTok n’est pas fait pour favoriser la concentration longue. Quand les élèves s’y connectent, ils sont rarement disposés à travailler : les vidéos qu’ils consultent les placent en surcharge attentionnelle, analyse-t-elle. Et l’algorithme met en avant mes vidéos spectaculaires, rarement mes meilleures. » Alors elle essaie de « ramener les élèves à des choses plus sérieuses », comme les manuels ou ses cours en ligne, payants pour la plupart.
Car fournir des plans à apprendre par coeur n'est pas une arnaque...Adjed, lui, a payé : d’abord un livre, puis des sous-parties à apprendre par cœur. « Comme j’ai de bonnes notes, mes parents ont accepté, et je pense que ça m’a bien aidé. »
Attention toutefois aux arnaques.
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