Le redoublement

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06 Déc 2023 17:03 - 10 Déc 2023 23:06 #24859 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Le redoublement
Dans "L'Express" du 6/12/23, réponse de Franck Ramus : "Redoublement à l’école : pourquoi le consensus scientifique n’a pas été suivi par Attal ?"


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Dans "Alternatives économiques" du 10/12/23 : "Le retour du redoublement scolaire, entre stratégie politique et mirage passéiste" , tribune de Marie Duru-Bellat.

Attention : Spoiler !


Mme Duru-Bellat évoque les apports de la science mais son argumentaire comporte une grave erreur factuelle (la France est loin d'être une exception à utiliser le redoublement dans PISA) et un raisonnement comique (la hausse des taux de réussite aux examens malgré la suppression du redoublement : les deux sont surtout la démonstration d'un pilotage administratif du niveau scolaire...).

Mme Duru-Bellat en revient toujours à son credo idéologique, le manque de formation des enseignants, comparant avec la Finlande par exemple... sans comparer la taille des classe ou les taux d'encadrement, à proprement parler incomparables. Citons-nous en 2014 : www.laviemoderne.net/grandes-autopsies/conte-de-noel-finlandais

Pour une école élémentaire de taille moyenne (cinq classes et 120 élèves), il y a un peu moins de neuf professeurs en Finlande et un peu plus de six professeurs en France. Pour un collège moyen de 500 élèves c'est pire : 55 professeurs en Finlande, 32 professeurs en France ! C’est effectivement un autre monde !

Dernière édition: 10 Déc 2023 23:06 par Loys.

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07 Déc 2023 19:27 - 07 Déc 2023 19:54 #24864 par Loys
Dernière édition: 07 Déc 2023 19:54 par Loys.

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04 Mar 2026 10:52 - 04 Mar 2026 11:27 #25575 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Le redoublement
Note du CSEN en janvier 2026 : "Faut-il encore faire redoubler les élèves ?"

Résumé
La pratique du redoublement a fortement diminué en France sur longue période, mais elle n’a pas disparu : à 15 ans, 11 % des élèves ont redoublé au moins une fois. Les élèves d’origine sociale modeste sont les plus exposés. Pourtant, la recherche scientifique observe que le redoublement a des effets globalement négatifs sur les élèves concernés : si les redoublants progressent légèrement à court terme, leurs résultats se dégradent ensuite, par rapport à des élèves parfaitement comparables, mais non-redoublants, avec un risque accru de décrochage et une réduction des chances d’obtenir un diplôme. En outre, leur entrée dans la vie professionnelle est mécaniquement retardée : ce coût privé s’ajoute au coût budgétaire élevé du redoublement. Certains acteurs comptent sur un effet de « menace » du redoublement (incitant l’ensemble des élèves à travailler davantage), mais la réalité empirique d’un tel effet est débattue. En résumé, le redoublement, coûteux et peu efficace, n’est pas justifié en l’absence de bénéfices clairs pour les élèves.

Qu'un conseil scientifique fasse entrer dans la réflexion pédagogique le "coût budgétaire" d'une mesure est toujours étonnant. Mais il ne faut jamais oublier qu'il s'agir du Conseil scientifique de l'Education nationale.

Relisons attentivement ce résumé, qui dit deux choses parfaitement contradictoires : le redoublement aurait "des effets globalement négatifs" d'une part, et serait "peu efficace" d'autre part. Ce sont pourtant deux conclusions scientifiques très différentes.

De fait, on note que les "effets globalements négatifs" sont imputés, dans ce résumé, au redoublement, alors qu'ils seraient - en bonne logique - imputables à un manque d'efficacité du redoublement : comme si  on accusait un parapluie percé de faire pleuvoir.

La pratique du redoublement a fortement diminué en France sur longue période, mais elle n’a pas disparu : à 15 ans, 11 % des élèves ont redoublé au moins une fois.

Il ne s'agit pas d'une forte diminution mais d'une quasi-suppression du redoublement dans le système éducatif français (cf supra sur ce fil). Rien qu'en primaire, le taux de redoublants était de 36% en 1985 et, en, 3e de 46% en 1993. Cette suppression a fait l'objet d'un décret en 2018 : de fait, la plupart des élèves redoublants le font aujourd'hui soit volontairement, soit pour des raisons sans lien avec la scolarité elle-même.

Et au reste, la note n'évoque pas les effets positifs massifs qui devraient résulter de la suppression de cette mesure aux effets négatifs.

Cette note écarte également d'un revers de main l'effet de la suppression du redoublement sur les élèves qui ne redoublent pas : "la réalité empirique d’un tel effet est débattue". Voilà donc qui avance bien cette question scientifique. La suppression du redoublement, elle, a été une décision bien tranchée.
Dernière édition: 04 Mar 2026 11:27 par Loys.

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